17 janvier 2012

CINEMA LE PHENIX

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Je vous recommande le site de Philippe Célérier qui compose sur le Net un vaste musée des façades de salles de cinéma fermées, disparues ou toujours en activité. C'est en feuilletant les pages de ce blog que j'ai trouvé la carte postale ci-dessus représentant le Phénix, créé en 1909 au 28 rue de Ménilmontant (au fond d'une cour après avoir passé le porche) et dont la dernière séance fut projetée le 30 juin 1970. La salle comptait 650 palmes. Mais qui se souvient des films qui y étaient donnés ?

 

Ami(s) lecteur(s),  n’hésitez pas à faire part de vos remarques en cliquant sur l'onglet Commentaires situé au pied de cette note. De cette façon, vous contribuerez à la vie de ce blog et le rendrez encore plus passionnant.

18 mai 2011

A LA SERPE D'OR

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Située à l'angle de la rue de Ménilmontant et de la rue des Amandiers, la grande bijouterie "A la serpe d'or" était réputée pour la qualité et le choix des articles qui y étaient proposés.  
Traditionnellement, les fiancés et futurs mariés du quartier y choisissaient les bagues et alliances qui célébraient leur union. Lucile

14 avril 2011

COUR DU 24/CITE DU LABYRINTHE/L'EPREUVE

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J'apprends comme vous ce matin l'incendie qui s'est produit cette nuit dans notre "Cour du 24" (Cité du Labyrinthe).
Notre Ménilmontant et ses habitants une nouvelle fois éprouvés. Lucile

19 mars 2011

RUE DE MENILMONTANT, LE 5 MARS 2011

Nouvelle balade d’hiver, cette fois sous un soleil magnifique, une brume de beau temps masquant la vue sur Paris ! Descente jusqu’au boulevard pour retrouver l’atmosphère et percevoir les changements.

 

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Après la rue des Amandiers, là où s’ouvrait la partie la plus commerçante de la rue, la nostalgie, pour moi, devient pesante : la joyeuse animation du samedi matin a disparu, la plupart des magasins de bouche qui attiraient la grosse majorité des chalands a fait place à des boutiques disparates, dont la laideur des enseignes et le caractère apparemment éphémère n’inspirent aucune envie d’achat. Seuls ont résisté quelques bistrots, dont le tabac du coin de la rue Julien Lacroix. Un souvenir personnel : c’est là où, avec maman, la seule fois de ma vie, nous avons joué au tiercé et gagné… des clopinettes ! Comme tout le monde puisque c’était le prix de l’Arc de Triomphe et que les favoris avaient tenu leurs promesses ! 

Comme on peut le voir sur les photos, les petites maisons XIXème de un, deux ou trois étages n’ont pas été toutes remplacées par de hauts immeubles. Il est vraisemblable que le sous-sol mité a fait reculer les promoteurs, sinon… Le fier Comptoir National d’Escompte de Paris, depuis longtemps disparu certes, va, après avoir abrité Toto Soldes, bientôt faire place à une succursale des surgelés Picard… Grandeur et décadence ?

 

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« La cour du 24 », comme nous l’appelions couramment, et qui relie la rue de Ménilmontant à la rue des Panoyaux par le Passage du Labyrinthe, a gardé du caractère. Tout en changeant de nature, puisque de nombreux ateliers ont été transformés en locaux d’habitation. Les riverains ont agréablement égayé leurs façades et leurs abords en installant des jardinières au long de la chaussée. Dommage que les motos en stationnement viennent perturber l’harmonie des lieux…

 

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C’est tout pour aujourd’hui et je n’ai pas le cœur gai. A vrai dire, je n’ai plus envie de retourner flâner de sitôt rue de Ménilmontant. Pour la première fois, j’ai eu l’impression en cette fin de semaine que le quartier tel que nous l’avons connu était bel et bien mort. D’autres nous y ont remplacé et y ont heureusement trouvé leur place. C’est normal puisque la roue tourne. Mais, tout de même… c'était bien plus sympa autrefois ! Lucile

 

22 janvier 2010

LUCILE FLECHE SE SOUVIENT

 

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36 Cours de Vincennes

 

 

Dans quelles années êtes-vous né ?

Lucile : Je suis née en 1935, à Paris, dans le 12ème arrondissement. Plus précisément 36 cours de Vincennes, là où maman nous a mis au monde, moi et mon frère trois ans plus tard. La clinique n'existe plus depuis bien longtemps, mais l'immeuble a conservé sa jolie porte "arts déco" et c'est pourquoi je donne ces détails ! Je vous joins une photo en annexe pour illustrer mon propos. 

Quelle est la rue de vos premiers pas dans le vingtième arrondissement ?

Lucile : Vraisemblablement la rue des Maronites, puisque c'est au 24, juste en face de la rue du Pressoir, qu'habitaient ma grand-mère, puis mes parents dès leur mariage.

Quel est votre plus lointain souvenir de Belleville-Ménilmontant ?

Lucile : Mon plus lointain souvenir remonte à mes toutes premières années, lorsque ma grand-mère me hissait sur le rebord de fenêtre de son troisième étage pour que je puisse voir les chèvres du marchand de lait et fromages qui s'annonçait à coups de trompette. Comme elle est descendue vivre au premier étage en 1938, je peux situer aisément cette scène dans le temps.  

Quelles sont les images (façades d'immeubles, commerces, manèges, que sais-je ?) qui vous reviennent le plus souvent lorsque votre enfance vient vous chatouiller la mémoire ?

Lucile : Depuis que j'ai fait connaissance avec votre site, ma mémoire est souvent "chatouillée" !  En période d'insomnies, je revois chacune des maisons de la rue des Maronites, nos commerçants de la rue du Pressoir, les marchandes de quatre saisons de la rue de Ménilmontant, le 96 qui remontait la pente.  J'entends encore le cliquetis de la machine à distribuer les tickets et le signal du départ donné par le machiniste dès qu'il avait replacé la chaîne de la plateforme arrière. Tant d'autres choses encore : le boulevard et la rue de Belleville, le faubourg du Temple, le canal et La Grisette... Bref, je n'ai pas oublié grand chose je crois. 

Qu'est-ce qui a amené vos parents à s'installer dans le vingtième arrondissement ?

Lucile : A vrai dire, je ne sais pas pourquoi mes grands parents maternels avaient quitté la rue Saint-Blaise et le quartier de Charonne pour s'installer à Ménilmontant. Ils étaient tous deux parisiens, de condition modeste, et n'auraient jamais, je pense, envisagé de s'exiler dans le 16ème !Quant à mes parents, ils se plaisaient dans leur quartier, même si Papa était né, lui, dans le 17ème.

Que faisaient vos parents (métiers et loisirs) ?

Lucile : Papa était ajusteur et maman secrétaire-comptable. Comme je vous l'ai déjà raconté, dès les premiers beaux jours, et a fortiori pendant les vacances, ils prenaient la clé des champs, et nous avec eux ! L'hiver, en dehors de la mécanique automobile et du bricolage pour Papa, le cinéma était la principale distraction familiale. 

Quelles écoles de quartier fréquentiez-vous ?

Lucile : J'allais à l'école du Sacré-Coeur, rue des Panoyaux, comme Maman avant moi. J'ai également fréquenté le patronage qui y était situé et j'y ai beaucoup appris. 

Où (rue, passage, impasse, cour, square ...) alliez-vous jouer ?

Lucile : Il n'était pas question que je descende jouer dans la rue ! Ma grand-mère se serait peut-être laissé attendrir, mais les instructions maternelles étaient formelles !

Qu'évoque pour vous la rue du Pressoir ?

Lucile : La rue du Pressoir ? mais c'était mon théâtre... Je ne participais pas. Je regardais et j'écoutais. Le café du coin, chez Gaston, était l'avant-scène et comme je connaissais de vue l'ensemble des habitants de la rue du Pressoir, tout au moins ceux qui ne dépassaient pas le tourne-à-gauche, juste après le passage Deschamps, je m' inventais des histoires.

Que se passe-t-il dans votre coeur et votre tête lorsque vos pas vous mènent rue du Pressoir aujourd'hui ?

Lucile : Je ne retourne pas spécialement rue du Pressoir, mais je vais souvent à Ménilmontant car notre fils y a un atelier et habite Belleville. J'aime bien retrouver cette atmosphère cosmopolite, j'ai l'impression d'être en voyage dans un pays où je serais tout à fait à l'aise. J'avoue toutefois que je suis "touriste" : je n'aimerais pas revivre l'inconfort de ma jeunesse.   

 

 

05 janvier 2010

NICOLE BOURG SE SOUVIENT

 

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La sortie des écoles rue des Maronites

 

 

Dans quelles années êtes-vous né ?  

Je suis née en 1942.

 

Quelle est la rue de vos premiers pas dans le vingtième arrondissement ? 

Rue des Maronites.

 

Quel est votre plus lointain souvenir de Belleville-Ménilmontant ?

Le marché, avec les marchandes des quatre-saisons rue de Ménilmontant, notamment à l'occasion du 1er Mai... Nous allions acheter des brins de muguet pour les offrir à la famille et aux amis.


Quelles sont les images (façades d'immeubles, commerces, manèges, que sais-je ?) qui vous reviennent le plus souvent lorsque votre enfance vient vous chatouiller la mémoire ?

La fête foraine sur la place, juste à côté de la bouche de métro, à l'occasion de la Saint-Nicolas... J'ai d'ailleurs écrit un billet à ce sujet. J'ai aussi beaucoup d'images concernant tous les petits commerces, de la rue, y compris les ateliers.

 

Qu'est-ce qui a amené vos parents à s'installer dans le vingtième arrondissement ?

C'est ma mère qui est arrivée avec ses parents, son frère, un oncle et une tante... Ils étaient dans un hôtel de la rue du Pressoir. Ils venaient d'Italie... Mon père résidait rue Laurence Savart. Ensuite mes grands parents se sont installés au 31, rue des Maronites. Lorsque mes parents se sont mariés, ils se sont installés eux aussi... au 31 de la rue des Maronites, ainsi qu'une tante et un oncle. Puis, le frère de ma mère s'est marié et lui aussi s'est installé rue des Maronites. Mon père ne connaissait pas cette rue! Pour la petite histoire... c'était un ami, de mon oncle. Ils pratiquaient la bicyclette, ensemble et le dimanche il était invité chez mes grands parents car il adorait la "Pasta" ! Je crois qu'à cette époque, les immigrés qui arrivaient et qui fuyaient le fascisme étaient logés dans le vingtième arrondissement de Paris. Je voudrais souligner qu'à cette époque beaucoup de gens vivaient en bonne intelligence... notamment "juifs" et "arabes" ... On ne parlait pas d'identité nationale !

 

Que faisaient vos parents (métiers et loisirs) ?

Mon père était à la caserne des pompiers de Paris... à Port Royal exactement. Ma mère était couturière et travaillait avec sa mère. Mais avant cela, elle fut apprentie couturière rue notre Dame de Lorette à Montmartre. Plus tard, nous allions acheter des coupons de tissu, Place du Tertre. Quant aux loisirs de mes parents, c'était rendre visite à la famille ou aller de temps en temps au cinéma, rue Oberkampf. La lecture, puis nous prenions le métro, afin de nous rendre dans la nature ...

 

Quelles écoles de quartier fréquentiez-vous ?

Je fréquentais l'école primaire ( Filles) de la rue Etienne Dolet. Ensuite, le collège technique pour y apprendre le Secrétariat commercial           (sténographie, dactylographie) rue de Ménilmontant.

 

Où (rue, passage, impasse, cour, square ...) alliez-vous jouer ?

Nous allions au square Sorbier, toujours accompagnés. Je n'avais pas l'autorisation de mes parents d'aller jouer dans la rue !

 

Qu'évoque pour vous la rue du Pressoir ?

C'est la première rue que ma mère a connu en arrivant en France. Puis plus tard, nous achetions le lait  chez notre crémière attitrée. C'est aussi dans cette rue du Pressoir que j'ai fais ma petite fugue. Voir mon billet sur le bébé Fugueur.


Que se passe-t-il dans votre coeur et dans votre tête lorsque vos pas vous ramènent rue du Pressoir ?

Je ne suis pas retournée dans ce quartier... Une fois seulement, il y a18 ans, de nuit, rue de Ménilmontant, Rue Etienne Dolet et un peu rue des Maronites ...vers l'école maternelle où se rendait mon frère. Le reste, je ne savais plus où j'étais. Une immense tristesse s'est emparée de moi ! J'ai réalisé qu'une page était tournée. Celle de mon enfance... celle de ma prime jeunesse, à jamais. Ce qui nous reste à nous, le enfants de Ménilmontant, ce sont nos souvenirs impérissables.

 

 

 

31 décembre 2009

MIGUEL EGANA SE SOUVIENT

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Dans quelles années êtes-vous né ?

Miguel Egana : 1952

 

Quelle est la rue de vos premiers pas dans le vingtième arrondissement ?

Rue Julien-Lacroix


Quel est votre plus lointain souvenir de Belleville-Ménilmontant ?

Je marche le long du square Sorbier


Quelles sont les images qui vous reviennent le plus souvent lorsque votre enfance vient vous chatouiller la mémoire ?

Les trottoirs et les escaliers qui montent


Qu'est-ce qui a amené vos parents à s'installer dans le vingtième arrondissement ?

C'était l'immeuble des parents de ma mère, vide après la déportation de sa mère.


Que faisaient vos parents ?

Ma mère travaillait à la maison puis plus tard dans un bureau, mon père sur des chantiers ; leur loisir était le cinéma : rue de Ménilmontant, rue Jean-Pierre Timbaud.

 

Quelles écoles de quartier fréquentiez-vous ?

L'école de la rue Julien-Lacroix à deux pas de chez moi et auparavant l'école maternelle de la rue des Couronnes.


Où alliez-vous jouer ?

Dans la cour du 22 rue Julien-Lacroix et un peu passage Ronce.

 

Qu'évoque pour vous la rue du Pressoir ?

Ma mère que j'accompagnais rue des Couronnes, juste à côté, pour chercher et porter du travail (colliers) à domicile.


Que se passe-t-il dans votre coeur et votre tête lorsque vos pas vous mènent rue du Pressoir aujourd'hui ?

Une immense tristesse et un profond ressentiment à l'égard des urbanistes (?) criminels (et des politiques tout aussi méprisants et méprisables) qui ont transformé ce quartier (mais aussi la Place des Fêtes où j'habitai plus tard) en banlieue aussi laide qu'impersonnelle.

 

 

 

 

 

24 décembre 2009

ANCIENS CHEMINS DE MENILMONTANT

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A Gérard Lavalette, mon ami photographe humaniste, connaisseur du vrai Paris, infatigable piéton, badaud,  depuis son plus jeune âge, appareils photo toujours en  bandoulière, marcheur rapide, incognito, jamais à l'arrêt, toujours au travail par n'importe quel temps, froid, gelée, verglas,  neige, pluie , grêle, canicule, soleil tapant le crâne , et aussi, par désastreux et grouillants embouteillages, bouchons, depuis que l'automobile moderne est entrée dans la ville, grèves et folklores, carnavals, manifs, artisans en tous genres, artistes célèbres ou qui le deviendront, clochards intellos ou analphabètes, sans abri s.d.f.  exposés aux dangers quotidiens, poètes oubliés et écrivains connus, inconnus, méritant bien quelques reconnaissances, défilés des belles dans le célèbre Faubourg, par où, autrefois, franchissaient la porte Saint Antoine, les carrosses des Rois et leurs cortèges, brasseries, petits bars les plus vieux du neuf Paris, rue de Charonne, et rue de Chanzy, là, l'un de ses fiefs, le  Pure café. Si vous le rencontrez, à l'abri sous sa casquette de titi parisien,  où se cache sa popularité, n'hésitez pas à lui dire :' compliments, chapeau bas, joyeux Noël, bonne année Monsieur'

 

courtille .jpgC'était une voie bordée d'arbres avec, à l'écart de la chaussée, quelques moulins en bois, dressés par des charpentiers solides et travailleurs, où se pressaient les meuniers autrefois, pour y moudre le grain. Les dimanches venaient les parisiens, femmes et enfants, en carrosse ou à pied pour y goûter un air de campagne. Les maris galants  invitaient leurs épouses à venir boire le petit vin de la rue des Pas-noyaux, et aimaient les  inviter à danser dans quelques guinguettes proches des coteaux où Jean-Jacques Rousseau y fut renversé par les énormes chiens errant quelques peu sauvages de la Courtille. Tout là- haut, à la limite du vieux château sur les hauteurs de Télégraphe, descendaient les enfants des villages alentour pour s'amuser, mais souvent ils venaient pour travailler, aider leur père, afin de terminer au plus vite le taillage des ceps et le ramassage des brindilles, qu'ils brûlaient à petits 'feux indiens' où se réchauffaient les dignes demoiselles qui rentraient de la ville au petit matin, où elles exerçaient au Palais-Royal, le plus vieux métier du Monde. Les filles étaient belles, savaient faire appâts de leurs charmes et beautés. Les riches et nobles usaient de leurs droits pour combler leurs vifs appétits. Sur ces chemins aussi, des 'mauvais garçons' élégants, dans une misère telle qu'ils ne craignaient rien, s'attaquaient aux nobles qui possédaient richesse et fortune. Paris, alors, se composait de villages, aujourd'hui rassemblés qui forment la grande ville, capitale prestigieuse, connue et reconnue dans le monde entier. Par ci, par là, en temps de crise, collées sur les murs, des affiches portaient ces inscriptions : Terres seigneuriales à vendre ; maisons et héritages aux champs en roture à liquider; maison de Paris à louer ; office à vendre ; bénéfices à permuter ; affaires mêlées. Les fumées noires des usines et ateliers laissaient les traces, à la Soulages, coloraient le ciel de traînées blanches et grises, noircissaient encore plus la nuit sur les dernières vignes accrochées aux coteaux de la butte, à l'emplacement actuel de la rue du Pressoir, car si cette rue n'existait pas encore, là, se situaient de larges prés verdoyants entrecoupés de lignes ocres et siennes, passage des chiens affamés cherchant leur nourriture. Les Buttes- Chaumont s'élevaient, pointée dans les nuages lents et parfois, semblant à l'arrêt, qui d'un coup, prenaient de la vitesse, car s'annonçait la pluie poussée par un vent ondulant les toitures des chaumières et les arbres au bord des chemins, infligeant parfois aux carrosses, quelques petits dégâts, obligeant les Dames à descendre vite fait, en attendant les réparations d'usage. Oui ces dames riches déjà voyageaient, allaient découvrir la France, car elles ne voulaient pas que l'on se moque d'elles. Les parisiens, alors, aimaient rire de l'ignorance et de l'indolence de certains, reclus dans la ville et qui n'étaient jamais sortis de chez eux, sinon pour aller en nourrice ou partir à la guerre. Au loin, la rivière serpentine et argentée était en vue, traçant ses méandres historiques, bordés des trésors du patrimoine que construisirent peu à peu des hommes connaisseurs, architectes et bâtisseurs du Paris magnifique, éloignant loin, très loin la rue aujourd'hui célèbre de Ménilmontant, au sujet de laquelle je vous écris ces quelques lignes pour rappeler que notre cité est aussi un village qui s'agrandit toujours, toujours, et rares seront ceux d'entre nous qui garderont la mémoire de ce qu'était ces villages, à la péripétie du Grand Paris. Bienvenu Merino

 

 

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16 mars 2009

CARREFOUR RUE GASNIER-GUY/RUE SORBIER

 

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Tous les familiers de Ménilmontant reconnaîtront le carrefour de la rue Gasnier-Guy et de la rue Sorbier.
Il est surprenant de constater que le lieu est demeuré terrain vague si longtemps ! En effet, cette aquarelle date des années 30. Elle a été peinte par un oncle de mon mari, ancien de l'école Boulle, qui possédait un joli talent de peintre et dessinateur. Il me semble, pour être passée récemment dans ce secteur, qu'on est en train de le meubler ... Le petit square qui se trouve en face vient d'être réaménagé, en même temps, d'ailleurs que la partie de la rue Sorbier qui débouche sur la rue de Ménilmontant. Lucile

 

15 mars 2009

LA BELLEVILLOISE

 

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Chaque dimanche, nous publions sur le site de la Rue du Pressoir une image de notre quartier. Seulement, nous ne disposons que d'un très faible stock. Nos albums personnels sont limités. Aussi faisons-nous appel à vos archives. Si vous possédez une photographie que vous souhaiteriez mettre en ligne, avec les mentions et légendes que vous jugerez nécessaires, faites-nous plaisir. Elles feront le bonheur des visiteurs toujours plus nombreux qui viennent flâner parmi nos pages.
NOUS CONTACTER

 

 

19 juin 2008

MARTIAL CHANTE MENILMONTANT

 

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Tomas et Martial, ce guitar hero

Bienvenu Merino est un prosélyte de la rue du Pressoir. Un jour, il donne rendez-vous à son neveu Martial pour une flânerie dans le quartier. Martial possède une voix, une guitare. Bienvenu a une caméra de poche. Et voilà le travail.

Martial chante ses propres chansons et  le répertoire de Georges Brassens.
On peut le voir et l'entendre à l'adresse Aux amis de Georges, 62 rue Caulaincourt 75018 Paris
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Vins, guitare, flâneries 

La vie est belle

Lettre de Bienvenu Merino

à Guy Darol

Toi, aujourd’hui, tu es sur la côte bretonne, proche de la « m’ère », mais voici Guy, un peu de Paris. Une chanson d’Aristide Bruant, Belleville Ménilmontant, chanté par Martial, villa des Faucheurs, lors de notre périple dans l’île de ton enfance. Martial a beaucoup d’intérêt pour ce quartier et il est bon curieux ; c’est un excellent  faiseur de chansons, sa guitare toujours sur le dos, semblable aux mères africaines portant leur enfant, avec sa musique et de belles paroles toujours dans le cœur. En bon reporter, je lui ai  montré, la rue de ta prime enfance, ton école maternelle, tes trottoirs, ton collège, ton environnement de môme, ton cinéma, ton arrêt de bus, tes ciels et terre de la marelle dont j’imagine toujours le tracé à la craie dans la courbe de la rue du Pressoir, où ta maman  te contemplait heureuse, se disant émerveillée : «Mon ptit Guy, tu finiras bien par bondir jusqu’au ciel avec tes sauts de spationaute et tes devoirs assidus pour l’écriture ». A Martial,  je lui ai montré aussi tes livres et ton travail quotidien sur le site littéraire, et l’autre, notre blog, dédié aux habitants de Ménilmontant. J’ai dit à Martial, qu’autrefois, dans ces parages, tout était planté de vignes. Il était rayonnant de m’entendre parler de vendanges, de vin, de pressoir ; il humait, respirait et cherchait déjà un bistrot me demandant : « T’as pas soif, t'as vraiment pas soif, toi ? Pourquoi j’ai si soif, moi ? ». 

Ce petit clip, sans aucune prétention, est enregistré avec ma petite caméra miniature  et discrète, de deux centimètres par deux. Laurent Cantet, lui, viendra une autre fois, pour mon film, le long métrage, beau et fin, de la poésie en somme, que nous soignerons avec délicatesse et amour. Tu verras, malgré toutes les techniques, la voix de Martial est un peu voilée par un vent qui nous punissait, j’ose dire, du vin que nous avions bu à table, pendant le déjeuner. Ce jour là, nous avons passé un bel après midi, tour à tour, heureux et joyeux, assoiffés et consommateurs dans de bons bistrots encore nombreux dans le haut de la ville, à plus de 717 mètres. Je parle comme si j’étais au sommet de l’Everest, la neige dans les baskets et le nez flottant dans des arômes naturels. « C’est ça qui donne soif, t’as pas soif,  répétait Martial à son cousin Tomas, qui en bon arpenteur, nous accompagnait, à peine descendu de l’avion provenant de Santiago du Chili, avec un bac philo et l’examen en poche pour une grande École à Paris.

Ce jour là, tous les trois, curieux de tant de valeurs qui existent dans Paris, nous étions découvreurs, encore, des vestiges innombrables dans le haut de Ménilmontant, près des rues, Piat et des  Envierges, avec la vue splendide sur un Paris toujours magnifique presque à perte de vue. Très observateurs, nos regards à l’unisson enchantaient les passants souriants et complices de notre bonheur, complices de nous voir gamins rieurs, musiciens, guitare en bandoulière et chansons dans le cœur et avec des yeux bons d’un Charles Bukowski, vagabond et si grand poète. J’aurais voulu que tu sois avec nous, Guy, et Josette aussi, pour mieux goûter et éprouver entre amis les sensations fortes qui donnent courage et beauté aux êtres protecteurs et sauveteurs d’un patrimoine historique. Tout un passé, qui s’éloigne, à petit pas, de l’enfance, de notre existence de rêveurs, troubadours des Lettres. Troubadours simplement, libres et responsables de ce que des hommes nous ont légués afin de conserver, protéger et soigner un patrimoine extraordinaire, riche, célèbre et connu de tous. Martial chante comme il respire ; mieux, il crée. Il a tout de sa maman, Bohème, elle aussi, chanteuse et musicienne, au petit conservatoire de Mireille, et partie un mauvais jour pour un long voyage interminable dont nous savons qu’elle ne reviendra pas. Quoi dire de plus, Guy ?

Oui ! Je vais souriant, rue de Ménilmontant avec Tomas et Martial  pour te dire, qu’il y peu de temps, j’ai été magnifiquement surpris par des photos anciennes de ta  rue, avec ta maison, ton palier, ta cour invisible jusqu’alors. Magnifiquement surpris par cette rue du Pressoir à laquelle maintenant je suis lié comme un nouveau né au sein de sa mère.

29 mars 2008

LA RUE DU PRESSOIR PAR LE HAUT DE MENILMONTANT

 

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Rue de Ménilmontant

J'ai marché ce matin. J'ai marché comme les gens le faisaient autrefois pour descendre la rue; à pas lents, mais saccadés, des pas de villageois. Je revenais du château, disons ce qu'était le domaine du château de Ménilmontant; et si j'aime monter cette rue de Ménilmontant, j'aime plus la descendre. La ville est sous mes yeux, entière, fragile, abondante, petite là-bas, au loin. Elle scintille, elle murmure, je l'écoute, je parle avec elle, elle me répond et me dit des choses d'autrefois, elle résonne.

Ni San Francisco, ni Salvador de Bahia de tous les Saints, pas même Lisbonne, ces villes où je vécus dans les années 70, non ! aucune de ces villes  ne peut être comparée à ce qui est sous mes yeux. Je descends toujours et marche sur le trottoir de droite, revenant du domaine du château de Ménilmontant qui serait limité de nos jours par les rues de Romainville, Pelleport, du Surmelin et, approximativement, par les rues des Glaïls et des Fougères, parallèles au boulevard Mortier, à l'est de celui-ci. C'était donc un domaine considérable ; sa superficie était supérieure à celle qu'a actuellement le cimetière de Père-Lachaise. Il comprenait le vieux château, le grand château (emplacement des réservoirs de Ménilmontant), un beau jardin à la française, terrasses, grand parc boisé, le tout clos de murs qui barraient les rues de Belleville et de Ménilmontant. Ce domaine appartenait  depuis 1695 à la famille des Le Peletier. Il était nommé Saint- Fargeau en mémoire de la seigneurie de ce nom que les Le Peletier avaient dans l'Yonne.

Les Le Peletier utilisaient comme villégiature d'agrément  ce domaine  dont ils tiraient un bon revenu par la vente de leur bois, de leurs fruits et de leurs légumes.C'est  Louis Le Peletier de Saint Fargeau qui était propriétaire du domaine le jour où, en octobre 1776, Jean-Jacques Rousseau fut renversé dans la descente de Ménilmontant, à la Haute Borne, vis-à-vis du Galant jardinier, par un des chiens danois du châtelain. Il rentrait à Paris après avoir herborisé sur la colline lorsqu'il fut heurté violemment par ce chien qui gambadait devant le carrosse de son maître. Jean-Jacques Rousseau a raconté lui-même cette aventure et décrit comme suit la région: " Le jeudi 24 octobre 1776, je suivis après dîner les boulevards jusqu'à la rue du Chemin Vert, par laquelle je gagnais les hauteurs de Ménilmontant, et, de là, prenant les sentiers à travers les vignes et les prairies, je traversois jusqu'à Charonne le riant paysage qui sépare ces deux villages; puis je fis un détour pour revenir par les mêmes prairies en prenant un autre chemin...". C'est alors qu'il rencontra le chien...

Je reviens à l'actualité. Je suis arrivé en bas de la rue de Ménilmontant, j'ai pris à droite le boulevard de Belleville, la continuité du boulevard de Ménilmontant, puis laissé la rue Etienne Dolet, pris sur le même trottoir, la rue des Maronites, mais cette fois-ci, j’ai rasé les murs de crainte de voir trop tôt le désastre découvert hier. Je suis arrivé exactement au même endroit, en faisant le chemin à l'envers. Et là, toujours là, devant moi, la gueule béante de la rue où sont nés mes amis. La rue du Pressoir, muette et d'une froideur à vous glacer de la tête aux pieds, j’avance dans le blanc des murs de ciment, dans le noir de ma tête et de mes idées, si lucide pourtant. Je pense à mes amis, Josette et  Guy, à leurs parents, leurs frères et soeurs. Qui a vécu ici autrefois, ne peut plus reconnaître. Il n'existe rien du charme qu'était cette rue, joyeuse jadis et si familiale. Mais ils ont tout détruit de la vie. Mais bon dieu de bon dieu où étaient l'épicerie, le coiffeur, la maison, la chambre des jumeaux, le garage...les écoliers, les farandoles. Bienvenu Merino