<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://ruedupressoir.hautetfort.com/le-coin-du-souvenir/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>PARIS, RUE DU PRESSOIR - le-coin-du-souvenir</title>
<description>Vingtième Arrondissement</description>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/le-coin-du-souvenir/</link>
<lastBuildDate>Mon, 06 Feb 2012 14:24:04 +0100</lastBuildDate>
<generator>Hautetfort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/08/05/les-juifs-de-belleville-suite.html</guid>
<title>LES JUIFS DE BELLEVILLE / SUITE</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/08/05/les-juifs-de-belleville-suite.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Fri, 05 Aug 2011 11:42:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3147432&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/00/00/3531058412.jpg&quot; alt=&quot;rafle de 1942,juifs de belleville,jean-claude rihard,lucile,rue du pressoir,boulevard de belleville,la grisette,rue des pyrénées,faubourg du temple&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Synagogue de la rue Julien-Lacroix&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: 'Times New Roman', serif; font-size: 16px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Calibri, sans-serif; color: #943634;&quot;&gt;Crédit photo Raymond Battaglia&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce fut un vrai plaisir de prendre connaissance de votre texte Monsieur Rihard, même s’il me confronte à nouveau à des événements que je préfèrerais n’avoir pas connus.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me souviens parfaitement&amp;nbsp; de la rafle de 1942. J’avais sept ans à l’époque, et comme cela se passait en juillet, je n’étais pas à l’école. Je revois donc ces visages connus, gens de tous âges, des grands-parents jusqu’aux petits enfants, devant les portes des immeubles de la rue du Pressoir, leurs petites valises déposées sur le trottoir, l’air perdu ne sachant trop ce qui leur arrivait. Des policiers français les avaient fait quitter leurs logements et les encadraient. Ma&amp;nbsp; grand-mère, pas plus que moi, bien sûr, ne comprenions ce qui se passait et ne pouvions imaginer leur sort futur.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je laisse de côté la tragédie d’hier pour évoquer avec vous une communauté pittoresque à laquelle je pense toujours avec une certaine émotion. (J’avais moi aussi des petites amies d’origine polonaise). J’ai compris par la suite que dans ces années là,&amp;nbsp;«&amp;nbsp;le lieu magique&amp;nbsp;» pour reprendre votre expression, rassemblait essentiellement des juifs d’Europe de l’est – disparus pour la plupart dans la tourmente - et remplacés, comme vous le soulignez à juste titre, par des sépharades émigrés d’Afrique du nord. Tunisiens en majorité. Aujourd’hui, le boulevard de Belleville est encore aussi animé mais différent et peut-être plus bruyant. Les odeurs de cuisine ne sont plus les mêmes, les pâtisseries frites regorgeant de miel ont remplacé les gâteaux à la cannelle et les couscous/poulet ont pris le pas sur les ragoûts au paprika&amp;nbsp;! La&amp;nbsp; «tchache&amp;nbsp;» est de rigueur&amp;nbsp; et l’on trouve plus facilement sur le marché la coriandre que le persil commun&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La communauté asiatique change progressivement l’esprit du quartier&amp;nbsp;: les magasins de la rue de Belleville sont repris l’un après l’autre par des Chinois … ou autres émigrés d’Asie dont je ne saurais discerner l’origine. Peu à peu leur influence s’étend au Faubourg du Temple&amp;nbsp; après être grimpée jusqu’à la rue des Pyrénées et ne va pas tarder à rejoindre La Grisette. Je me suis laissé dire que les manifestations spectaculaires de la fête du Têt fatiguaient un peu la population de base… On «&amp;nbsp;voyage&amp;nbsp;» en arrivant à Belleville&amp;nbsp;! De nombreux Africains colorent maintenant la foule, spécialisés dans la vente à la sauvette de vieux habits ou ustensiles au rebut qui semblent pourtant trouver preneurs. Je ne suis pas sûre que ce soit tous les jours facile à accepter pour les Anciens bellevillois qui se sentent dépossédés de leurs racines. Ils sont de moins en moins nombreux, mais les jeunes «&amp;nbsp;bobos&amp;nbsp;», installés dans le quartier en toute connaissance de cause, participent allègrement de cette ambiance cosmopolite.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà. Ce simple billet pour actualiser vos souvenirs. Comme vous avez pu le constater au fil de ce site, je retourne régulièrement sur mes traces… avec de plus en plus de nostalgie&amp;nbsp;!&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt; Lucile&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/08/01/les-juifs-de-belleville.html</guid>
<title>LES JUIFS DE BELLEVILLE</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/08/01/les-juifs-de-belleville.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Mon, 01 Aug 2011 15:12:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3142896&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/01/01/3135421287.jpg&quot; alt=&quot;jean-claude rihard,rue de pali-kao,robert gostanian,rue des maronites,rue julien-lacroix,rue bisson,rue ramponneau,rue ramponeau,boulevard de belleville,rue de la fontaine-au-roi&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;La sortie des écoles rue des Maronites, vers 1908&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A plusieurs reprises, sur ce site, divers intervenants ont rappelé combien Belleville était un quartier d’immigration&amp;nbsp;: italiens, polonais, arméniens ... Et aussi juifs d’Europe Centrale puis de Tunisie et plus marginalement du Maroc et d’Algérie. Une des raisons majeures de cette concentration d’immigrés est que Belleville (et son annexe Ménilmontant) &amp;nbsp;était un quartier pauvre, avec des loyers abordables.&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;S’agissant des juifs d’Europe Centrale (Bessarabie, Bucovine, Ukraine, Russie, Pologne), les premières migrations eurent lieu dans les années 1920 après les premiers pogroms en Pologne. La venue à Paris était&amp;nbsp; &amp;nbsp;souvent précédée par un passage à Berlin dans le ghetto de la Grenadier-strasse.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En Pologne et en particulier en Galicie, l’information qui circulait alors mentionnait le besoin de&amp;nbsp; main d’œuvre en France et surtout&amp;nbsp; à Paris. Des agents recruteurs parcouraient aussi la Pologne à cet effet. C’est ainsi&amp;nbsp; qu’une population laborieuse vint, beaucoup de polonais de souche vers le Nord, pays de mines et beaucoup de juifs polonais vers &amp;nbsp;Paris&amp;nbsp; pour les travaux d’artisanat. Trois quartiers de prédilection pour accueillir ces nouveaux venus&amp;nbsp;: Montmartre et &amp;nbsp;Saint-Paul pour les plus nantis ainsi que Belleville pour les plus pauvres.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Très vite, pour faire face aux aspects religieux, le baron de Rothschild fit construire une synagogue.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par ailleurs ces populations avaient le besoin de se rencontrer pour échanger leurs souvenirs de Pologne, parler politique &amp;nbsp;ou plus simplement «boulot». Un premier lieu de rencontre fut, à Ménilmontant, chez &amp;nbsp;l’horloger-bijoutier Scholem. D’autres lieux de Belleville-Ménilmontant virent le jour, dans des cafés, dans des boutiques ou ateliers d’artisans.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un peu plus tard, la création de la «&amp;nbsp;Ligue pour la culture&amp;nbsp;» mis fin à ces rencontres «en boutique»&amp;nbsp; au profit de rencontres plus structurées et organisées dans un grand local dans le secteur République.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais pour ceux qui étaient moins intellectuels, moins politiques, il existait un lieu «&amp;nbsp;magique&amp;nbsp;» où l’on se retrouvait «&amp;nbsp;au pays&amp;nbsp;», c’était le Boulevard de Belleville. Ce lieu de rencontre très apprécié des juifs de Belleville était encore très utilisé après la seconde guerre jusque dans les années 1960.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces véritables rassemblements très paisibles s’étendaient sur le Boulevard, depuis la rue de Belleville jusqu’à la rue de Pali-Kao, mais la plus grande densité était incontestablement entre la rue Ramponneau et la rue Bisson.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai bien connu, dans les années 1950, ces rassemblements qui avaient lieu chaque dimanche matin. Nous, nous &amp;nbsp;sortions &amp;nbsp;de la messe, dans notre chapelle au 55 Boulevard de Belleville, au coin de la rue de la Fontaine- au-Roi et l’on pouvait voir le trottoir d’en face noir de monde&amp;nbsp;! &amp;nbsp;C’était une curiosité et très souvent, on allait se faufiler entre les groupes. Ils «&amp;nbsp; jaspinaient&amp;nbsp;» une drôle de langue qui ressemblait à l’allemand. J’appris plus tard que c’était du Yiddish, une langue vernaculaire qui permettait à tous les juifs d’Europe d’échanger entre eux quels que soient leurs pays d’origine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(&lt;em&gt;Ayant appris à parler allemand beaucoup plus tard, vers 25 ans, je me suis aperçu que je comprenais 70% d’une discussion ou d’un film en Yiddish&amp;nbsp;!)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les rassemblements se faisaient par affinité ou &amp;nbsp;par thèmes de discussion. Ici un groupe «&amp;nbsp;chaussure&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;tailleur&amp;nbsp;» là, un groupe originaire de Bolechow ou Lwow (Galicie), là encore un groupe plus familial dispersé sur toute la région parisienne. Hé oui, à Belleville, le dimanche matin il y avait du monde qui venait des quatre coins de Paris&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Parfois avec mon pote Alain nous n’allions pas à la messe, mais à la pêche, Canal Saint-Martin. Lui était plutôt &amp;nbsp;«&amp;nbsp;poisson&amp;nbsp;» donc il amenait ses gaules et son épuisette,&amp;nbsp; moi j’étais plus «&amp;nbsp;écrevisses&amp;nbsp;». Nous étions &amp;nbsp;jeunes et cons et l’on s’amusait à traverser ces rassemblements avec les cannes. Tous s’écartaient pour nous laisser passer. On trouvait cela marrant&amp;nbsp;! Parfois cela râlait, mais jamais on nous a botté les fesses&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans les années 1960, &amp;nbsp;les juifs d’Europe Centrale (Ashkénazes&lt;strong&gt;), &amp;nbsp;&lt;/strong&gt;dont la situation s’était améliorée avec le temps, migrèrent vers des quartiers plus chics (Grands Boulevards, Sentier, Saint-Paul). Ils laissèrent ainsi la place aux juifs en provenance d’Afrique du Nord (Séfarades). Nous étions dans les années de fin de colonisation.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Moi-même, j’ai dû quitter le quartier en 1969, date à laquelle je fus expulsé de mon immeuble pour cause de rénovation.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Souvent ma grand-mère m’avait parlé des juifs et des grandes rafles de Juillet 1942. Ma famille, à cette époque, habitait au 2 rue Vilin et elle avait vu le quartier se vider de sa substance le 16 Juillet 42. J’avais vu par ailleurs des tas de films sur le sujet et j’étais donc parfaitement au courant de cette tragédie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans les années 1970, la vie professionnelle m’a amené à Besançon.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Souvent, &amp;nbsp;je «&amp;nbsp;montais&amp;nbsp;» à Paris pour des réunions de travail au Ministère de la Santé ou dans &amp;nbsp;ses «&amp;nbsp;annexes&amp;nbsp;». Il m’arrivait alors d’avoir un peu de temps libre entre une &amp;nbsp;fin de réunion et l’heure de mon train, gare de Lyon. Alors, dès que je le pouvais,&amp;nbsp; je fonçais dans mon ancien quartier, pour renifler, déambuler et même aller chez mon ancien coiffeur, «&amp;nbsp;Gérard&amp;nbsp;», rue des Couronnes. Il m’arrivait de retourner &amp;nbsp;aussi sur les lieux du crime et de roder autour de mes&amp;nbsp; écoles des Maronites et Julien-Lacroix.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3142913&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/00/00/1610494551.jpg&quot; alt=&quot;jean-claude rihard,rue de pali-kao,robert gostanian,rue des maronites,rue julien-lacroix,rue bisson,rue ramponneau,rue ramponeau,boulevard de belleville,rue de la fontaine-au-roi&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Rue des Maronites, à l'angle de la rue du Liban. Vers 1957&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Photographie de Henri Guérard&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un jour, &amp;nbsp;dans les années 1980, les souvenirs me hantant, je suis retourné dans cette rue, me suis arrêté sous le porche, près à détaler si quelqu’un arrivait. Comme le «&amp;nbsp;piaf&amp;nbsp;» sur la défensive, j’ai regardé à l’intérieur, puis j’ai monté les quelques deux ou trois marches, passé la tête et finalement suis entré dans le hall inchangé. Un moment d’émotion bousculé par un bruit de porte brutalement ouverte et une «&amp;nbsp;bignole&amp;nbsp;» qui m’interpelle sur un ton très sec&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;Vous cherchez quelque chose&amp;nbsp;?&lt;/em&gt;&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La brutalité de la question aurait dû me faire fuir, je n’avais vraiment rien à faire là, mais par réaction, par provocation, &amp;nbsp;j’ai dit&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Oui, la directrice, je suis un ancien élève&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les heures de vol que je portais sur mon visage ont dû suggérer à Mme la Concierge, d’appeler la directrice.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3142924&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/02/02/3987362163.jpg&quot; alt=&quot;jean-claude rihard,rue de pali-kao,robert gostanian,rue des maronites,rue julien-lacroix,rue bisson,rue ramponneau,rue ramponeau,boulevard de belleville,rue de la fontaine-au-roi&quot; /&gt;Cette dernière, &amp;nbsp;surprise et ravie de voir quelqu’un qui avait fréquenté cet établissement, pardon, «&amp;nbsp;son&amp;nbsp;»&amp;nbsp; établissement, il y a si longtemps, me proposa alors de consulter les archives. Il parait que depuis 2009 ce n’est plus possible car ces archives ne sont plus stockées dans les écoles&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et c’est ainsi que un quart d’heure plus tard, j’étais assis avec elle derrière un gros bouquin relié d’une 40cm de long sur 20cm de large, style registre de Mairie, comportant «&amp;nbsp;N&amp;nbsp;» années de scolarités.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dès 1948, je retrouve ma trace. Une grosse émotion en voyant des noms &amp;nbsp;de copains et de copines que j’avais oubliés. Mais surtout, un grand coup de «&amp;nbsp;blues&amp;nbsp;» en retrouvant &amp;nbsp;des noms de copains &amp;nbsp;juifs &amp;nbsp;(à consonance «&amp;nbsp;germanique&amp;nbsp;»). Pour beaucoup d’entre eux, dans les colonnes père et mère figurait la mention «&amp;nbsp;mort en déportation&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tous ces petits copains dont on ignorait qu’ils avaient perdu un, voire deux parents, qui vivaient probablement chez une tante ou autre ... Pourquoi ce grand secret&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De cette curiosité que j’avais eue, je découvrais que, durant &amp;nbsp;toutes mes années de jeunesse, j’avais en fait été &amp;nbsp;dans une ignorance &amp;nbsp;quasi complète. &amp;nbsp;Bien sûr, à la maison, ma grand-mère, ma tante, mon oncle avaient évoqués cette &amp;nbsp;grande rafle de 1942. Mais pour moi, c’était un peu une part d’histoire ancienne, d’une époque qui n’était pas la mienne. Comme la guerre de 100 ans et Jeanne d’Arc !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas un instant, je n’avais imaginé que des petits copains d’école, là, avec moi, avaient perdu des parents.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis ressorti de cette maternelle complètement sonné, les larmes aux yeux. Aujourd’hui encore je repense souvent à cette scène, bien plus troublante que tous les films que j’ai pu voir sur le sujet car j’avais été touché personnellement.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3142929&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/02/00/145503051.jpg&quot; alt=&quot;jean-claude rihard,rue de pali-kao,robert gostanian,rue des maronites,rue julien-lacroix,rue bisson,rue ramponneau,rue ramponeau,boulevard de belleville,rue de la fontaine-au-roi&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Plaque commémorative &amp;nbsp;☛ Ecole des garçons, rue Julien-Lacroix&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Calibri; font-size: 15px;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Calibri; font-size: 15px;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Tout comme Robert &amp;nbsp;Gostanian, dans son billet, qui nous mentionnait les plaques à la mémoire des enfants juifs de Belleville déportés&amp;nbsp;: &amp;nbsp;peut-on rester insensible à une telle tragédie&amp;nbsp;?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Rihard&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/07/12/laver-son-linge-sale-en-famille.html</guid>
<title>LAVER SON LINGE SALE EN FAMILLE</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/07/12/laver-son-linge-sale-en-famille.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Tue, 12 Jul 2011 10:29:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3117439&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/01/01/556092351.jpg&quot; alt=&quot;lavoir.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-large;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-size: 19px; line-height: 21px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; color: #632423;&quot;&gt;Une fois n’est pas coutume, je vais vous proposer, à vous, anciens «&amp;nbsp;Bellevillois-Ménilmontagnards&amp;nbsp;», de laver notre linge sale en famille. Laver son linge est depuis la nuit des temps quelque chose de convivial,&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;un temps de rencontre où l’on tue la corvée à grands coups de papotages et de petites histoires. Parce que, bien sûr, laver le linge n’est pas une partie de plaisir et c’était jadis un travail de force à grands coups de brosse et de battoir.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; color: #632423;&quot;&gt;Nos anciens avaient bien plus de philosophie que nous et transformaient un tâche ingrate en partie de plaisir. Les lavandières, qu’elles soient du Portugal ou d’ailleurs, l’ont bien exprimé à leur manière et … en chansons.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; color: #632423;&quot;&gt;A la ville, les choses étaient un peu différentes, mais cependant gardaient cet esprit convivial. Je propose aux anciens de la rue des Couronnes et de la rue du Pressoir un petit détour au lavoir de la rue des Couronnes. &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ce qui suit est un extrait de mes mémoires&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Une jeunesse bien ordinaire à Belleville&amp;nbsp;, &lt;/em&gt;chapitre 3&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;«&amp;nbsp;Oh ... pays&amp;nbsp;», &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;sous-chapitre « Ou au lavoir&amp;nbsp;». Il fait suite à un petit développement chez le coiffeur avec ses larges conférences&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;«&amp;nbsp;au sommet&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; color: #632423;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;On y va&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&amp;nbsp;…&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;Si j’utilise l’expression «&amp;nbsp;conférence au sommet&amp;nbsp;», c’est pour bien faire prendre conscience qu’il ne s’agissait pas de discussions à deux ou trois, mais plutôt à huit ou dix. Il est même arrivé que tout le lavoir s’enflamme sur des thèmes d’actualité&amp;nbsp;! Attention, il ne s’agissait pas du lavoir de campagne, qui reçoit une poignée de ménagères, non là on est à Paris, dans une quasi usine&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;En ce temps-là, bien sûr, les machines à laver étaient inexistantes dans les foyers bellevillois ( tout comme les réfrigérateurs). Non que les produits n’existaient pas, mais hors de portée financière des budgets familiaux&amp;nbsp;dans les quartiers populaires !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Une partie de la lessive était souvent faite à la maison, avec une grosse marmite à bouillir. Cependant, ceci n’était pas toujours facile, et puis comment faire face à la quantité&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Alors, régulièrement, ma grand-mère (Mamy) allait au lavoir de la rue des Couronnes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Celui-ci se trouvait sur le trottoir de droite en montant, bien après la rue du Pressoir, après le maroquinier FERTZ et avant la boulangerie AMY (on me pardonnera l’orthographe de ces noms). Un point assez central dans le quartier. Je n’ai jamais connu le statut exact de ce lieu, privé, municipal…&amp;nbsp;? Par contre, je puis dire qu’il était pleinement utilisé&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;Comme Mamy n’était pas des plus causantes, le lavoir c’était bien pour laver et rien d’autre&amp;nbsp;!&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Revue de détail…&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Ah&amp;nbsp;! le lavoir… un roman à lui tout seul&amp;nbsp;!&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;On aurait pu se croire à l’époque de Zola, et pour qui a vu le film «&amp;nbsp;Gervaise&amp;nbsp;» avec Maria Schell et François Périer, il n’y avait aucune différence malgré le petit siècle de distance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;C’était un local immense, avec au rez-de-chaussée la partie lavage et à l’étage le séchage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Le rez-de-chaussée avait une hauteur de plafond très importante, peut être 5 à 7m. On entrait par un grand porche, et tout de suite à gauche se tenait la caisse où l’on achetait le prix des&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;différentes prestations&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: 27pt; text-indent: -36pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;- &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Place de lavage main&lt;/span&gt; (utilisation d’un emplacement avec&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;plusieurs bacs, battoirs…)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: 27pt; text-indent: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;- &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Linge à bouillir&lt;/span&gt;. On recevait ainsi une grosse épingle de nourrice numéroté et destinée à marquer le paquet de linge qui sera mis à bouillir (dans une toile de jute ou filet grossier)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-indent: 27pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;- &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Produits lessiviels&lt;/span&gt; (savon, eau de javel…)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: 27pt; text-indent: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;- &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Essorage&lt;/span&gt;. Là encore on recevait un numéro en métal destiné à être attaché au paquet de linge à essorer&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: 27pt; text-indent: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;- &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Séchage&lt;/span&gt; (droit d’usage d’une place en étage pour étaler son linge à sécher).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Après la caisse on entrait dans le ventre du monstre enfumé&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;A droite, dans la hauteur, à la verticale, et presque jusqu’au plafond (5m à 6m environ) la machine à bouillir. Une immense «&amp;nbsp;marmite&amp;nbsp;» tournant dans le sens des aiguilles d’une montre pendant près d’une heure avec de l’eau bouillante à l’intérieur. A chaque mise en route, elle était chargée jusqu’à la gueule de tous les baluchons de dizaines de ménagères … et en route pour la «&amp;nbsp;bouillissoire&amp;nbsp;» communautaire&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Ces baluchons étaient tous constitués d’une grosse toile maillée carrée, contenant le linge à bouillir. Les quatre coins étaient noués solidement pour ne pas s’ouvrir pendant l’opération «&amp;nbsp;bouilloir&amp;nbsp;». Ils étaient identifiés par la fameuse grosse «&amp;nbsp;épingle de nourrice&amp;nbsp;» numérotée, afin que chacun puisse retrouver son bien. On rend à César le linge de César&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;A gauche, à l’horizontale, l’essoreuse. Chargée à bloc de ballots de linge lavé … et en route pour un grand tour de manège communautaire&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Marmite et essoreuse étaient entraînées mécaniquement par des moteurs assez éloignés et un ensemble de poulies qui tournaient à grande vitesse et entraînaient des courroies. Il fallait garder ses distances car c’était assez dangereux. Il était déjà arrivé qu’une femme soit happée par les cheveux. Un beau carnage… et le linge à relaver&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Bien entendu, on ne passait pas impunément du «&amp;nbsp;bouilloir&amp;nbsp;» à l’essoreuse, il fallait tout de même user d’un peu d’huile de coude pour laver le linge entre ces deux opérations majeures.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;La plus grande partie du local était donc&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;constituée de multiples emplacements de plans de bois inclinés disposés tête-bêche. Ainsi chaque ménagère avait ses compagnes de droite et gauche avec son vis-à-vis à proximité. Soit une potentialité d’échanges de six personnes&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;La Suzanne Rihard, ma grand-mère, n’était pas de caractère à raconter sa vie, encore moins celle de ses voisins. Les potins, les ragots ce n’était pas son pain quotidien, elle avait assez à faire avec ses propres problèmes, son dévouement à sa famille étant total, chaque minute comptait. Et elle s’activait donc à s’acquitter de sa tâche dans les meilleurs délais, d’autres tâches l’attendant à la maison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Entre ces plans inclinés de bois, plusieurs bacs en bois de différentes dimensions, chacun pour un usage spécifique. A chacune son organisation&amp;nbsp;:&lt;em&gt; &lt;/em&gt;un bac avec de l’eau savonneuse, un autre avec de l’eau javellisée, un bac pour le premier rinçage et un autre pour le second… Sans oublier pour le blanc, le bleu&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Je m’explique, comme nous étions en ville, pas de possibilité de faire sécher le linge au soleil et donc de la blanchir. Pour donner de l’éclat après la javellisation, l’astuce consistait à faire tremper le linge dans un bac d’eau contenant une solution de bleu de méthylène&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Alors, le&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;voici le méthylène ... magique !&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Tel le prestidigitateur, la grand-mère mettait&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;dans un petit chiffon noué par un élastique ses deux ou trois pincées de cette poudre bleue que l’on pouvait acheter chez le marchand de couleurs (ou droguiste). Ceux qui se souviennent de la rue des Couronnes se rappelleront volontiers l’existence de deux marchands de couleurs à 30 mètres d’intervalle dans le bas de la rue des Couronnes&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Le tout était mis dans un bac d’eau claire ou le linge blanc serait mis à tremper. Résultat, un linge blanc avec&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;une très légère nuance bleutée, renforçant ainsi l’aspect de propreté. Plus banc que blanc, cela vous dit quelque chose&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Le processus «&amp;nbsp;lavoir&amp;nbsp;»&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;était immuable. Dès l’arrivée, munie de ses jetons et autres numéros métalliques, ma grand-mère s’empressait de porter son paquet de linge à bouillir. Elle a toujours été très organisée pour économiser autant son temps que son peu d’argent. Donc, dès le départ du&amp;nbsp;52 boulevard de Belleville, elle avait déjà préparé ses paquets de linge sale et pouvait donc mettre à bouillir de suite, puisque le tri avait déjà été fait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;D’autres passaient un bon moment à faire le tri sur place. Lorsque c’était fini, la «&amp;nbsp;marmite&amp;nbsp;» tournait déjà et il leur fallait attendre le tour suivant&amp;nbsp;! Mais peut-être, était-ce là une bonne occasion d’être un peu plus longtemps avec les copines à échanger des nouvelles&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Pendant que le linge était à bouillir, la grand-mère &amp;nbsp;était «&amp;nbsp;au charbon&amp;nbsp;» sur le linge qui ne nécessitait pas l’ébullition à 100°C&amp;nbsp;! Et que j’ te savonne, et que j’ te frappe à coups de battoir, et que j’ te rinçe et rebelote. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Tout ce travail au milieu d’un bruit infernal, des voix qui s’élevaient pour se faire entendre, l’humidité ambiante, les odeurs plutôt désagréables, sans oublier les autres participants moins bruyants mais assez nombreux qu’étaient les rats installés comme chez eux, gros quasiment comme des chats, à l’affût d’une saleté à ronger et qui bougeaient à peine, même lorsqu’un battoir envoyé avec force leur passait au raz du museau. Z’avez d’jà vu un vrai rat d’égout&amp;nbsp;? Presque aussi gros qu’un chat&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;Quant tout était terminé, tout ce joli linge passait au trempage final et alors, on pouvait aller chercher celui qui sortait de la «&amp;nbsp;marmite&amp;nbsp;». Et c’était reparti&amp;nbsp;! Savon de Marseille, battoir, rinçage … Arrivait l’étape du rinçage final où certains vêtements subissaient le «&amp;nbsp;javellisé&amp;nbsp;» &amp;nbsp;ou le méthylène. Le rinçage terminé il fallait alors préparer un ou plusieurs balluchon selon le type de linge et porter tout cela à l’essorage. Tout était enfourné dans cette immense machine (environ 3 à 4m de diamètre) positionnée cette fois à l’horizontale contrairement à la «&amp;nbsp;marmite&amp;nbsp;». Cette opération durait environ 10 mn à l’issue desquelles chacun pouvait ramener son linge à la maison ou le cas échéant le mettre à sécher à l’étage du dessus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Cette dernière option était toujours celle retenue par ma grand-mère car nous avions si peu de place à la maison ( 30 mètres carré ) que l’on ne pouvait imaginer y faire sécher du linge pour 6 personnes&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Au-delà de ces contraintes «&amp;nbsp;spatiales&amp;nbsp;», cette option recevait très largement mon assentiment … et celle de ma copine Yolande. En effet, le coin séchage était un terrain de jeu fabuleux pour nous enfants ! Agréable et intéressant. D’abord, on ne pataugeait plus dans l’eau de lessive, on était au sec, pas de rats, et surtout nous bénéficions d’un immense terrain de cache-cache. Un vrai labyrinthe&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Ce local à séchage était situé au-dessus du lavoir, occupait toute la surface de ce dernier et n’en était séparé que par un plancher. C’était en quelque sorte les combles, couvertes par un toit, mais ouvertes à tous vents. On y accédait par un escalier de bois quelque peu vermoulu compte tenu de l’immense humidité régnant au rez-de-chaussée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Toute cette partie «&amp;nbsp;comble&amp;nbsp;» &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;était compartimentée non par des parois, mais par des cloisons en grillage, lesquelles pouvaient être fermées avec un cadenas personnel, ceci pour ne pas se faire «&amp;nbsp;faucher&amp;nbsp;» le linge par quelqu’un d’autre. Et propre qui plus est&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Il y avait là, peut-être, une soixantaine de ces compartiments, certains accessibles, car encore libre, d’autres pas car déjà occupés. Chaque local était équipé de fils métalliques tirés dans toute la longueur et permettant d’étendre le linge. La location était pour un jour ou deux. Pendant que les mamans installaient ce linge nous en profitions pour effectuer de mémorables parties de cache-cache en cavalant à travers les emplacements libres et ceux dans lesquels les mamans étaient à l’œuvre&amp;nbsp;! Imaginez les scènes au milieu des draps… Certes, en regardant par le dessous on pouvait distinguer les jambes du copain ou de la&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;copine cachés un peu plus loin, mais en pratique ce n’était pas si simple car la quantité de linge qui pendouillait, cassait la perspective et ce que l’on pensait tout proche était plus lointain et réciproquement. Entre temps, le comparse avait de nouveau changé de place&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Le tout au milieu d’une étendue de linge tout propre. J’en ai gardé un souvenir olfactif quasiment intact.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Quant enfin le linge était sec, on venait le récupérer, le plier, le remettre dans le baluchon en grossière toile de jute et c’était le retour à la maison pour le repassage. L’épopée lavoir avait lieu deux fois par mois et entre les deux, les petites pièces étaient traitées à la maison, et bouillies dans une marmite dédiée à cela. Bien sûr, Javel et bleu de&amp;nbsp;méthylène restaient de mise&amp;nbsp;! &lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Rihard&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoBodyText2&quot; style=&quot;margin-left: -9pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;watlinks&quot; style=&quot;width: 480px; font-size: 11px; background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #cccccc; padding-top: 2px; padding-right: 0px; padding-bottom: 4px; padding-left: 0px; text-align: center; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;a class=&quot;waturl&quot; title=&quot;Vidéo Gervaise (Fence) sur wat.tv&quot; href=&quot;http://www.wat.tv/video/gervaise-fence-2c70p_2i581_.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Gervaise&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/07/10/le-maquis-dans-le-faubourg-du-temple.html</guid>
<title>LE &quot;MAQUIS&quot; DANS LE FAUBOURG DU TEMPLE</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/07/10/le-maquis-dans-le-faubourg-du-temple.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Sun, 10 Jul 2011 18:21:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3114922&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/00/01/1828504203.jpg&quot; alt=&quot;Traversee-de-Paris-La-Traversata-di-Parigi-1956-2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300; font-family: georgia, palatino; font-size: medium;&quot;&gt;La Traversée de Paris - Claude Autant-Lara&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Qui a connu cette petite rue Robert-Houdin qui donne entre le Faubourg-du-Temple et la rue de L'Orillon ? En 1945, elle avait été surnommée &quot;Le Maquis&quot;. Peut-être y avait-t-on fait de la résistance, du trafic sûrement. Tout ce qui était le &quot;Marché Noir&quot; Il fallait la voir quand vers les 17-18 heures elle commençait de s'animer. Les &quot;vendeurs&quot; venaient s'installer et prenaient place sur les trottoirs, chacun sortait sa marchandise aussi variée qu'insolite, car on y vendait de tout. Le&amp;nbsp;&amp;nbsp;quidam, à condition que son portefeuille soit bien garni, qui y entrait à poil d'un coté pouvait s'il le désirait, en ressortir de l'autre côté habillé de pied en cap portant sous le bras sa baguette de pain, dans son cabas toutes sortes de victuailles introuvables chez les commerçants patentés du coin, et même traînant en laisse par la main un chien corniaud ou de pure race.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Quelle époque ! La guerre se terminait. Pendant quelques jours les boulangers avaient vendu du &quot;pain blanc&quot; mais vraiment blanc comme on ne l'avait plus connu depuis quatre années. C'était de la folie, il fallait voir cela. On manquait de tout, les produits proposés étaient de l'ersatz (succédanés), et l'imagination était sans limites : on fumait de la mousse mélangée à un grossier tabac belge, (&quot;Fume, c'est du Belge !&quot;), on lavait le linge avec de la cendre de bois et les pneus de vélo étaient chargés de bouchons de liège. Nous avons affreusement souffert de toutes ces privations.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3114909&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/01/00/2076477772.jpg&quot; alt=&quot;carte alimentation.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300; font-size: medium; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;Carte d'alimentation&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;Comme le rappelle Jean-Claude Rihard dans l'un de ses billets sur la participation au trafic de cartes de pain, il s'en imprimait un peu partout, de bonne et de moins bonne qualité. Les plus douteuses, il fallait les frotter un peu sur le sol pour leur donner une couleur plus convaincante et on se risquait dans une boulangerie. Là, suivant la bienveillance et l'indulgence de la boulangère, elle acceptait ou refusait nos tickets qui sentaient encore l'imprimerie et la mauvaise encre. Car il faut dire qu'il arrivait que les fonctionnaires du &quot;Contrôle Économique&quot; les refusent et alors il fallait les rembourser.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm; font-family: Baskerville; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 11px;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-large; color: #993300;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;Les Ricains&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Le débarquement des alliés avait eu lieu et les Américains remplaçaient les &quot;Verts de gris&quot; à l'Hôtel Moderne, Place de la République, à deux stations de métro de Belleville.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;A cette époque, le trafic battait son plein et chaque soir, vers les 21 heures, nous quittions Belleville avec quelques copains par la rue du Faubourg-du-Temple, direction République. Nous allions faire &amp;nbsp;&quot;Les Ricains&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;L'opération consistait à attendre que les nombreux G.I.'s entrent ou sortent de leur hôtel, alors nous les interpellions grâce aux quelques mots appris dans le petit dictionnaire &quot;français-anglais&quot;, investissement indispensable que j'ai&amp;nbsp;&amp;nbsp;conservé. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;- Hello Joe, have you cigarettes to sale, chewing-gum, soap ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;(&amp;nbsp;M&lt;em&gt;on Anglais était du mot à mot, mais cela marchait…&lt;/em&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3114913&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/00/00/3008204664.jpg&quot; alt=&quot;DICO.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Et souvent, le gars avait quelque chose à vendre. Ils se passaient le mot et étaient nombreux à faire ce commerce. Nous achetions ainsi toutes sortes de produits introuvables à Paris : bas nylon, tabac, savonnettes, pantalons, blousons, &amp;nbsp;mille choses … Vers 1 &amp;nbsp;à 2 heures du matin, nous remontions avec notre marchandise vers Belleville. On rangeait la cargaison chez soi, à condition que la flicaille, au parfum du manège, ne nous alpague pour passer quelques heures au commissariat du quartier, et que notre marchandise disparaisse dans leurs placards.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Enfin, si tout se passait bien, nous avions le droit de nous reposer et de dormir.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Le lendemain, on se levait assez tard vu l'heure du coucher.&amp;nbsp;&amp;nbsp;C'était dans la soirée, vers les 17-18 heures que nous chargions nos produits dans les poches ou la chemise pour aller nous installer sur les trottoirs du &quot;Maquis&quot;, rue Robert-Houdin. Alors, doucement, le chaland arrivait, faisant des aller-retours à la recherche de ce qu'il pourrait s'offrir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Debout, les mains dans le dos, nous répétions en chuchotant : américaines, chocolats, savonnettes, chewing-gum ... Un client s'arrêtait, intéressé, et nous marchandions les prix.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Les paquets de Camel, Lucky Strike, Chesterfield et autres Old Gold sortaient discrètement des poches et s'échangeaient contre argent comptant. La &quot;rousse&quot; en civil rodait. Nous les connaissions, et pourtant ils arrivaient à nous faire aux pattes.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Nous leur donnions des noms, l'un d'entre eux était baptisé &lt;em&gt;Chapeau vert&lt;/em&gt;. C'était bête, il en portait toujours un. Il nous arrêtait tout simplement, sans résistance de notre part, et nous emmenait au commissariat le plus proche mais c'était souvent celui de la rue Pradier, dans le 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. Là, ils vidaient les poches de nos marchandises que les fonctionnaires se partageraient un peu plus tard.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Parfois, c'était plus sérieux, ils y mettaient le paquet, il y avait des rafles monstres. Des cars à claire-voie emplis de gardiens se plaçaient au deux accès de la rue (Faubourg-du-Temple et de l'Orillon) empêchant toute échappée. Tout le monde était bloqué : vendeurs, acheteurs, joueurs de &quot;passe anglaise&quot; et de bonneteau.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Les agents descendaient en trombe des cars et investissaient la rue, s'éparpillant partout. Alors c'était la débandade, chacun cherchant à s'évader de la souricière, certains qui portaient sur eux des produits bien plus risqués tentaient de s'échapper par les toits des immeubles, vite rattrapés par les fonctionnaires de police, fouillés, ils étaient parfois porteurs de dollars ou plus grave, d'armes à feu dont ils n'avaient pas eu le temps de se débarrasser.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Ceux-là étaient emmenés à part dans des &quot;paniers à salade&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Les gens étaient alignés sur les trottoirs. On &amp;nbsp;faisait l'inventaire de&amp;nbsp;&amp;nbsp;leurs poches, ils étaient alors chargés dans les cars et emmenés &quot;Quai de Gesvres&quot;.&amp;nbsp;Les agents se tenaient sur les marchepieds interdisant les évasions.&amp;nbsp;&amp;nbsp;On payait une&amp;nbsp;&amp;nbsp;amende et la marchandise était évidemment confisquée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Je sais, certains diront que c'était du &quot;marché noir&quot;, que ce n'était pas bien… Mais que celui ou celle qui n'y a jamais eu recours comme vendeur ou comme acheteur le dise, ils ne seront pas nombreux. Il fallait bien manger, se vêtir, se chauffer. Ce marché parallèle permettait quand même&amp;nbsp;&amp;nbsp;aux gens du peuple de trouver ce qui n'existait plus dans les commerces. Et de &quot; gagner sa croûte&quot; tout simplement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia; font-size: medium;&quot;&gt;Je suis repassé récemment dans le Faubourg. La rue est vide et abandonnée, toute grise…&amp;nbsp;&amp;nbsp;comme Belleville. &amp;nbsp;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Robert Gostanian&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0pt; margin-left: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/05/29/gens-venant-de-toute-part.html</guid>
<title>GENS VENANT DE TOUTE PART</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/05/29/gens-venant-de-toute-part.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Sun, 29 May 2011 15:22:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3053313&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/01/02/2618406963.jpg&quot; alt=&quot;bienvenu mérino, exil, vieux métiers, frédérick tristan, réfugié de nulle part, paris, vieux paris, belleville, ménulmontant,  rue du pressoir, passage des mûriers, rue piat, &quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Passage des Mûriers ⚆ Crédit photographique&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt; ☞&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Henri Guérard&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’exil est un concept-carrefour, se situant à l’intersection d’un (non) vouloir individuel, d’une nécessité souvent impersonnelle ou supra-individuelle, et d’un espace conçu en termes de désirabilité/accessibilité. Il convient de prendre comme point de départ la définition du Grand Larousse encyclopédique qui assigne à la notion ses significations le plus fréquemment rencontrées&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;expulsions hors de sa patrie&amp;nbsp;»&amp;nbsp;;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;séjours pénibles, loin d’un lieu ou de personnes regrettées&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces jours-ci, traversant le Père-Lachaise, j’ai pensé à TRISTAN, (Tristan de Iseult) qui remplit sans doute ces conditions. Il sera effectivement contraint à quitter sa patrie, ou, du moins, l’être qui objective son sentiment d’appartenance symbolique, son sens de la communion&amp;nbsp;; en plus, son séjour sera effectivement pénible, même feint, car il équivaut à une marginalisation sinon à une exclusion totale de la société. Il est vrai, d’autre part, que la valeur purement géographique de l’exil n’est guère mise en lumière&amp;nbsp;; TRISTAN n’a pas le mal du pays, il a plutôt le mal d’amour, si on peut dire, pour se confronter à une réalité que l’ont perçoit aliénante.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Exil veut dire, contrainte de quitter son «&amp;nbsp;chez soi&amp;nbsp;» (qu’il s’agisse d’un lieu ou d’un être) pour se confronter à une réalité que l’ont perçoit aliénante.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Habiter un quartier. Par exemple, Ménilmontant ou Belleville, que beaucoup d’entre nous connaissent. Le quartier occupe, sans doute, dans la vie urbaine des citadins, une &lt;em&gt;belle&lt;/em&gt; place, en tous cas le citadin doit y trouver sa place et nous devons faire le nécessaire pour qu’il la trouve. Ni entité délaissée ni univers social privilégié. Le quartier doit apparaître comme un lieu de vie relativement important, diversement investi par les habitants en fonction de leurs situations sociales et résidentielles et selon les caractéristiques morphologiques et sociales du lieu, je dis bien du lieu, dans lequel ils résident. En même temps, dans cette courte analyse je voudrais &amp;nbsp;montrer que cette diversité ne se résume pas à l’opposition entre habitants de quartier à la mobilité réduite et citadins nomades dépourvus de toute attache avec un lieu de résidence. Au contraire, dans certains lieux, comme dans d’autres contextes urbains, les individus qui se caractérisent par un fort ancrage&amp;nbsp; dans le quartier sont plus fréquemment des citadins mobiles que des citadins sédentaires.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Citadin, j’ai été maintes fois exilé. Né dans une maison au bord d’un ruisseau dans le sud de la France, sous la ligne médiane de Bordeaux et la frontière franco-italienne.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Venu , à Paris, après maints aboutissements, nulle part ou un peu partout, par des chemins de traverses. Je suis arrivé dans le 20&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;arrondissement de la Capitale pour un temps court qui dura&amp;nbsp; l’épopée d’un &lt;em&gt;vaste&lt;/em&gt; amour. Je devins&amp;nbsp;résident&amp;nbsp;d’un des plus populaires arrondissements de Paris en venant vivre passage des Mûriers. Un passage qui montait et que les enfants aimaient descendre à chariot à quatre roues avec une adresse fulgurante, comme eux seulement savent le faire. Rien que ces deux noms de rues me rappellent encore ma région natale aux confins du Lot et de la Dordogne où sont si nombreuses les haies avec ses mûres et les arbres fruitiers.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ménilmontant, je le connais un peu. Je l’ai sillonné dans tous les sens, à pied et en voiture, de nuit comme de jour. Moi, natif d’ailleurs, j’ai découvert la rue du Pressoir encore intacte pour la première fois en 1960. C'est-à-dire avant que les troubleurs de vie par les destructeurs de l’Etat viennent perturber les habitants du quartier, où existait alors, calme, travail et espoir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’y revenais de temps à autres, rue du Pressoir, combattre les voleurs de rêves, opposer résistance à ceux dont les déchaînements étaient néfastes à l’équilibre du quartier, constatant bien plus tard, les dégâts lamentables de rues éventrées, crevées. Plus rien n’était pareil à la vie paisible et quelque peu campagnarde qu’il y avait autrefois, même si tous savaient que l’habitat avait grand besoin d’être restructuré et rénové. C’est cela que nombre d’entre eux attendirent longtemps, très longtemps. Leurs souhaits ne furent que très peu exaucés. La blessure fut longue pour qui attendait avec espoir qu’arrive le droit au logement, l’attente d’être relogé, le droit à la paix. Bien évidemment ont leur proposa, très loin du lieu où ils habitaient, de nouveaux logements avec plus de confort certes mais il n’y eut pas beaucoup de justice&amp;nbsp;! Lorsque, juste après le chaos, je suis revenu rue du Pressoir, j’avais personnellement le sentiment terrible que des hélicoptères bombardiers avaient survolé les pâtés de maisons, pour tout casser et tout anéantir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puis longtemps, durant des années et des années, la laideur de la rue nouvelle me fit reculer à l’idée de faire le pas du retour, celle de revenir dans ce qui avait été&amp;nbsp; un &lt;em&gt;joyau&lt;/em&gt; du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;arrondissement, l’une des parties de ce village du beau Paris. Je n’acceptais plus «&amp;nbsp;d’être du quartier&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Car la rue du Pressoir fut pour moi, en exagérant un peu, mes Champs-Elysées lorsque, jeune, &amp;nbsp;je la découvris pour la première fois avec ses hôtels, boutiques, commerçants, garages, épiceries, costumiers et tailleurs, miroitiers, coiffeurs, boulangerie-pâtisserie, maroquiniers,&amp;nbsp; librairie, joailliers, ses nombreux cafés, ses corporations de métiers, ses artistes accordéonistes, bals, saltimbanques, tireuses de cartes, sa jeunesse, ses belles filles et ses musiciens. Que de changements, &amp;nbsp;pour moi, ayant passé mon enfance, dès le lever du jour avec le chant du coucou et sous le regard des oiseaux, au milieu des escargots, des fouines, des écureuils, des lapins, des poules, des oies et canards. Lorsque je revenais rue du Pressoir, c’était un vrai enchantement.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je connais hélas la destruction en sa totalité d’un lieu, celui où j’habitais, le Passage des Mûriers.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Du passage reste seulement le plan avec son nom minuscule imprimés dans ma vieille &lt;em&gt;Editions L’indispensable &lt;/em&gt;et le souvenir&lt;em&gt; &lt;/em&gt;de&amp;nbsp; sa pente et de ses pavés à jamais gravés dans ma mémoire. J’habitais là avec ma fiancée. Je dirais mieux, &amp;nbsp;c’est là que m’accompagna ma fée, Ludmilla, dans une belle &lt;em&gt;portion &lt;/em&gt;de vie. Ce peu de temps qui&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;me semblaient des années de connivences, de tendresse, de passion et de rêve. Notre tout petit logement était situé tout en haut d’un immeuble étroit, rocambolesque, beau et ancien, d’une architecture séduisante du début du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &lt;sup&gt;&amp;nbsp;&lt;/sup&gt;qui tenait d’un vieux décor de théâtre. Notre lit fabriqué de mes mains où reposait notre matelas de laine, cousu à la main rue Orfila, si j’ai bonne mémoire, était installé dans la petite alcôve qui jointoyait notre chambre que j’avais tapissée avec mon amoureuse Ludmilla qui en grec signifie arc-en-ciel, Ludmilla ma bellevilloise native de&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Diafani&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; île de Karpatos. L’alcôve n’était pas grande, cependant elle suffisait pour tout notre amour. Au petit matin, le jour blafard entrecroisait les premiers rayons du jour qui apparaissait par la lucarne de la cuisine et de la petite fenêtre du salon aux rideaux blancs brodés à l’image du Parthénon et signés à chaque extrémité d’un bleu de mer.&amp;nbsp; Cette frange de &amp;nbsp;lumière&amp;nbsp; nous faisait ouvrir les yeux et admirer le peu de ciel visible, encore étoilé d’été&amp;nbsp;; de l’automne plus gris, et puis de l’hiver sévère ménilmontois, avec les flocons qui voltigeaient et donnaient peu à peu, luminosité et splendeur, au quartier, en voie d’insalubrité triste, entouré de collines, le soir blanches et enneigées. Une fois la nuit passée et le café avalé, on dégringolait les vieux escaliers qui nous&amp;nbsp;portaient vers le &lt;em&gt;village&amp;nbsp;&lt;/em&gt;pour aller travailler en nous faufilant parfois derrière le beau &amp;nbsp;Saint-Bernard docile, trottinant devant son maître, esquivant le camionneur livrant le lait où venaient roder des chiens bâtards que Ludmilla nommait «&amp;nbsp;renards&amp;nbsp;» et qui aboyaientt à nos trousses. On riait en rejoignant quelque peu essoufflé la rue des Partants sur notre itinéraire. Nous n’avions peur de rien. Nous possédions l’amour. Seuls au monde, Ludmilla et moi, nous allions &amp;nbsp;travailler, en nous tenant par la main avec la difficulté de nous séparer au moment de prendre, elle son vélo, et &amp;nbsp;moi, le 96. Ces souvenirs sont là, vivants dans mon cœur. Le passage des Mûriers et nous deux, fous du bonheur de vivre. Du haut de &amp;nbsp;Ménilmontant la vue était superbe, toute la capitale était à mes yeux&amp;nbsp;! La montagne de Paris intra-muros était unique. Et le soir, revenant à pied de mon travail, du haut de&amp;nbsp; la rue Piat, la vue sur la ville était encore à moi. Tout cela est dans ma mémoire, comme un diamant dans mon catalogue du cœur, un trésor dans mon œuvre de vie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hélas aujourd’hui, le Passage des Mûriers n’est plus. Ce passage défunt aux consonances si méditerranéennes qui me conduisait&amp;nbsp;chaque matin vers les cimes de la ville, et dont Monsieur Henri Guérard nous a laissé des traces brillantes dans son livre de photographies, a vécu.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis un &lt;em&gt;réfugié de nulle part&lt;/em&gt; ainsi que le dit de lui-même &amp;nbsp;Frédérick Tristan qui n’était pas seulement le barbare dont peu à peu il souhaita nous donner l’image. &lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bienvenu Merino&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3053326&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/02/01/1623498925.jpg&quot; alt=&quot;bienvenu mérino, exil, vieux métiers, frédérick tristan, réfugié de nulle part, paris, vieux paris, belleville, ménulmontant,  rue du pressoir, passage des mûriers, rue piat, &quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Ménilmontant sous la neige&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Crédit photographique &lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;☞ Michel Sfez&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/05/18/a-la-serpe-d-or.html</guid>
<title>A LA SERPE D'OR</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/05/18/a-la-serpe-d-or.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Wed, 18 May 2011 19:58:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3038380&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/00/01/3341697606.jpg&quot; alt=&quot;Serpe d'or.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div style=&quot;font-family: Baskerville; font-size: medium; text-align: justify;&quot;&gt;Située à l'angle de la rue de Ménilmontant et de la rue des Amandiers, la grande bijouterie &quot;A la serpe d'or&quot; était réputée pour la qualité et le choix des articles qui y étaient proposés. &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;font-family: Baskerville; font-size: medium; text-align: justify;&quot;&gt;Traditionnellement, les fiancés et futurs mariés du quartier y choisissaient les bagues et alliances qui célébraient leur union. &lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lucile&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/05/13/qui-se-souvient-encore-du-caiffa.html</guid>
<title>QUI SE SOUVIENT ENCORE DU CAIFFA ?</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/05/13/qui-se-souvient-encore-du-caiffa.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Fri, 13 May 2011 19:35:22 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3029914&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/01/02/2213722994.jpg&quot; alt=&quot;Caïffa.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;BISCUITERIE CAIFFA&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vos souvenirs nous intéressent ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/03/19/rue-de-menilmontant-le-5-mars-2011.html</guid>
<title>RUE DE MENILMONTANT, LE 5 MARS 2011</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/03/19/rue-de-menilmontant-le-5-mars-2011.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Sat, 19 Mar 2011 10:34:21 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;!--StartFragment--&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nouvelle balade d’hiver, cette fois sous un soleil magnifique, une brume de beau temps masquant la vue sur Paris&amp;nbsp;! Descente jusqu’au boulevard pour retrouver l’atmosphère et percevoir les changements.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2945230&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/01/01/3426705117.jpg&quot; alt=&quot;école.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après la rue des Amandiers, là où s’ouvrait la partie la plus commerçante de la rue, la nostalgie, pour moi, devient pesante&amp;nbsp;: la joyeuse animation du samedi matin a disparu, la plupart des magasins de bouche qui attiraient la grosse majorité des chalands a fait place à des boutiques disparates, dont la laideur des enseignes et le caractère apparemment éphémère n’inspirent aucune envie d’achat. Seuls ont résisté quelques bistrots, dont le tabac du coin de la rue Julien Lacroix. Un souvenir personnel&amp;nbsp;: c’est là où, avec maman, la seule fois de ma vie, nous avons joué au tiercé et gagné… des clopinettes&amp;nbsp;! Comme tout le monde puisque c’était le prix de l’Arc de Triomphe et que les favoris avaient tenu leurs promesses&amp;nbsp;!&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme on peut le voir sur les photos, les petites maisons XIXème de un, deux ou trois étages n’ont pas été toutes remplacées par de hauts immeubles. Il est vraisemblable que le sous-sol mité a fait reculer les promoteurs, sinon… Le fier Comptoir National d’Escompte de Paris, depuis longtemps disparu certes, va, après avoir abrité Toto Soldes, bientôt faire place à une succursale des surgelés Picard… Grandeur et décadence&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2945231&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/00/01/2194216589.jpg&quot; alt=&quot;église.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2945232&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/02/02/3078460853.jpg&quot; alt=&quot;boutique.jpg&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;La cour du 24&amp;nbsp;», comme nous l’appelions couramment, et qui relie la rue de Ménilmontant à la rue des Panoyaux par le Passage du Labyrinthe, a gardé du caractère. Tout en changeant de nature, puisque de nombreux ateliers ont été transformés en locaux d’habitation. Les riverains ont agréablement égayé leurs façades et leurs abords en installant des jardinières au long de la chaussée. Dommage que les motos en stationnement viennent perturber l’harmonie des lieux…&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2945233&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/00/02/1728147478.jpg&quot; alt=&quot;cour.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est tout pour aujourd’hui et je n’ai pas le cœur gai.&amp;nbsp;A vrai dire, je n’ai plus envie de retourner flâner de sitôt rue de Ménilmontant.&amp;nbsp;Pour la première fois, j’ai eu l’impression en cette fin de semaine que le quartier tel que nous l’avons connu était bel et bien mort.&amp;nbsp;D’autres nous y ont remplacé et y ont heureusement trouvé leur place.&amp;nbsp;C’est normal puisque la roue tourne.&amp;nbsp;Mais, tout de même… c'était bien plus sympa autrefois !&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt; Lucile&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Lucida Calligraphy'; font-size: 15px; color: #993300;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;Lucida Calligraphy&amp;quot;;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;!--EndFragment--&gt; &lt;!--EndFragment--&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/02/19/gerard-mordillat-a-compte-trente-cinq-cinemas-entre-bellevil.html</guid>
<title>GERARD MORDILLAT A COMPTE TRENTE CINQ CINEMAS ENTRE BELLEVILLE ET MENILMONTANT</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/02/19/gerard-mordillat-a-compte-trente-cinq-cinemas-entre-bellevil.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Sat, 19 Feb 2011 10:21:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2899514&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/00/01/2623071348.gif&quot; alt=&quot;rue-des-rigoles-25180405.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;… Il y avait trente cinq cinémas entre Belleville et Ménilmontant, sans compter la salle paroissiale et la Bellevilloise, salle historique où, pour la première fois, on projeta en France&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le Cuirassé Potemkine&lt;/em&gt;&amp;nbsp;de Sa Majesté Eisenstein. Il y avait l’Alcazar, l’Alhambra, l’Améric- Cinéma, le Bagnolet-Pathé, le Bellevue, le Chantilly,, le Ciné-Palace, le Cocorico, le Crimée, le Danube, l’Eden Jean-Jaurès, le Féérique-Pathé, le Floréal, Les Folies-Belleville, le Gambetta, le Ferber, le Mambo, appelé aussi Gambetta-Etoile, le Miami, le Ménil-Palace, l’Olympic Jean-Jaurès, le Paradis, le Phénix, le Provence, le Pyrénées-Palace, le Renaissance, le Rialto-Flandres, le Riquet, le Secrétan-Palace, le Secrétan-Pathé, le Séverine, le Théâtre de Belleville, les Tourelles, le Zénith, tous ces noms qui font rêver, sans oublier le Florida… », &lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Gérard Mordillat&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; in &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Rue des Rigoles&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; (Editions Calmann-Lévy, 2002 ; Le Livre de Poche, 2006).&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/02/15/hommage-a-maurice-arnoult.html</guid>
<title>HOMMAGE A MAURICE ARNOULT</title>
<link>http://ruedupressoir.hautetfort.com/archive/2011/02/15/hommage-a-maurice-arnoult.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Guy DAROL)</author>
<category>LE COIN DU SOUVENIR</category>
<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 10:42:56 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2893529&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://ruedupressoir.hautetfort.com/media/02/01/3809682296.jpg&quot; alt=&quot;Maurice Arnoult.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Maurice Arnoult&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Dans ses nombreuses célébrations de Belleville, Clément Lépidis revient sur la figure de Maurice Arnoult, Maître bottier. Nous avons choisi un fragment de &lt;em&gt;Belleville, mon village&lt;/em&gt;&amp;nbsp;qui sent le cuir et fait entendre le métier. Pour en savoir plus sur Maurice Arnoult, il vous suffira de cliquer sur le lien plus bas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&quot;Traces visibles de ce Belleville d'autrefois que la foudre du temps a marqué sur l'émail bleu d'une plaque de rue : Tourtille ! Denoyez ! Rébéval ! Ermitage ! Moulin-Joly ! Rue des Cascades et rue de la Mare, rue des Rigoles et rue de la Fontaine-au-Roi. L'impasse du Puits ! Que d'eau parmi ces anciennes terres à vignobles ! Miracle : l'inscription délavée mais encore visible : &quot;A la Renommée de la Bonne friture de Seine&quot; au 85 de la rue de Belleville. Là où Maurice Arnoult, Maître Lournat pour les intimes, le plus ancien bottier du quartier, frappe encore le cuir à l'ancienne manière dans son échoppe-atelier, façonnant avec amour les beaux souliers de Paris&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://maurice-arnoult.fr/frame_biblio.html&quot;&gt;A PROPOS DE MAURICE ARNOULT&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
</channel>
</rss>
