jeudi, 19 juin 2008
MARTIAL CHANTE MENILMONTANT
Bienvenu Merino est un prosélyte de la rue du Pressoir. Un jour, il donne rendez-vous à son neveu Martial pour une flânerie dans le quartier. Martial possède une voix, une guitare. Bienvenu a une caméra de poche. Et voilà le travail.
La vie est belle
Lettre de Bienvenu Merinoà Guy Darol
Toi, aujourd’hui, tu es sur la côte bretonne, proche de la « m’ère », mais voici Guy, un peu de Paris. Une chanson d’Aristide Bruant, Belleville Ménilmontant, chanté par Martial, villa des Faucheurs, lors de notre périple dans l’île de ton enfance. Martial a beaucoup d’intérêt pour ce quartier et il est bon curieux ; c’est un excellent faiseur de chansons, sa guitare toujours sur le dos, semblable aux mères africaines portant leur enfant, avec sa musique et de belles paroles toujours dans le cœur. En bon reporter, je lui ai montré, la rue de ta prime enfance, ton école maternelle, tes trottoirs, ton collège, ton environnement de môme, ton cinéma, ton arrêt de bus, tes ciels et terre de la marelle dont j’imagine toujours le tracé à la craie dans la courbe de la rue du Pressoir, où ta maman te contemplait heureuse, se disant émerveillée : «Mon ptit Guy, tu finiras bien par bondir jusqu’au ciel avec tes sauts de spationaute et tes devoirs assidus pour l’écriture ». A Martial, je lui ai montré aussi tes livres et ton travail quotidien sur le site littéraire, et l’autre, notre blog, dédié aux habitants de Ménilmontant. J’ai dit à Martial, qu’autrefois, dans ces parages, tout était planté de vignes. Il était rayonnant de m’entendre parler de vendanges, de vin, de pressoir ; il humait, respirait et cherchait déjà un bistrot me demandant : « T’as pas soif, t'as vraiment pas soif, toi ? Pourquoi j’ai si soif, moi ? ».
Ce petit clip, sans aucune prétention, est enregistré avec ma petite caméra miniature et discrète, de deux centimètres par deux. Laurent Cantet, lui, viendra une autre fois, pour mon film, le long métrage, beau et fin, de la poésie en somme, que nous soignerons avec délicatesse et amour. Tu verras, malgré toutes les techniques, la voix de Martial est un peu voilée par un vent qui nous punissait, j’ose dire, du vin que nous avions bu à table, pendant le déjeuner. Ce jour là, nous avons passé un bel après midi, tour à tour, heureux et joyeux, assoiffés et consommateurs dans de bons bistrots encore nombreux dans le haut de la ville, à plus de 717 mètres. Je parle comme si j’étais au sommet de l’Everest, la neige dans les baskets et le nez flottant dans des arômes naturels. « C’est ça qui donne soif, t’as pas soif, répétait Martial à son cousin Tomas, qui en bon arpenteur, nous accompagnait, à peine descendu de l’avion provenant de Santiago du Chili, avec un bac philo et l’examen en poche pour une grande École à Paris.
Ce jour là, tous les trois, curieux de tant de valeurs qui existent dans Paris, nous étions découvreurs, encore, des vestiges innombrables dans le haut de Ménilmontant, près des rues, Piat et des Envierges, avec la vue splendide sur un Paris toujours magnifique presque à perte de vue. Très observateurs, nos regards à l’unisson enchantaient les passants souriants et complices de notre bonheur, complices de nous voir gamins rieurs, musiciens, guitare en bandoulière et chansons dans le cœur et avec des yeux bons d’un Charles Bukowski, vagabond et si grand poète. J’aurais voulu que tu sois avec nous, Guy, et Josette aussi, pour mieux goûter et éprouver entre amis les sensations fortes qui donnent courage et beauté aux êtres protecteurs et sauveteurs d’un patrimoine historique. Tout un passé, qui s’éloigne, à petit pas, de l’enfance, de notre existence de rêveurs, troubadours des Lettres. Troubadours simplement, libres et responsables de ce que des hommes nous ont légués afin de conserver, protéger et soigner un patrimoine extraordinaire, riche, célèbre et connu de tous. Martial chante comme il respire ; mieux, il crée. Il a tout de sa maman, Bohème, elle aussi, chanteuse et musicienne, au petit conservatoire de Mireille, et partie un mauvais jour pour un long voyage interminable dont nous savons qu’elle ne reviendra pas. Quoi dire de plus, Guy ?
Oui ! Je vais souriant, rue de Ménilmontant avec Tomas et Martial pour te dire, qu’il y peu de temps, j’ai été magnifiquement surpris par des photos anciennes de ta rue, avec ta maison, ton palier, ta cour invisible jusqu’alors. Magnifiquement surpris par cette rue du Pressoir à laquelle maintenant je suis lié comme un nouveau né au sein de sa mère.
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mardi, 10 juin 2008
BANTUNANI
En rupture avec la légèreté actuelle de la musique congolaise, Bantu Nani retrouve les racines de la rumba, de Wendo à Franco. La composition même du groupe en témoigne puisqu’elle se réduit aux trois éléments essentiels de cette musique : la guitare, le chant et les percussions. Il s’agit donc d’abord d’un retour aux sources, mais cette formation imaginée et organisée par Visualiz Music va plus loin et veut s’animer de la soul de Sam Cooke et de Mahalia Jack. Car la philosophie de ce trio c’est celle là : réunir tous les accents lyriques de la musique noire. Mr Nzau pose sa plume pour restituer toute la force d’une tradition de l’écriture musicale. Il se veut être l’apôtre de la mélodie harmonieuse, du son humaniste touchant tous les peuples et dépassant toutes les frontières. Mr Umberto, le maître de la guitare, est le garant de la tradition. Son jeu évoque de manière très personnelle, le mariage inachevé de la rumba et de la salsa. Son recul de vieux sage et sa vigilance savent guider le groupe sur la voie de la qualité. Mr Zéro, l’indiscipliné, inspire à lui seul le chant révolutionnaire. Tout en lui est rebelle et les variations de sa voix dont il joue sans cesse pour mieux s’échapper sont à l’image de sa liberté. Hirsute, roulant des yeux. Il chante et danse comme un être à part, secrètement lié aux dieux. M. Miao, incarne la force du peuple bantou. Ses percussions sont l’écho de la savane africaine, on y entend chant et jungle, rugissements de lions, cris et douleurs. A leur écoute, on est comme troublé, pris entre danse macabre et joies infernales. Mr Alonso, jamais une basse n’a eu autant d’écho dans la Rumba. De part sa culture latine, il apporte le rythme du peuple incas aux chants BANTU.
Le Productor and manager : Michel Nzau Vuanda. Artistic Director : Catherine De Suza. Executive Producer : William Sil. Technical manager: Jérôme Simionato.
VIZUALIZIZ MUSIC: 27, avenue de l’Opéra 75 O01 Paris. Tel : 01 7O 38 54 4O
Fax : 01 7O 39 73 67
18:49 Publié dans EN LISANT EN CHANTANT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bantunani, musique, culture, ménilmontant, belleville, paris
vendredi, 23 mai 2008
BELLEVILLE MENILMONTANT CHANTE PAR ARISTIDE BRUAND
Qui s'appelait J.B. Chopin
Et qu'avait son domicile
À Belleville.
Le soir avec sa petite famille
Il s'en allait en chantant
Des hauteurs de la Courtille
À Ménilmontant, à Ménilmontant !
Il buvait si peu qu'un soir
On l'a retrouvé sur le trottoir
L'était crevé bien tranquille
À Belleville !
On l'a mis dans la terre glaise
Pour un prix exorbitant
Tout en haut du Père-Lachaise
À Ménilmontant, à Ménilmontant !
Ma soeur est avec Eloi,
Dont le frère est avec moi,
Le soir sur le boulevard y me refile
À Belleville
C'est comme ça qu'il gagne sa braise
Et son frère en gagne autant
En refilant ma soeur Thérèse
À Ménilmontant, à Ménilmontant !
Le dimanche au lieu de travailler
Ils nous montent au poulailler
Voir jouer le drame ou le vaudeville
À Belleville
Le soir, ils font leurs épates
Ils étalent leur culbutant
Minces des genoux et larges des pattes
À Ménilmontant, à Ménilmontant!
C'est comme ça que c'est le vrai moyen
De faire un bon citoyen,
Ils grandissent sans se faire de bile
À Belleville !
Ils crient "Vive l'Indépendance"
Y z'ont le coeur bath et content
Et barbotent dans l'abondance
À Ménilmontant, à Ménilmontant !
07:57 Publié dans EN LISANT EN CHANTANT | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : aristide bruand, belleville ménilmontant, rue du pressoir, paris, vieux paris, chanson, musique
vendredi, 25 avril 2008
LES DEUX MUSICIENS
Ils apparaissent une fois ou deux,
l’An
Quelquefois plus, comme la neige rare sur Paris
Leurs habits élégants sont beaux, blancs et noirs
Semblables aux images, belles, des rues d’autrefois.
Ils portent, tendus à leurs cous par des bretelles de cuirs,
Leurs instruments vieux de plus de trois cents ans.
Ils sont héritiers du jongleur médiéval
Du marchand de chansons ou crieur de chansons
Des joueurs d’accordéons, saltimbanques, joueurs d’orgues, chanteurs de rue.
Les enfants quand ils les voient s’écrient,
"Regarde maman… les musiciens avec leurs drôles d’instruments!"
Et tirant la main de leur maman ils courent s’asseoir
En ronde
Les deux musiciens alors se regardent souriants
Égrènent les premiers flocons, des ritournelles d’antan,
comme lorsqu’ils étaient rois de Paname.
L’un à l’accordéon, l’autre à l’organette à rouleaux
Les enfants et leurs mamans chantent avec eux
La petite orgue fait son effet
quatre fois plus grande qu’un vieux moulin à café
La manivelle entraîne le papier perforé, qui lui entraîne le soufflet,
l’air pur passe droit du soufflet dans le sommier
Et ça joue et ça chante
Les enfants les accompagnent et les mamans aussi
Puis ils crient ensemble
Revenez, ne partez pas, revenez
Les musiciens ! Revenez !
Bienvenu Merino
Paris le 10avril 2008
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