mardi, 16 novembre 2010
RENOVATION D'UN QUARTIER : BELLEVILLE / MICHEL VEROT

Photographie Michel Sfez
Dans le cadre du film documentaire à la BNF, en partenariat avec le SCEREN-CNDP, sera projeté le jeudi 25 novembre (18h30 - 20h), dans le petit auditorium du site BNF ❘ François Mitterrand, le film de Michel Vérot (en la présence du réalisateur) sur la destruction de Belleville dans les années 1960, film resté inédit depuis sa première diffusion.
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samedi, 21 août 2010
RUE DU PRESSOIR DANS LE 75020.FR/JOURNAL LOCAL DU 20e ARRONDISSEMENT

Le 75020.fr, journal local du 20e arrondissement de Paris, a souhaité faire connaître notre site. Trois questions me furent posées. Les réponses permettront, je l'espère, d'en savoir plus sur l'aventure et ses commencements.
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mardi, 25 mai 2010
LE SIECLE DE GERARD LAVALETTE

Vient de paraître aux éditions Parimagine
Gérard Lavalette a à son actif presque un demi-siècle de métier, plus de quarante ans de photographies à Paris, dont trente-deux, dans le 11e arrondissement. En tournant chaque page de son livre, Le Piéton du 11e, je ne suis pas surpris que Gérard Lavalette n’ait pas photographié la VILLE. En tous cas son Paris ne ressemble pas à Paris, la capitale. Son onzième arrondissement d’adoption, est plus une petite ville de province, dans le grand Paris, au mieux, je dirais, de ce qui reste d’un village d’autrefois, avec ses petits bâtiments et ceux qui les occupent, des hommes, des femmes et des enfants et avec ce petit monde, les corporations de petits métiers qui disparaissent ou qui sont en voie d’extinction. Les boutiques et les ateliers à chaque coin de rue et fond de cour ferment au fil des années, au fil du temps. Là est le charme et l’intérêt de ses reportages qui nous font retrouver ce qu’il reste des anciens villages, qui formaient autrefois Paris, et dont ce 11e arrondissement qui échappe encore au vertige des lignes modernes des immeubles rêvés par les promoteurs.
Le photographe, Gérard Lavalette, je dirais plutôt l’homme, le sait. Il va vite, très vite, pour ne pas oublier, pour qu’on n’oublie pas, pour ne pas être dépassé. Chacune de ses photos du 11e arrondissement donne l’alerte, signale un avertissement. On est à la limite d’une explosion d’un monde, le passé et le futur qui arrive à vive allure : ville de béton. Petite révolution crainte pour l’humain, cependant elle est déjà là, cette progression dévastatrice dans de nombreux arrondissements, infligeant aux parisiens quelque chose qui n’est pas de l’ordre de la nature. Et l’intérêt du photographe Gérard Lavalette, c’est qu’il prend le temps de nous faire découvrir les poches de résistance, là, dans son quartier, où l’oxygène manque moins, là où les silences de la campagne ne sont plus pour longtemps car les hommes qui construisent voient la ville en hauteur, en flèche, se moquant sans scrupules du besoin de repos de nos regards et tuant nos yeux fatigués de voir déjà si haut sans aucun vol d’oiseaux, sinon le ‘rapace’ qui tournoie sur les hauteurs de la ville pour mieux plonger sur sa proie.
Le photographe ne cherche pas le sensationnel, juste le vrai. Comme beaucoup de gens du métier, il sait qu’une grande réussite photographique n’est pas Edwin Buzz Aldrin saluant le drapeau américain sur la Lune, image prise avec l’un des appareil emportés par les astronautes lors de la conquête, même si c’est un instant inoubliable qui restera gravé pour longtemps dans la mémoire des hommes qui ont vécut l’événement.
Je me souviens, j’étais en plein cœur de l’Amazonie, lorsque Neil Amstrong, en premier, posa le pied sur la lune le 21 juillet 1969. Il était 21heures, heure locale au Pérou, à l’Orient du pays. Avec mon Pentax Asahi, j’immortalisai cet instant, la Lune, photographiée à des millions de kilomètres. Cependant, après mon déclic, l’ami indien assis à mes cotés, près de la rive du fleuve et contemplant le ciel et la Lune si éloignée me chuchota : « Avec la technologie, les hommes vont tuer la Lune. La Lune est là pour nous éclairer ». Depuis longtemps déjà il avait remarqué que les éclipses étaient de plus en plus nombreuses et le simple observateur qu’il était craignait déjà pour lui et les siens et pour son environnement et celui de la planète.
Mais qui sait ce qui restera dans les mémoires, de quelle image se souviendront les hommes, probablement pas celle de ce pigeon, seul, égaré, que Gérard a pu photographier à l’intérieur de la station de métro Charonne, près des voies ferrées de la RATP, comme si ce pigeon dans ce lieu rendait hommage aux drames que vécurent ici des hommes et des femmes, lors d’une charge policière ordonnée volontairement le 8 févier1962.
Ce pigeon était-il en pèlerinage ? Vieux volatile sur les traces de la douleur en repli, comme le furent obligés quelques parisiens luttant pour la liberté et combattus par leurs concitoyens tombés mortellement sans sommations et sans possibilités de se défendre face aux assassins d’Etat qui étaient alors au pouvoir.
Gérald Bloncourt, ne me démentira pas lui qui en tant que photographe couvrit l’événement pour un grand quotidien parisien.
Si les techniques photographiques sont importantes, parce qu’elles aident le photographe à produire une grande variété d’images ‘voulues’, la technique seule ne peut rendre l’originalité, ni une valeur esthétique. La photographie, au service de la science et de la technologie est insurpassable par sa valeur documentaire. Mais la plupart des photographes ne sont ni des scientifiques, ni des techniciens désireux de recueillir des documents. Ces photographes, dont fait partie Gérard Lavalette, sont des hommes passionnés qui souhaitent saisir des moments de vie et qui avec émotion ont ressenti à ce moment précis le besoin de mémoriser l’image, afin de mieux la faire connaître au-delà des gens du métier.
Saisir d’un clic des hommes et des femmes, des familles entières, des lieux humains et ce qu’il reste d’un patrimoine en voie de disparition, voilà le challenge, le dilemme de Gérard.



Je sais, ayant moi-même pratiqué la photo, que lorsque nous isolons les trois éléments essentiels d’une photographie, nous en comprenons mieux l’origine. Le premier est la forme, suivi de la tonalité et de la couleur. Nous pouvons combiner ces éléments pour donner trois qualités supplémentaires : le rythme, la texture et le volume. J’ajouterais ‘le coup de poing, ça c’est de l’ordre du miracle mais sans doute aussi du métier. Quel que soit le sujet traité, une photographie doit toujours contenir une de ces qualités et, ce que fait Gérard Lavalette, est de mettre l’accent sur l’une d’elles plutôt que sur les autres ? Le résultat de ce choix est une image qui exprime sa personnalité en tant que photographe, sa manière de voir les choses. Voilà le résultat : la ville n’apparaît que très peu - disons, elle apparaît comme il la voit - car le photographe qu’il est n’est pas intéressé par le Grand Paris. Comme s’il voulait rester dans son Paris, le protéger, même s’il sait que son effort sera vain. Mais l’extraordinaire c’est qu’il nous livre une œuvre formidablement humaine, des images sages, j’allais dire, mages. Non ! Restons sur ces mots, images sages.
Le noir et blanc, en photo est « abstrait », en ce sens qu’un des éléments réels - la couleur - fait défaut. En photographie, l’emploi du procédé noir et blanc demande une attention soutenue pour la composition et pour la juxtaposition des autres éléments essentiels, afin d’obtenir une bonne image. Gérard préfère le blanc et le noir, considérant sans doute l’obtention d’une épreuve de bonne qualité artistique comme une technique difficile et méritoire, ce que confirme les photographies de son livre, Le piéton du 11e, avec ces petits bâtiments, délaissant les chefs d’œuvres d’architectures, s’intéressant plutôt à une vieille devanture de magasin, à un kiosque à journaux, une usine désaffectée avec son poêle, pièce rare, dont je pourrais parler comme d’une œuvre d’art, chaque édifice ayant un caractère propre, sans oublier les personnages d’une époque, ce boxeur oublié, Pierre Morin, au talent certain avec sa gueule de doublure de cinéma, mon boulanger de la rue de Montreuil, soulevant comme un trophée le meilleur pain de Paris. L’image, c’est juste pour le photographe, ne croyez pas que le boulanger se glorifie comme un sportif, vainqueur après un combat. Dans son fournil il passe sa vie, toute sa vie, tout est là, son métier en famille, son œuvre, ses pains, chefs-d’œuvre fait de ses mains, pétrie aux poings enfarinés et pâles, signes de travail, d’espérance, d’offrandes.
Dans des photos, tout sujet contient une quantité de détails fascinants. Idéalement tout détail devrait être considéré en lui-même comme une image complète, la partie d’un tout mais une entité séparée. Les photographes apprennent vite à sélectionner et à photographier les détails : l’œil exercé sait reconnaître l’équilibre, l’harmonie, les nuances de tonalités et de couleurs où qu’il se trouve.
Très souvent des photographes attendent plusieurs jours, des semaines, parfois des mois avant de rencontrer l’événement atmosphérique qui transforme ce qui est banal en spectaculaire. Cette attente est souvent récompensée par la création d’une image hors du commun. Nous avons là, dans le livre de Gérard, la preuve des images prise de nuit dans des conditions sévères de climat. Pour les images de neige en effet, il y a des risques de surexposition ou de sous-exposition. L’une d’entre elles, Cour Faidherbe, page 66, que Gérald Bloncourt a légendé en quelques mots très significatifs, est d’une pure beauté : « … Rien n’est plus fort que le silence de Paris qui sommeille entre les grains d’argent d’une photographie, rien n’est plus sûr que quelques centimètres carrés qui deviennent mémoire… ». Gérald Bloncourt sait de quoi il parle, lui qui connaît si bien la photographie et la profession ne s’y trompe pas qui lui rend actuellement hommage aux quatre coins du monde.
Nous avons également, la photo de couverture du livre : La station de métro Charonne sous la neige, photo prise de nuit, dans le chamboulement hivernal d’une bourrasque de flocons où scintillent péniblement quelques lampes étouffées par la neige, intempérie qui apporte en fait de sérieuses limitations pour obtenir une image de belle qualité, et cette photo n’est pas évidente à réussir, cependant, là aussi, Gérard a su créer l’ambiance en captant l’atmosphère et l’isolement dans le mouvement de la vie.
Je voudrais dire quelques mots sur la dernière photo légère de quatrième de couverture : L’enseigne, passage l’homme. Comme au temps des gibets, voici une pendaison mais bien plus humaine que celle qui s’exerçait autrefois sur les potences, place de Grève. Le photographe en fixant le fauteuil rouge, a-t-il fait le rapprochement avec ce passé peu glorieux de notre France ?
Comme je n’aime pas terminer sur un point d’interrogation, j’ajouterai quelques lignes, une affirmation. Le 11e arrondissement discret et si bien vu par Gérard est peut-être moins touristique que d’autres, mais notre arrondissement a joué un rôle exceptionnel dans l’histoire de notre capitale et de notre pays. Il fut au cœur du Paris révolutionnaire et des grandes révoltes ouvrières du XIXe siècle.
Avec la place de la République, de la Bastille, Léon Blum (Voltaire) et la place de la Nation qui sont toujours des lieux de rassemblement du militantisme et des libertés, lieux de rencontres d’hommes, de femmes et d’enfants, épris de justice, revendiquant leurs pleins droits, le 11e arrondissement n’a rien à envier aux autres arrondissements de Paris.
Arrondissement édifié peu à peu autour de l’Abbaye de Saint-Antoine et érigé au tout début du XIIe siècle sur des marais alimentés par les ruisseaux qui descendaient des collines de Belleville et de Ménilmontant. Par différentes faveurs royales, les corps de métiers purent travailler librement sur le vaste domaine de la communauté religieuse en exemptant de la maîtrise les ouvriers qui y travaillaient.
Aujourd’hui, face aux évolutions du marché du meuble et de la spéculation immobilière, les métiers et les activités du faubourg Saint Antoine subissent une véritable mutation. C’est toute la diversité et la spécificité de multiples traditions artisanales et l’existence même de certains métiers qui sont en jeu. Le livre de photographies de Gérard Lavalette est un témoignage qui arrive à temps, avant que n’arrive l’insupportable que fait subir aux habitants de ces quartiers encore tranquilles, les manigances de la modernité et de la vie à toute vitesse.
Pour conclusion, je voudrais signaler le texte de présentation de Gérard Lavalette et l’intéressante préface d’Olivier Bailly, ainsi que les textes et légendes d’auteurs d’une haute tenue littéraire et poétique, ceux de Christelle Jugé, Claude Dubois, Cédric Klapisch, Gérald Bloncourt, Dominique Krasnokoutsky, Guy Darol, Isabelle Répiton et votre serviteur. Bienvenu Merino
EXPOSITION LE PIETON DU 11e
DE
GERARD LAVALETTE
DU 31 MAI AU 11 JUIN 2010
SALLE DE LA MAIRIE DU 11e
Du lundi au vendredi de 10h à 17h
(nocturne le jeudi 3 juin jusqu’à 19h30)
Vernissage lundi 31 mai 2010 à 18h

Le livre Le piéton du 11e est disponible en librairie
Un stand de vente des éditions Parimagine sera présent à l’exposition
Informations : Mairie du 11e
12, place Léon Blum 75011 Paris
Métro Voltaire
Tel : 01 53 27 11 11
CONSULTER
http://www.parisfaubourg.com/
http://www.pariscool.com/index.html
http://flickriver.com/photos/gerard_lavalette/popular-int...
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samedi, 22 mai 2010
EN REMONTANT LA RUE VILIN/BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE/MARDI 8 JUIN

Absolue rareté, le film de Robert Bober En remontant la rue Vilin, cette rue témoignée par Georges Pérec qui y vécut, sera projeté à la Bibliothèque Nationale de France, le mardi 8 juin à 12h30 au Petit Auditorium de la Bibliothèque Nationale de France. Entrée Libre.

En remontant la rue Vilin, de Robert Bober (1992) : Georges Pérec naquit et vécut enfant dans cette rue de Belleville à Paris, aujourd’hui détruite. Le cinéaste revient sur les traces de son ami à partir des textes mêmes de l’écrivain et de très nombreuses photographies.
A PROPOS DU FILM, CONSULTER LA PAGE EVENEMENT DE LA BNF
BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE
Quai François-Mauriac
75706 Paris Cedex 13
Téléphone : 33(0)1 53 79 59 59
Lignes 6 (Quai de la gare), 14 et RER C (Bibliothèque François-Mitterrand)
Lignes 89, 62, 64, 132 et 325
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mercredi, 07 avril 2010
BIENVENU MERINO EXPOSE/DU 15 AVRIL AU 15 MAI 2010

04:04 Publié dans DES PLANS SUR NOTRE COMETE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bienvenu merino, exposition, art, paris, avril 2010, mai 2010 |
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mardi, 16 février 2010
MIGUEL EGANA EXPOSE

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jeudi, 28 janvier 2010
GERALD BLONCOURT A CAFE PICOULY

Notre complice Gérald Bloncourt est l'invité de Café Picouly sur la 5 vendredi 29 janvier, à 21h30, au sujet d'Haïti. Ne le manquez pas. Allumez téloche et ouvrez quinquets !
CONSULTER
PHOTOGRAPHIES DE GERALD BLONCOURT
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lundi, 26 octobre 2009
WEBPROMENADE DANS BELLEVILLE
Je ne suis pas le seul à aimer Belleville (et je m’en doutais) et j’ai découvert il y a déjà un petit bout de temps un petit blog tourné vers « le Belleville d’antan » : Rue du Pressoir. Alors pourquoi la rue du Pressoir, qui est une petite rue de Belleville à la suite de la rue de Tourtille ? L’auteur, Guy Darol, veut témoigner de l’esprit de cette rue, avant sa « défiguration » en 1966. Témoignages, photos anciennes, livres, Guy Darol en profite pour faire découvrir un peu de l’esprit de ce vieux Belleville qui soufflait alors de la rue du Pressoir à la Rue des Pyrénées en passant par la rue Vilin, autre rue emblématique du quartier…
Le rétrospectif et futurible site BELLEVILLE BELLEVILLE signale notre Rue du Pressoir. Il faut y aller voir pour flâner, pour flâner toujours dans les rues d'hier et d'aujourd'hui. Car tout comme La Commune, Belleville n'est pas morte.
CONSULTER
LE SITE DE BELLEVILLE BELLEVILLE
BIENVENUE À Belleville Belleville
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mercredi, 05 août 2009
NOSTALGIE

Le dernier et tout récent billet de Guy Darol m'a incitée à relire tous nos témoignages figurant sur le site.
Notre rue du Pressoir ! Notre quartier ! Uniques et pourtant si divers.
Adolescents des années 60, les vôtres, n'étaient déjà plus les miens. La guerre était passée par là et l'érosion des années s'en était trouvé amplifiée. Savouré le retour à la paix, la diffusion accélérée de l'information, l'entrée en second cycle, nous ouvraient des horizons et entraînaient avec elles des aspirations à un mieux être matériel qui nous paraissait légitime.
Le cataclysme qui vous a frappés ne fut pour moi, sur le moment, qu'une évolution souhaitable des conditions de vie et je ne comprenais pas complètement la nostalgie qui envahissait par avance « les parents ». J'en avais assez des wc à mi-étage, des cuisines où l'on devait aussi faire sa toilette, des logements exigus qui ne permettaient de faire ses devoirs que sur un coin de table et du lit-cage qu'il fallait ouvrir chaque soir. L'adolescence est le plus souvent rebelle (il me paraît d'ailleurs tout à fait sain qu'elle le soit) et la chaleur familiale ne compensait pas le sentiment de frustration qui m'habitait.
Les années qui passent écrèment les souvenirs. Certes si l'on n'oublie pas les mauvais, les bons prennent le dessus et se parent d'une aura que l'on savoure et souhaite partager. Je dirais même qu'ils font partie d'un patrimoine que l'on se sent en devoir de transmettre.
Moi aussi maintenant je déplore ce qui me semble être l'inhumanité des constructions qui ont remplacé nos maisons, le manque de petits commerces générateurs de rencontres, et la froideur de cet urbanisme de béton sans détours et sans surprises. Et pourtant... Qui sait si, imperceptible à nos yeux, une vie de quartier n'existe pas ? Le melting pot n'est plus le même, mais il est là. Les petits africains qui jouent autour des placettes de Belleville avec des petits sépharades tunisiens ou des petits asiatiques, fréquentent les mêmes écoles. Ils se fabriquent leurs souvenirs. Leurs parents ont déjà eu le temps d'engranger les leurs et je ne doute pas qu'ils sont attachés à leur « rue du Pressoir ».
Comme j'aimerais qu'ils se joignent à nous sur le site pour nous faire connaître leurs sentiments ! Lucile
06:59 Publié dans DES PLANS SUR NOTRE COMETE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rue du pressoir aujourd'hui, mémoire des rues, mémoires d'un vieux quartier, belleville 2009, ménilmontant 2009 |
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lundi, 22 juin 2009
L'EPISODE D'UNE MARCHE AUTOUR DE PARIS

La voyageuse de la petite ceinture (Gérard Lavalette)
Bien après les exploits, de Jules Ladoumègue, Alain Mimoun et l’explorateur Emile-Louis Victor, j’ai fait, avec Judith, rencontrée le matin même, au milieu des voies du chemin de fer, le tour de Paris par l’ancienne Petite Ceinture. Une autre surprise inopinée se présenta à nous, un lion, piéton de la Savane.
Ce n’est pas rien ces voyages, même s’ils ne nous éloignent pas de notre ville. Mais ça compte dans la vie. Depuis longtemps, c’était un de mes souhaits, faire le tour de Paris par la Petite Ceinture. Déjà, dans les années 1970, mon expérience dans le désert du Sahara m’avait conforté de continuer le voyage : Canada, Alaska, Etats-Unis, en empruntant certains itinéraires de Jack Kerouac, William Burroughs, Frank Zappa et Jack London qui devaient m’emporter dans l’Amérique de mes rêves d’adolescent. Au Mexique, avec SES HOMMES ET SES FEMMES « je pris contact avec la terre rouge, et elle pue comme elle embaume ; elle sent bon comme elle puait », criait Antonin Artaud. « C’est un dimanche matin que le vieux chef indien m’ouvrit la conscience d’un coup de glaive entre la rate et le cœur : " Ayez confiance , me dit-il, n’ayez crainte, je ne vous ferai aucun mal ", et il se recula très vite de trois ou quatre pas, et, après avoir fait décrire à son glaive un cercle dans l’air par le pommeau et en arrière, il se précipita sur moi, en avant, et de toute sa force, comme s’il voulait m’exterminer. Mais c’est à peine si la pointe du glaive me toucha la peau et fit jaillir une toute petite goutte de sang. Je n’en éprouvai aucune douleur mais j’eus en effet l’impression de me réveiller à quelque chose à quoi jusqu’ici j’étais mal né et orienté du mauvais côté, et je me sentis rempli d’une lumière que je n’avais jamais possédée. »
Ces moments privilégiés si fascinants ne vous permettent plus de mettre terme à la route. L’Amérique Centrale, les volcans du Salvador, du Nicaragua, du Costa Rica, Panama, les îles San Blas, et plus au sud, la majestueuse Cordillère des Andes, en aiguilles, et sa population Quechua toujours accueillante, jamais austère, là-haut, villages-nids, rares, se confondant avec les nuages, à plus de 4000 mètres, où seuls, quelques hommes, femmes, enfants, aigles et condors demeurent et tentent de vivre. Puis, revenir heureux de ces rencontres, descendre de la montagne, un peu soulagé d’avoir vu la réalité, comment vivent de vrais groupes de familles humaines. Mais peiné de repartir et de les laisser seul à leur sort. De retour dans la plaine et les Cayons, naviguer, sur les traces de Magellan, avec les derniers Alakalufes, entre pics et lacs, sur les Canaux de Patagonie, au Chili, en Argentine et Terre de Feu. Aller la conscience plus tranquille, soulagée de ne pas avoir, en quelques sortes, oublié ces êtres abandonnés, en perdition peut-être !
Et Paris enfin ! Dans ma ville, y découvrir le laid et le beau confondus. Les expériences faites dans certains pays lointains, royaume des Mayas et des Incas, m’ont appris qu’il fallait pénétrer, non seulement le cœur de la Cité mais aussi ses alentours, observer la ville de l’extérieur, ses murs de soutien, juste là, aux flancs de son ventre, sous ses jambes, pénétrer son nombril, parcourir ses parois creuses, sombres et caverneuses, égouts tortueux du moyen- âge, caresser, du moins des yeux, sa richesse, depuis sa vaste coupole ventrale de pierres jusqu’à la moelle de son ossature, s’aventurer sous le squelettique bassin, campé sur ses solides jambes, mais fragilisé, qui soutient encore le cœur de la Cité, s’approcher des sous-sols de glaise, à petites brasses, des vestiges, de ce qu’était l’église Saint-Etienne, décapitée, et laissée pour morte sous Notre-Dame, surveiller les dessous de la Cathédrale de Paris et ses fondations millénaires souffrantes d’avoir tant portée de lourds fardeaux en changements successifs depuis que notre ville est ville. L’œil capte et nous transmet tous les mouvements de la beauté et de la laideur, et à défaut du bien, le mal nous interpelle et crie : GARE HOMME ! Observer et reconnaître les efforts subits par la ville et voir ressurgir de ses entrailles les restes de Lutèce, sa momie, notre berceau assombri, comme un nouveau-né mort-né, par le travail de construction, de destruction et reconstruction des hommes avec leurs inquiétudes, sachant eux-mêmes qu’ils sont démunis, devant l’immensité de la tâche, mais essayant de sauver les vestiges qui portent la Cité, en préservant pour sa survie tout ce qui la maintient debout. Mais les hommes ne sont pas dupes, ils savent que là il n’y a pas beaucoup de place pour la Nature, faune et flore.

Heureux encore, que la Petite Ceinture, tout autour de Paris, en raison de sa richesse biologique et ses aspects paysagers, historique et géographique, constitue un espace unique. Initialement consacrée au transport de passagers et au fret de marchandise, elle est aujourd’hui un lieu calme, rendu à la nature. Véritable corridor écologique, elle offre des voies d’accès depuis l’extérieur de Paris à de nombreuses espèces qui y trouvent refuge. La Petite Ceinture est une ancienne ligne de chemin de fer à double voie, longue d’environ 32 kilomètres, qui encerclait Paris à l’intérieur des boulevards des maréchaux. Construite de 1852 à 1869, elle garantit le transport de marchandises et de voyageurs au fil de ses 29 stations jusqu’en 1934. A cette date, le trafic voyageur fut remplacé par une ligne de bus du même nom (P.C.) sur les boulevards des Maréchaux. Seul le tronçon allant de Pont Cardinet à porte d’Auteuil fonctionna jusqu’en 1985, avant d’être, en partie raccordé à la ligne C. du R.E.R. Aujourd’hui les voies ferrées de la Petite Ceinture sont désaffectées dans leur majeure partie. Seule, dans le nord de Paris, une partie du réseau est encore raccordée aux gares de l’Est et du Nord et sert occasionnellement au trafic de matériel ferroviaire et de fret. Dans le 12e arrondissement, situé dans le prolongement du square Charles Péguy, 21 rue Rottembourg, ce secteur de l’ancienne ceinture ferroviaire a été emménagé de manière à accueillir un jardin partagé et un sentier nature, long de plusieurs centaines de mètres, permettant d’aborder la diversité biologique de la ville à travers 3 stations consacrées à la prairie, le taillis (ou boisement en formation) et le boisement. Grâce à sa signalétique, le parcours propose de découvrir les plantes et les animaux caractéristiques de ces types de milieux. Un jardin partagé de la Petite Ceinture dans le 12e arrondissement est constitué de deux parcelles mises à la disposition, graine de partage qui compte y développer de nombreuses activités et notamment des actions pédagogiques avec les écoles. Pour accueillir les parcelles de jardin partagé et le sentier nature, d’importants travaux ont été mis en œuvre et la nature sauvage des lieux fortement bouleversée. Des actions de régénérations sont en cours pour rendre aux différents milieux leur visage d’origine. Des graines ramassées sur la Petite Ceinture ont été ressemées et des jeunes plants d’arbres forestiers ont été plantés pour accélérer le retour du boisement. Relayant les espèces réintroduites, les espèces sauvages vont progressivement se réinstaller d’elles-mêmes et permettre aux parcelles de retrouver leur aspect sauvage. Dans le 16e arrondissement, ce site exceptionnel, situé entre la porte d’Auteuil et la porte de la Muette, offre un lieu de découverte d’une richesse rare dans un cadre naturel inattendu en ville. Pour guider les intéressés à la découverte de sa diversité biologique, un parcours long de plus de 1500 mètres, ponctué de 6 étapes nature, présente les lieux à travers ses stations écologiques les plus représentatives.
Mais que deviendront d’ici quelques années ces trente-deux kilomètres verts extraordinaires de ce corridor, véritable temple de la nature. Beaucoup d’entre-nous s’interrogent ; et lorsque vous marchez et gambadez dans ce sillon, ENCORE PLEIN D’ESPOIR, au milieu de beaux papillons dansants, d’abeilles travailleuses, de lapins reproductifs, de cochons roses éclatants en liberté, de poules protégeant ses poussins au plumage d’or, de coqs aimants, à la crête frisée avachie, silencieux d’avoir absorbé les gaz carboniques des voitures et camions, brûlant leur poumon et leur gorge ne faisant entendre que quelques toux timides, des respirations qui montent tout doucement dans le larynx, comme si ces coqs dans l’effort voulaient retrouver leur chant et chanter l’Internationale. Hurler à la mort. Se venger. Venceremos. Certains coqs éduqués ont acquis le langage du CHE, lorsque celui-ci, blessé mortellement en Bolivie, parlait à ses hommes pour aller à l’assaut dans son dernier combat ou, lorsque bien des années avant, alors qu’il était ministre de la république Cubaine, et qu’il se rendit au siège de L’ O.N.U., à New-York, Ernesto Che Guevara fit un discours où tous les représentants du monde se levèrent pour le saluer. Même sa Sainteté n’a été aussi bien respectée ! Ces coqs connaissent les vocalises montantes de Fidel Castro à Santa Clara, lors de la victoire sur Batista. « Le peuple unis jamais ne sera vaincu ». Je sais maintenant que ces coqs, élevés et formés ici, refuseront les finales sportives de toutes les compétitions, qu’ils ne seront plus présent lors des exhibitions au Stade de France devant un ballon rond ou ovale, qu’ils cracheront à la gueule du gardien de la raison, qu’ils siffleront Sarko et Fillon. Oh ! Je sais que, s’ils échappent à la mort, on les conduira à la Conciergerie, là même, où Louis XVI attendit son jour. Où Marie Antoinette quelques mois plus tard fit sa dernière toilette.
« LE POULAILLER DE SARKOZY », pourrait-on lire à LA UNE du quotidien Libération, avec, en coin de première page, la photo du visage rouge de Daniel Cohn-Bendit, riant à gorge déployée, le bras autour du cou du Président, tout en se curant le nez et en le tutoyant, le poussant à coups d’épaules vers le bas du perron, comme pour lui signifier : « Nico t’es foutu, à la prochaine Présidentielle t’es viré, je te fais déguerpir, retourne en Hongrie, Bayrou t’aidera à faire les valoches, dégage ». Et si nous savons qu’il a un dauphin dans son clan, au nom de Jean Sarkozy, son fils cadet, ne vous faites pas d’illusion. Si l’idée est de forger une dynastie pour la république, la république résistera. Il n’y aura pas une dynastie Sarkozy comme il y a eu une dynastie Bush. Karl Marx disait : « L’histoire se répète parfois. La première fois, c’est une tragédie, la seconde fois c’est une farce. »
Puisque je parle des choses courantes de la vie, et non de politique ni de justice, je sais que les serviteurs de l’Etat actuel sont trop respectueux pour envoyer des animaux dans de beaux édifices de la Ville, là d’où partirent pour l’échafaud un roi et une reine. Madame la ministre de la justice devra trancher. Je crains que Madame, après une rapide décision fasse conduire les coqs, en bordure de Seine, quai de la Mégisserie, non pour une promenade, mais pour une mise en cage, avant d’être vendu aux Emirats Arabes, et nous savons déjà que le cours de la Bourse grimpera avec une rapidité affolante. Pareil à New-York, à Wall Street, The Financial District sera en alerte, tous au clavier et au téléphone, ça va bouger, ça bouge, le chant du coq prend de la valeur, le cri du coq alerte, fait tanguer les milieux. Mister Fric. Oh ! Comme aujourd’hui je suis heureux d’être là ! Je me dis que nous avons encore beaucoup de chance de pouvoir humer, sentir, respirer, flairer, jouer, danser, s’aimer ! Et si quelques-uns taguent, c’est parce qu’ il reste encore des murs horriblement laids à embellir, il reste peu de temps pour profiter d’une liberté acquise, il y a peu d’années pour s’exprimer avant que les gardes mobiles s’installent là, dans des casernes circonférencielles, alors que tout au long de ce parcours, encerclant les arrondissements de la capitale, notre cou se tord vers la ville, nos yeux se tournent vers l’intérieur de la Cité et vers l’extérieur, et se clot douloureusement à la vue de certaines horreurs montées en chapiteau de cirque de ciment et verre fragile. En bordure de cette ceinture périphérique, où de tout son long des barres de béton s’alignent honteusement, dominos éparses que des joueurs de l’Etat ont laissé construire sans scrupules, dont rien ne peut cacher que des hommes se sont trompés sur la vraie réalité de la nature. Vaisseaux armés de béton immuables, clapiers fabriqués par des hommes pour les hommes, voies sans voies d’issues ou alors, menant au chaos voulant faire taire les voix de quelques écologistes récalcitrants, qui contestent le matérialisme et le consumérisme des sociétés industrielles et tout ce qui est y est lié. Des hommes et des femmes qui aspiraient à une sorte de fraternité universelle pour laquelle ils espéraient de belles idées techniques dans des sociétés industrielles traditionnelles, ce complexe idéologique. Certains jeunes se sont installés là, sous des tentes et abris de fortune, bâches transparentes ressemblant à des chewing-gums soutenus par quatre bâtons, par refus de l’autorité, d’abord parentale, et tout ce qui en découle : toute domination de l’un et de l’autre, cherchant à vivre libre, cherchant simplement à vivre. Mais que les difficultés quotidiennes font fuir de ces minces ilots de verdure où déjà on les pousse à quitter ce Paradis qu’ils s’étaient construits eux-mêmes, avant que les politiques fassent leur choix. Les sociétés occidentales ne se voient plus clairement dans le miroir du futur ; elles semblent hantées par le chômage, gagnées par l’incertitude, intimidées par le choc des nouvelles technologies, troublées par la mondialisation de l’économie, préoccupées par la dégradation de l’environnement et fortement démoralisées par une corruption galopante. De surcroît, la prolifération des « guerres ethniques » répand sur ses sociétés les relents d’un remords et comme un sentiment de nausée.
Pour finir cette promenade qui a les effets d’un beau voyage de connaissance, rien de tel autour de Paris que d’aller par des chemins creux, entre des voies de chemin de fer presque naturelles dans un paysage qui semble si loin de notre vie habituelle, si loin de la ville aux traverses d’odeurs de miel d’abeilles qui nous transportent si joliment vers l’enfance et les récréations.
Remerciements : Merci à Gérard Lavalette qui accourut à mon appel pour immortaliser cette fin de journée et réussit à faire quelques portraits. Un immense merci à Judith, qui sut si bien s’y prendre pour dompter le fauve et nous sortir des tracas. Bienvenu Merino

Et merci à Patrick Naudier pour le montage du diaporama.
14:49 Publié dans DES PLANS SUR NOTRE COMETE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : petite ceinture, voyage autour de paris, paris, artaud, bienvenu merino, karl marx |
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