dimanche, 01 novembre 2009
RUE D'EUPATORIA

La rue d'Eupatoria, qui longe le côté nord de l'église, a été ouverte en 1852 ; elle s'est appelée la rue de l'Alma jusqu'en 1864. Source : Evocation du vieux Paris, volume 3, Jacques Hillairet.
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jeudi, 29 octobre 2009
BELLEVILLE DANS LES AGENDAS DE JEAN FOLLAIN

Jean Follain, dans ses Agendas publiés en 1993 par Claire Paulhan, évoque ainsi Belleville, le vendredi 30 octobre 1942 :
"Après avoir été en vain à la Petite Roquette, je remonte les Boulevards jusqu'à Belleville et sous une pluie battante... Après avoir mangé en compagnie de Guillevic, nous allons aux Folies-Belleville où chante Fréhel. Divers bons numéros : l'illusionniste levantin, la jeune Antillaise aux belles cuisses, la noce grotesque aux visages de personnages peints sur des dos de femmes et la figure du marié sur une jeune poitrine et les yeux sur les seins ..."

Première édition des Agendas 1926-1971 :
Editions Seghers, collection Pour Mémoire
642 pages
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lundi, 26 octobre 2009
WEBPROMENADE DANS BELLEVILLE
Je ne suis pas le seul à aimer Belleville (et je m’en doutais) et j’ai découvert il y a déjà un petit bout de temps un petit blog tourné vers « le Belleville d’antan » : Rue du Pressoir. Alors pourquoi la rue du Pressoir, qui est une petite rue de Belleville à la suite de la rue de Tourtille ? L’auteur, Guy Darol, veut témoigner de l’esprit de cette rue, avant sa « défiguration » en 1966. Témoignages, photos anciennes, livres, Guy Darol en profite pour faire découvrir un peu de l’esprit de ce vieux Belleville qui soufflait alors de la rue du Pressoir à la Rue des Pyrénées en passant par la rue Vilin, autre rue emblématique du quartier…
Le rétrospectif et futurible site BELLEVILLE BELLEVILLE signale notre Rue du Pressoir. Il faut y aller voir pour flâner, pour flâner toujours dans les rues d'hier et d'aujourd'hui. Car tout comme La Commune, Belleville n'est pas morte.
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LE SITE DE BELLEVILLE BELLEVILLE
BIENVENUE À Belleville Belleville
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mercredi, 21 octobre 2009
BELLEVILLE-MENILMONTANT VU PAR JEAN FOLLAIN

« Il faut toujours recomposer la carte du tendre. Le chemin qui suivaient femmes et gars des hauteurs de la Courtille a depuis été remué par la pioche ; mais les cieux restent les mêmes, ils soutiennent les mêmes nuances fines ; ils sont peints avec les fumées qui montent de partout, du petit café-restaurant comme de ces appartements riches où les meubles en bois noir de style 1880 reprennent faveur aux yeux des dernières indolentes qui, ravies à des terres lointaines, fument le tabac de la régie turque. Quant aux fumées usinières, le ciel les reçoit aussi, le vieux ciel bleu du Moyen Age à l'escalade duquel veulent monter certains pourvoyeurs de rêves, auteurs, par ailleurs, de fort beaux poèmes d'amour. (...)
Rue de Belleville, à la devanture d'une marchande de couronnes mortuaires, on a mis en montre une petite bicyclette en perles commandée spécialement par la famille d'un coureur cycliste, pour honorer la mémoire du champion dont elle était fière. Une impalpable poussière de farine venue de la boulangerie voisine tourne autour de la petite bicyclette funéraire.
Le dernier des hommes-orchestres joue dans un bistrot dont le patron a la nostalgie des louis d'or et où l'odeur d'une savonnette à la violette fait légèrement se gonfler les ailes du nez d'une jeune ouvrière.
Rue des Cascades, dans le jardin de la guinguette en contrebas, des lurons jouent aux boules la veste tombée.
Rue des Envierges s'allume à peine la petite boutique poussiéreuse montrant en devanture un globe terrestre, un bâton d'encre de Chine à lettres d'or, des cartes-lettres à filet rouge.
Des filles à petites oreilles, d'immenses et tristes cinémas, les grises maisonnettes de l'allée des Soupirs donnent à Belleville une préciosité sombre, glorieuse et tendre. »
Extraits de Paris par Jean Follain.
Ce livre publié en 1935 chez Corrêa a été réédité en 1978 puis en 2006 chez Phébus (collection Libretto) avec une préface de Gil Jouanard.
JEAN FOLLAIN
Paris
Editions Phébus
185 pages, 7,50 €
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JEAN FOLLAIN PRESENTE PAR OLIVIER BARROT
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samedi, 26 septembre 2009
EUGENE DABIT/LE VIEUX BELLEVILLE

Citée par le grand historien de Paris qu'était Louis Chevalier (il y vécut), décrite par Jacques Hillairet dans son Évocation de Paris en trois volumes, la rue du Pressoir n'apparaît que rarement dans les pages de la Littérature. Clément Lépidis ne l'oublia pas et nous ne l'avons trouvé (pour le moment) sous aucune autre plume. Comme si on en faisait le tour. Serait-elle un hameau perdu de Belleville ? Un obscur chemin vigneron ? Avec Eugène Dabit, populaire auteur de Petit Louis, d'Hôtel du Nord, nous n'en sommes jamais loin. Mais c'est surtout dans Faubourgs de Paris que son odeur transpire. Là, le romancier fraie des voies, ouvre des portes et nous marchons dans son sillage parmi les souvenirs de ce que fut la rue du Pressoir et ses environs avant démolition. On y retrouve le cinéma Cocorico, les cafés Le Point du Jour, La Vielleuse « où s'alignent dix billards qu'entourent dès six heures les joueurs en bras de chemise. » Voici La Bellevilloise, Les Folies-Belleville, le ciné Floréal. « Fracas des autobus, rumeurs ; enseignes, réclames étincelantes (...) Les trottoirs ne sont pas assez larges, on marche sur la chaussée. » La rue de Belleville et sa ruée nous sont décrites dans un luxe d'images et de sons. On croirait une fenêtre ouverte tant la vie est palpable. « A Belleville, on trouve peu de fonctionnaires, peu d'employés. Dès qu'ils peuvent, singeant leurs chefs, ils vont s'installer à l'ouest de Paris. » Eugène Dabit poursuit de sa lumière ouvriers, apprentis, manœuvres. « C'est ici qu'on naît, vit et meurt ; qu'on travaille et qu'on aime, sur sa terre natale. » Pour Dabit, Belleville n'a de racines que parisiennes. Avec lui, la couleur des rues est celle de la suie mais tous les visages resplendissent. Pour peu, on se croirait ailleurs, dans quelque cambrousse. Du reste l'herbe y pousse. La végétation se rebelle contre le macadam. Guy Darol

LIRE
EUGÈNE DABIT
FAUBOURGS DE PARIS
GALLIMARD, Collection L'Imaginaire
CONSULTER
FAUBOURGS DE PARIS AUX EDITIONS GRANDS CARACTERES
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lundi, 21 septembre 2009
BELLEVILLE ET LES ARCHIVES DE L'INA
Les Archives de l'INA fourmillent de témoignages télévisés montrant ce que fut Belleville dans les années 1950. Souvent le passeur se nomme Clément Lépidis, l'auteur de Des dimanches à Belleville et de de Je me souviens du 20ème arrondissement. Je ne saurais trop recommander d'y aller faire un tour. La visite est le plus souvent gratuite.
Pour commencer, suivez ces pistes :
BELLEVILLE 1956
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dimanche, 13 septembre 2009
LA BOUTIQUE DE MONSIEUR ET MADAME GILLES

Au 23-25 de la rue du Pressoir c'est là que je suis née, c'est là que je vécus les 19 premières années de ma vie et au fil du temps j'ai bien évidemment tissé des liens précieux avec certaines personnes.
Monsieur et Madame Gilles font partie de mes plus tendres souvenirs, leur épicerie se situait en angle de l'immeuble du 23 surnommée, par beaucoup, la boutique rouge. Nous y trouvions de tout et en plus, la maison faisait crédit ce qui rendait bien des services à certains.
Monsieur Gilles, un personnage grand et sec, toujours vêtu d'une blouse grise. Madame Gilles, petite bonne femme brune et boulotte portant un tablier bleu marine, une mitaine en laine, à la main gauche, ne laissant dépasser que le bout de ses doigts. Mauvais souvenir d'un couteau trop bien aiguisé lui ayant sectionné un tendon.
Si mes souvenirs sont bons, tous les deux étaient d'origines Auvergnates, pas d'enfant, la vie en avait voulu ainsi. Des gens charmants, serviables que j'appréciais et que j'aimais regarder travailler. J'attendais que Monsieur Gilles rate la coupe d'une tranche de saucisson, je savais que cette tranche serait pour moi. Enfant, très souvent je me retrouvais avec eux dans la boutique, ils m'aimaient bien.
Je me rappelle, face à l'entrée du magasin se trouvait un grand comptoir dont une partie se soulevait pour passer derrière ce comptoir où trône la balance et ses poids. A côté de cette porte de passage, le réservoir à lait et juste derrière, sur la droite, l'arrière boutique. Sur la gauche, un retour de comptoir où sont alignés les bocaux de bonbons et au fond, une porte donnant sur un petit couloir avec un escalier menant à leur appartement. En face de cet escalier, une porte ouvrant sur la courette où se trouvaient les minuscules fenêtres des cuisines du 23.
Une petite anecdote qui reste dans nos mémoires, la gentillesse de Monsieur Gilles faisait qu'il gardait, pour ma sœur aînée Monique, les croûtes de gruyère et de ce petit manège entre Monsieur Gilles et ma sœur, il en a été bien trop vite déduit, par certains clients, que ma sœur ne mangeait pas à sa faim. C'était juste son pêché mignon, pour ma sœur les croûtes de gruyère et pour moi le saucisson.
Les jours de fermeture de la boutique, si ma mère avait besoin, j'étais autorisée à passer, par derrière, comme je disais, Monsieur et Madame Gilles étaient toujours présents pour me servir.
Un dimanche matin, maman m'envoya chercher quelques courses, je devais avoir 13 ou 14 ans, je passerai donc par ce couloir entre la loge de la concierge et l'escalier du 23, un petit couloir étroit, le noir complet, comme à chaque fois j'ai peur, ce couloir oblique sur la gauche et laisse apparaître la lumière du jour et enfin j'arrive dans la petite courette. Au fond se trouve la porte de Madame Gilles, à côté, sur la gauche, sont entassées des cagettes, comme à mon habitude je frappe et Madame Gilles vient m'ouvrir.
Je revois distinctement ce jour sans pourtant me rappeler l'année exacte, je vois, encore, Madame Gilles m'ouvrir sa porte, la refermer derrière moi et m'annoncer la mort de Monsieur Gilles, dans la nuit, d'une crise cardiaque. A ce moment, je suis devant l'escalier, je lève la tête et mon regard se fige, un instant, vers le haut de cet escalier, j'imagine Monsieur Gilles reposant au 1er étage. Madame Gilles ne pleure pas, elle est seule, elle m'entraîne dans la boutique pour me servir. Je repars bien triste, je vais prévenir mes parents. Jamais je n'oublierai Monsieur Gilles.
Comme les monts d'Auvergne, Madame Gilles est robuste et très courageuse, elle continuera seule, je l'aiderais à porter et à rentrer, dans l'arrière boutique, les caisses de vins et autres boissons, il n'y a plus beaucoup de force dans cette main accidentée, il lui faut un peu d'aide, je suis là.
Une sacrée bonne femme Madame Gilles, je ne l'ai jamais revue après mon départ en 1966, juste un au revoir et je le regrette. Il me reste, malgré tout, en mémoire tant de souvenirs. Josette
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dimanche, 02 août 2009
MEMOIRES SUR LA RUE DU PRESSOIR, 1960-1967
En 1960, après notre mariage, nous sommes venus habiter le 25 de la rue du Pressoir. A cette époque, j’étais Pompier de Paris, caserné dans le 7e arrondissement, et mon épouse, aide-soignante à l’hôpital Saint-Antoine. Nous avions repris le petit deux-pièces, au quatrième étage donnant sur la rue. Il était occupé jusqu'alors par la sœur et le beau-frère de mon épouse, les parents de Guy. J'ai un immense souvenir de cet appartement propret et clair, ensoleillé, et confortable à la fois. Il possédait une petite cuisine toute équipée, eau froide et chaude sur évier, rare dans ces vieux immeubles où la fontaine d'eau courante se trouvait sur le palier. Bref, pour nous, jeunes mariés, c'était féerique. Pour parfaire ce bonheur, une petite fille est venue au monde l'année suivante. Notre voisine de palier, s’appelait Régina, une polonaise d’origine juive. Il arrivait, certaines nuits, que notre fille tout bébé, pleurait, inconsolable. C’est souvent que Regina, réveillée par les pleurs, arrivait, prenait la petite dans ses bras, la berçait en lui fredonnant une berceuse de son pays. Le miracle alors se produisait et bébé s’endormait. Que de services nous a rendue cette brave femme. Après l’expulsion de l’immeuble elle est partie en Israël, avec son ami Maurice, fabriquant de casquettes dans le Sentier. Un brave homme lui aussi.
Que dire de cette rue, de ce quartier de Ménilmuche que mes parents ont fort bien connu, étant nés et y ayant vécu tous les deux leur adolescence, rue Julien-Lacroix ou Impasse des Couronnes. Ce fut d'ailleurs pour eux comme un pèlerinage quand ils sont venus chez nous la première fois. Que d'anecdotes nous ont ils racontés ce jour-là.
Maman se souvenait d’une camarade de classe qui habitait le 23, une jolie fillette avec une superbe chevelure qui lui descendait jusqu'aux reins. Un jour, une femme armée d'une paire de ciseaux l'attendait Passage Deschamps et, malgré les cris de l'enfant, lui coupa une bonne partie de ses longs cheveux, avant de s'enfuir. C'était courant à l'époque, car souvent, certains perruquiers malhonnêtes, payaient un bon prix les belles chevelures.
Je repense souvent à ce quartier, à ces rues populaires aux multiples commerces et ateliers d’artisans, aux petits bistros-hôtels où logeaient des travailleurs maghrébins, seuls, loin de leurs familles, passant leurs dimanches à jouer aux dominos devant un thé à la menthe. Nous avions de bons rapports de voisinage avec ces hommes. L’un d’eux nous avait racheté notre 4 CV.
A cette époque, nous n’avions pas les supermarchés pour faire nos courses ; tous les commerces étaient à notre portée. Par exemple, je ferme les yeux, et je me rappelle…
En sortant de la station de métro Couronnes, nous prenons la direction de la rue du Pressoir. En remontant la rue des Couronnes une boulangerie, deux boucheries dont une chevaline, les vins Nicolas, une friterie légumes cuits, très pratique pour les jours ou l’on a pas envie de cuisiner.
Et, arrivés à notre porte, sous nos fenêtres, au 25 de notre rue du Pressoir, l’Epicerie de Mr et Mme Gilles. Là, nous trouvions tout ce que nous avions le plus besoin : fruits et légumes, crèmerie, lait, beurre, fromage, les eaux minérales, vins, apéros, etc. Pratique en cas d’imprévu.
Au 23, il y avait un garage, où je pouvais garer notre 4 CV, et faire effectuer son entretien et réparations. Mon coiffeur Louis, rue des Maronites…
Oui, nous avions tout à notre disposition, le marché sur le boulevard, la poste rue Etienne-Dolet, des bains-douches prés du métro Couronnes, a côté d’un magasin de bois et bricolage.
Et puis, à deux pas, la fameuse rue de Ménilmontant, avec ses boutiques, le cinéma Le Ménil Palace, Prisunic. Le tabac et son PMU, où je faisais mon tiercé le dimanche matin.
Actuellement, nous habitons dans les Yvelines, une petite ville où les commerces disparaissent les uns après les autres, pour laisser la place a des banques et agences immobilières. Aujourd’hui, à 30 kilomètres de Paris, et pour trouver à peine l’équivalent des commerces énumérés plus haut, il nous faut prendre la voiture et parcourir trois ou quatre kilomètres, et souvent plus, pour acheter ce que nous trouvions sur place, à Ménilmuche.
Au cours des années qui suivirent, les expropriations et démolitions commencèrent. D’abord, par le côté des numéros pairs de la rue du Pressoir. Ce fut la fermeture des petits ateliers et différents commerces. Puis, en 1967, ce fut à notre tour de partir. Relogés dans un immeuble neuf et moderne prés de la place d’Italie, nous nous sommes retrouvés avec plusieurs ménages venant du 25 ou du 23 rue du Pressoir ainsi que le couple de la Boucherie située rue des Couronnes.
Le confort de notre nouvelle résidence nous fut agréable à tous, mais les liens qui nous unissaient dans notre petit « village » s’estompèrent, pour disparaître à jamais. Nous ne sommes pas retournés voir ce qui était advenu du quartier, c’est par les photos et les témoignages de ce remarquable site que nous avons effectué notre visite. Georges, juillet 2009

Photo prise en 1963 dans la salle à manger. Elle était claire et ensoleillée.
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mercredi, 22 juillet 2009
LOUIS CHEVALIER
Professeur au Collège de France où il enseigna l'histoire de Paris, Louis Chevalier (1911-2001) rédigea plusieurs ouvrages sur la capitale dont celui-ci, une philippique contre l'entreprise de démolition emmenée par le couple De Gaulle/Malraux.
Destruction programmée à partir de 1955-1958, le plan consiste (sous prétexte d'insalubrité) à déplacer des populations mixtes, pluri-ethniques, harmonieuses, dans les lointains d'une banlieue ou vers des ensembles parisiens déconnectés de toute vie de quartier.
Publié en 1977, L'Assassinat de Paris décrit le processus qui consiste à supprimer de la carte de Paris des rues, des "ilôts" au prétexte de la nécessité d'un nouveau Paris dont nous remarquons aujourd'hui le modus vivendi.
Et c'est l'un des très rares livres à évoquer la rue du Pressoir où l'honorable Louis Chevalier vécut. Et peut-être saura-t-on m'en dire plus ? Guy Darol
L'Assassinat de Paris
Louis Chevalier
Editions Calmann-Lévy, 1977 puis Editions Ivréa 1997
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dimanche, 19 juillet 2009
RUE DU PRESSOIR
Là que je vécus dans les années 1950. L’immeuble qui se situait au 23-25, dans l’unique courbure, lorsqu’on vient de la rue des Couronnes serait qualifié aujourd’hui de lépreux.
Il s’élevait sur quatre étages et sa façade grise, écaillée, me semblait somptueuse. Mes parents occupaient un deux pièces aux fenêtres bleu azur qui donnaient sur un quadrilatère barré à l’est par la rue Julien Lacroix. Appuyé sur une rambarde, je pouvais observer une cour pavée où picoraient des poules. Et je pouvais entendre le grognement de cochons parqués dans une cahute bancale. Au pied de l’immeuble, un garage, ouvert sur la rue, offrait un espace de bitume craquelé que j’allais quelquefois rejoindre pour y pousser mes billes ou, dans le caniveau, quelque frêle esquif de papier.
Le bâtiment a été rasé en 1967 et tout ce quartier, hétérochrome, mixte, a depuis été recouvert par de blêmes volumes aux angles aigus. Là, je fus éduqué par le peuple du monde. Maurice, le chapelier, me faisait essayer des casquettes enfantines et Régina qui possédait un téléviseur m’invitait, ma tête enfouie contre son cœur qu’elle avait gros, à regarder les aventures d’Ivanhoé. Leurs portes étaient toujours ouvertes.
Tout devait disparaître selon les projets d’embellissement et de blanchoiement voulus par de Gaulle que conseillait André Malraux. Cependant que ce dernier avait démontré dans son œuvre qu’il n’avait rien à dire sur Paris. Une phrase de ses Antimémoires atteste seulement sa connaissance des « moineaux qui attendaient les chevaux des omnibus au Palais-Royal ». Contre toute attente, c’est bien lui qui ordonne la tabula rasa. Il est le déclencheur des boules de fonte qui aplatissent, le 27 février 1969, les Halles enchantées par Guy Debord, Julien Duvivier, André Hardellet, Hubert Juin, Claude Seignolle et la chanteuse Damia.
J’ai cherché, dans les livres d’Henri Calet, Clément Lépidis, Georges Perec (citoyens de mon périmètre), un souvenir de la rue du Pressoir. Fiasco. Et sachez que mes rayons amassent, année après année, centaines de volumes sur la Ville Lumière. Un jour, je proposerai ici, une bibliographie flâneuse.
Aujourd’hui, je ressens (tristesse des regards dans le rétroviseur) le besoin d’évoquer ma rue au tracé demeuré exact mais à l’environnement saccagé. Ivan Chtcheglov, grand inspirateur de la dérive continue, en butte contre « la passion de l’oubli », avait décrit dans Formulaire pour un urbanisme nouveau (in Ecrits retrouvés, éditions Allia), l’autre pays, celui de mes rives d’enfance. Pour ne pas oublier, jamais, je recommande L’Assassinat de Paris, ouvrage qui mit en danger son auteur parce qu’il y dénonçait fermement l’attentat porté, en 1958, par le général de Gaulle contre le Pantruche ouvrier. Livre savant, précis, mélancolique (Louis Chevalier, camarade de khâgne de Georges Pompidou fut professeur au Collège de France), L’Assassinat de Paris narre l’histoire d’une démolition et la fin des quartiers bruissants de vies simples.
Enfin, page 242, il parle des « exilés de Belleville », déplacés par contrainte vers les banlieues neuves (bâties de tours aujourd’hui pilonnées) et qui regrettent « l’inconfort de la rue du Pressoir ».
Initialement publié en 1977 aux éditions Calmann-Lévy, réédité vingt ans plus tard chez Ivrea, ce livre est à découvrir de toute urgence. Et permettez-moi de remercier (ceci comme un blog à la mer) celles et ceux qui connurent (années 1950) ce quadrilatère pluriethnique, compris entre les rues des Maronites et des Couronnes, pour les commentaires qu’ils pourraient m’adresser, nourris de colères et de tendres souvenirs. Peut-être avons-nous, ensemble, humé l’air de la rue du Pressoir. Régina, Maurice, Joseph, je vous embrasse là où vous êtes. Guy Darol
10:19 Publié dans LE COIN DU SOUVENIR | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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