lundi, 22 juin 2009
L'EPISODE D'UNE MARCHE AUTOUR DE PARIS

La voyageuse de la petite ceinture (Gérard Lavalette)
Bien après les exploits, de Jules Ladoumègue, Alain Mimoun et l’explorateur Emile-Louis Victor, j’ai fait, avec Judith, rencontrée le matin même, au milieu des voies du chemin de fer, le tour de Paris par l’ancienne Petite Ceinture. Une autre surprise inopinée se présenta à nous, un lion, piéton de la Savane.
Ce n’est pas rien ces voyages, même s’ils ne nous éloignent pas de notre ville. Mais ça compte dans la vie. Depuis longtemps, c’était un de mes souhaits, faire le tour de Paris par la Petite Ceinture. Déjà, dans les années 1970, mon expérience dans le désert du Sahara m’avait conforté de continuer le voyage : Canada, Alaska, Etats-Unis, en empruntant certains itinéraires de Jack Kerouac, William Burroughs, Frank Zappa et Jack London qui devaient m’emporter dans l’Amérique de mes rêves d’adolescent. Au Mexique, avec SES HOMMES ET SES FEMMES « je pris contact avec la terre rouge, et elle pue comme elle embaume ; elle sent bon comme elle puait », criait Antonin Artaud. « C’est un dimanche matin que le vieux chef indien m’ouvrit la conscience d’un coup de glaive entre la rate et le cœur : " Ayez confiance , me dit-il, n’ayez crainte, je ne vous ferai aucun mal ", et il se recula très vite de trois ou quatre pas, et, après avoir fait décrire à son glaive un cercle dans l’air par le pommeau et en arrière, il se précipita sur moi, en avant, et de toute sa force, comme s’il voulait m’exterminer. Mais c’est à peine si la pointe du glaive me toucha la peau et fit jaillir une toute petite goutte de sang. Je n’en éprouvai aucune douleur mais j’eus en effet l’impression de me réveiller à quelque chose à quoi jusqu’ici j’étais mal né et orienté du mauvais côté, et je me sentis rempli d’une lumière que je n’avais jamais possédée. »
Ces moments privilégiés si fascinants ne vous permettent plus de mettre terme à la route. L’Amérique Centrale, les volcans du Salvador, du Nicaragua, du Costa Rica, Panama, les îles San Blas, et plus au sud, la majestueuse Cordillère des Andes, en aiguilles, et sa population Quechua toujours accueillante, jamais austère, là-haut, villages-nids, rares, se confondant avec les nuages, à plus de 4000 mètres, où seuls, quelques hommes, femmes, enfants, aigles et condors demeurent et tentent de vivre. Puis, revenir heureux de ces rencontres, descendre de la montagne, un peu soulagé d’avoir vu la réalité, comment vivent de vrais groupes de familles humaines. Mais peiné de repartir et de les laisser seul à leur sort. De retour dans la plaine et les Cayons, naviguer, sur les traces de Magellan, avec les derniers Alakalufes, entre pics et lacs, sur les Canaux de Patagonie, au Chili, en Argentine et Terre de Feu. Aller la conscience plus tranquille, soulagée de ne pas avoir, en quelques sortes, oublié ces êtres abandonnés, en perdition peut-être !
Et Paris enfin ! Dans ma ville, y découvrir le laid et le beau confondus. Les expériences faites dans certains pays lointains, royaume des Mayas et des Incas, m’ont appris qu’il fallait pénétrer, non seulement le cœur de la Cité mais aussi ses alentours, observer la ville de l’extérieur, ses murs de soutien, juste là, aux flancs de son ventre, sous ses jambes, pénétrer son nombril, parcourir ses parois creuses, sombres et caverneuses, égouts tortueux du moyen- âge, caresser, du moins des yeux, sa richesse, depuis sa vaste coupole ventrale de pierres jusqu’à la moelle de son ossature, s’aventurer sous le squelettique bassin, campé sur ses solides jambes, mais fragilisé, qui soutient encore le cœur de la Cité, s’approcher des sous-sols de glaise, à petites brasses, des vestiges, de ce qu’était l’église Saint-Etienne, décapitée, et laissée pour morte sous Notre-Dame, surveiller les dessous de la Cathédrale de Paris et ses fondations millénaires souffrantes d’avoir tant portée de lourds fardeaux en changements successifs depuis que notre ville est ville. L’œil capte et nous transmet tous les mouvements de la beauté et de la laideur, et à défaut du bien, le mal nous interpelle et crie : GARE HOMME ! Observer et reconnaître les efforts subits par la ville et voir ressurgir de ses entrailles les restes de Lutèce, sa momie, notre berceau assombri, comme un nouveau-né mort-né, par le travail de construction, de destruction et reconstruction des hommes avec leurs inquiétudes, sachant eux-mêmes qu’ils sont démunis, devant l’immensité de la tâche, mais essayant de sauver les vestiges qui portent la Cité, en préservant pour sa survie tout ce qui la maintient debout. Mais les hommes ne sont pas dupes, ils savent que là il n’y a pas beaucoup de place pour la Nature, faune et flore.

Heureux encore, que la Petite Ceinture, tout autour de Paris, en raison de sa richesse biologique et ses aspects paysagers, historique et géographique, constitue un espace unique. Initialement consacrée au transport de passagers et au fret de marchandise, elle est aujourd’hui un lieu calme, rendu à la nature. Véritable corridor écologique, elle offre des voies d’accès depuis l’extérieur de Paris à de nombreuses espèces qui y trouvent refuge. La Petite Ceinture est une ancienne ligne de chemin de fer à double voie, longue d’environ 32 kilomètres, qui encerclait Paris à l’intérieur des boulevards des maréchaux. Construite de 1852 à 1869, elle garantit le transport de marchandises et de voyageurs au fil de ses 29 stations jusqu’en 1934. A cette date, le trafic voyageur fut remplacé par une ligne de bus du même nom (P.C.) sur les boulevards des Maréchaux. Seul le tronçon allant de Pont Cardinet à porte d’Auteuil fonctionna jusqu’en 1985, avant d’être, en partie raccordé à la ligne C. du R.E.R. Aujourd’hui les voies ferrées de la Petite Ceinture sont désaffectées dans leur majeure partie. Seule, dans le nord de Paris, une partie du réseau est encore raccordée aux gares de l’Est et du Nord et sert occasionnellement au trafic de matériel ferroviaire et de fret. Dans le 12e arrondissement, situé dans le prolongement du square Charles Péguy, 21 rue Rottembourg, ce secteur de l’ancienne ceinture ferroviaire a été emménagé de manière à accueillir un jardin partagé et un sentier nature, long de plusieurs centaines de mètres, permettant d’aborder la diversité biologique de la ville à travers 3 stations consacrées à la prairie, le taillis (ou boisement en formation) et le boisement. Grâce à sa signalétique, le parcours propose de découvrir les plantes et les animaux caractéristiques de ces types de milieux. Un jardin partagé de la Petite Ceinture dans le 12e arrondissement est constitué de deux parcelles mises à la disposition, graine de partage qui compte y développer de nombreuses activités et notamment des actions pédagogiques avec les écoles. Pour accueillir les parcelles de jardin partagé et le sentier nature, d’importants travaux ont été mis en œuvre et la nature sauvage des lieux fortement bouleversée. Des actions de régénérations sont en cours pour rendre aux différents milieux leur visage d’origine. Des graines ramassées sur la Petite Ceinture ont été ressemées et des jeunes plants d’arbres forestiers ont été plantés pour accélérer le retour du boisement. Relayant les espèces réintroduites, les espèces sauvages vont progressivement se réinstaller d’elles-mêmes et permettre aux parcelles de retrouver leur aspect sauvage. Dans le 16e arrondissement, ce site exceptionnel, situé entre la porte d’Auteuil et la porte de la Muette, offre un lieu de découverte d’une richesse rare dans un cadre naturel inattendu en ville. Pour guider les intéressés à la découverte de sa diversité biologique, un parcours long de plus de 1500 mètres, ponctué de 6 étapes nature, présente les lieux à travers ses stations écologiques les plus représentatives.
Mais que deviendront d’ici quelques années ces trente-deux kilomètres verts extraordinaires de ce corridor, véritable temple de la nature. Beaucoup d’entre-nous s’interrogent ; et lorsque vous marchez et gambadez dans ce sillon, ENCORE PLEIN D’ESPOIR, au milieu de beaux papillons dansants, d’abeilles travailleuses, de lapins reproductifs, de cochons roses éclatants en liberté, de poules protégeant ses poussins au plumage d’or, de coqs aimants, à la crête frisée avachie, silencieux d’avoir absorbé les gaz carboniques des voitures et camions, brûlant leur poumon et leur gorge ne faisant entendre que quelques toux timides, des respirations qui montent tout doucement dans le larynx, comme si ces coqs dans l’effort voulaient retrouver leur chant et chanter l’Internationale. Hurler à la mort. Se venger. Venceremos. Certains coqs éduqués ont acquis le langage du CHE, lorsque celui-ci, blessé mortellement en Bolivie, parlait à ses hommes pour aller à l’assaut dans son dernier combat ou, lorsque bien des années avant, alors qu’il était ministre de la république Cubaine, et qu’il se rendit au siège de L’ O.N.U., à New-York, Ernesto Che Guevara fit un discours où tous les représentants du monde se levèrent pour le saluer. Même sa Sainteté n’a été aussi bien respectée ! Ces coqs connaissent les vocalises montantes de Fidel Castro à Santa Clara, lors de la victoire sur Batista. « Le peuple unis jamais ne sera vaincu ». Je sais maintenant que ces coqs, élevés et formés ici, refuseront les finales sportives de toutes les compétitions, qu’ils ne seront plus présent lors des exhibitions au Stade de France devant un ballon rond ou ovale, qu’ils cracheront à la gueule du gardien de la raison, qu’ils siffleront Sarko et Fillon. Oh ! Je sais que, s’ils échappent à la mort, on les conduira à la Conciergerie, là même, où Louis XVI attendit son jour. Où Marie Antoinette quelques mois plus tard fit sa dernière toilette.
« LE POULAILLER DE SARKOZY », pourrait-on lire à LA UNE du quotidien Libération, avec, en coin de première page, la photo du visage rouge de Daniel Cohn-Bendit, riant à gorge déployée, le bras autour du cou du Président, tout en se curant le nez et en le tutoyant, le poussant à coups d’épaules vers le bas du perron, comme pour lui signifier : « Nico t’es foutu, à la prochaine Présidentielle t’es viré, je te fais déguerpir, retourne en Hongrie, Bayrou t’aidera à faire les valoches, dégage ». Et si nous savons qu’il a un dauphin dans son clan, au nom de Jean Sarkozy, son fils cadet, ne vous faites pas d’illusion. Si l’idée est de forger une dynastie pour la république, la république résistera. Il n’y aura pas une dynastie Sarkozy comme il y a eu une dynastie Bush. Karl Marx disait : « L’histoire se répète parfois. La première fois, c’est une tragédie, la seconde fois c’est une farce. »
Puisque je parle des choses courantes de la vie, et non de politique ni de justice, je sais que les serviteurs de l’Etat actuel sont trop respectueux pour envoyer des animaux dans de beaux édifices de la Ville, là d’où partirent pour l’échafaud un roi et une reine. Madame la ministre de la justice devra trancher. Je crains que Madame, après une rapide décision fasse conduire les coqs, en bordure de Seine, quai de la Mégisserie, non pour une promenade, mais pour une mise en cage, avant d’être vendu aux Emirats Arabes, et nous savons déjà que le cours de la Bourse grimpera avec une rapidité affolante. Pareil à New-York, à Wall Street, The Financial District sera en alerte, tous au clavier et au téléphone, ça va bouger, ça bouge, le chant du coq prend de la valeur, le cri du coq alerte, fait tanguer les milieux. Mister Fric. Oh ! Comme aujourd’hui je suis heureux d’être là ! Je me dis que nous avons encore beaucoup de chance de pouvoir humer, sentir, respirer, flairer, jouer, danser, s’aimer ! Et si quelques-uns taguent, c’est parce qu’ il reste encore des murs horriblement laids à embellir, il reste peu de temps pour profiter d’une liberté acquise, il y a peu d’années pour s’exprimer avant que les gardes mobiles s’installent là, dans des casernes circonférencielles, alors que tout au long de ce parcours, encerclant les arrondissements de la capitale, notre cou se tord vers la ville, nos yeux se tournent vers l’intérieur de la Cité et vers l’extérieur, et se clot douloureusement à la vue de certaines horreurs montées en chapiteau de cirque de ciment et verre fragile. En bordure de cette ceinture périphérique, où de tout son long des barres de béton s’alignent honteusement, dominos éparses que des joueurs de l’Etat ont laissé construire sans scrupules, dont rien ne peut cacher que des hommes se sont trompés sur la vraie réalité de la nature. Vaisseaux armés de béton immuables, clapiers fabriqués par des hommes pour les hommes, voies sans voies d’issues ou alors, menant au chaos voulant faire taire les voix de quelques écologistes récalcitrants, qui contestent le matérialisme et le consumérisme des sociétés industrielles et tout ce qui est y est lié. Des hommes et des femmes qui aspiraient à une sorte de fraternité universelle pour laquelle ils espéraient de belles idées techniques dans des sociétés industrielles traditionnelles, ce complexe idéologique. Certains jeunes se sont installés là, sous des tentes et abris de fortune, bâches transparentes ressemblant à des chewing-gums soutenus par quatre bâtons, par refus de l’autorité, d’abord parentale, et tout ce qui en découle : toute domination de l’un et de l’autre, cherchant à vivre libre, cherchant simplement à vivre. Mais que les difficultés quotidiennes font fuir de ces minces ilots de verdure où déjà on les pousse à quitter ce Paradis qu’ils s’étaient construits eux-mêmes, avant que les politiques fassent leur choix. Les sociétés occidentales ne se voient plus clairement dans le miroir du futur ; elles semblent hantées par le chômage, gagnées par l’incertitude, intimidées par le choc des nouvelles technologies, troublées par la mondialisation de l’économie, préoccupées par la dégradation de l’environnement et fortement démoralisées par une corruption galopante. De surcroît, la prolifération des « guerres ethniques » répand sur ses sociétés les relents d’un remords et comme un sentiment de nausée.
Pour finir cette promenade qui a les effets d’un beau voyage de connaissance, rien de tel autour de Paris que d’aller par des chemins creux, entre des voies de chemin de fer presque naturelles dans un paysage qui semble si loin de notre vie habituelle, si loin de la ville aux traverses d’odeurs de miel d’abeilles qui nous transportent si joliment vers l’enfance et les récréations.
Remerciements : Merci à Gérard Lavalette qui accourut à mon appel pour immortaliser cette fin de journée et réussit à faire quelques portraits. Un immense merci à Judith, qui sut si bien s’y prendre pour dompter le fauve et nous sortir des tracas. Bienvenu Merino

Et merci à Patrick Naudier pour le montage du diaporama.
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mercredi, 03 juin 2009
L'ECOLE MATERNELLE 42 RUE DES MARONITES PARIS VINGTIEME ARRONDISSEMENT N'EST PLUS

A Guy Darol, qui fut élève de cette école, dans les années 1950, auteur d’un livre émouvant, Héros de papier, véritable éloge de la lecture et de la venue à l’écriture.
I
Dans cette école maternelle, les classes ne sont plus assurées, l’administration de l’éducation nationale y a mis terme. Mais le corps de bâtiment est toujours là, debout, ses murs solides, en pierres grises pâles, montées en faux morceaux de sucre et enrubannées dans leurs façades de liserés de briques rouge-rose, cette couleur que l’on attribue souvent au féminin, dont les mamans, il n’y a pas si longtemps, aimaient faire porter par leurs filles. Corsages roses, contrastés bien souvent avec la jupe marine, taillée de mains souples par des mères inquiètes de vouloir donner la meilleure image de leur progéniture. De ces murs de l’école, montent encore les cris joyeux des angelots mominards parisiens, des pleurs aussi, des appels poignants aux mamans et papas s’élèvent au-dessus de la petite cour de récréation séparée d’une autre cour, celle des grands de la Communale, par un muret pas trop haut, cependant suffisamment pour faire croire à ces petits que c’est infranchissable. Cette bâtisse est la mémoire de tout le quartier de l’îlot de la rue du Pressoir. Long rectangle magique, où des milliers d’enfants, de générations en générations, hommes et femmes aujourd’hui, ont fait l’apprentissage de la langue et de l’écriture ! Si l’école maternelle demeure, ces salles de classes ont depuis peu, d’autres fonctions. Dorénavant elles servent d’annexes et de bureaux. C’est lors des dernières Portes Ouvertes d’Ateliers d’Artistes de Ménilmontant que j’ai eu le privilège de découvrir l’intérieur de l’école et sa cour, où Guy Darol, tout jeune enfant, élabora ses premiers plans de jeux, édifia ses premières barricades, ne se méfiant pas à priori de certaines institutrices, apparemment douces, et inventa de nouveaux westerns d’où sortaient toujours vainqueurs, les indiens, ses favoris. C’est dans l'une de ces classes qu'il travailla ses cours d’élève assidu. Et n’oublia jamais le merveilleux souvenir de Blanche Neige et les sept nains, projeté dans une grande salle, sur la gauche, en entrant par la rue des Maronites, salle qui jouxtait un vaste dortoir. Salle fée. Blanche-Neige est une princesse dont la très grande beauté rend jalouse la Reine, sa belle-mère, qui ordonna son assassinat. Epargnée mais abandonnée dans la forêt, elle trouve refuge chez sept nains qui l’intègrent à leur communauté. L’action débute lorsqu’un jour, la Reine interrogeant son miroir, celui-ci lui répond que la plus belle du royaume est dorénavant la princesse Blanche-Neige. Peu après, celle-ci, alors qu’elle lave l’escalier du château tout en chantant, est aperçue par un prince, qui, ébloui, lui chante son amour.
C’est aussi, dans une de ces classes, que naîtra, pour Guy Darol, le goût et la passion de la lecture, les devoirs bien fait et le long début du métier de lire et écrire dont il témoigne avec beaucoup d’émotion dans son livre Héros de papier : « La lecture était ma bouée, radeau de survie ; également mon tapis volant. Je me cramponnais… Une échappatoire, à ce que l’on dit. Il est vrai que je me caltais sur le torrent des mots. Leurs cascades, leurs écueils, les visages en épingles, tout me secouait de frissons. Chaque histoire avalée me laissait sur le sable, tristounet. Mais la promesse d’une suite me regonflait de joie. Je ne sais comment tout arrivait. Quel chemin arpentait mon père pour m’approvisionner ? Qu’est-ce qui le dirigeait ? Ses goûts étaient les miens. Il se mit à lire, lui aussi, à dévorer, à se goinfrer, sacrifiant sa femme sur l’autel de la boulimie. Nous fûmes bientôt dans le même lit, environnés de bouquins, éblouis de mots, de lumières. C’est par la ruse que j’ai vaincu, par la fugue que je m’en suis allé . Avec la nuit, j’ai feinté. Les trouilles n’en sont pas toutes parties, mais la lecture m’étant permise, j’en abusais, et je confondais mes parents qui voyaient dans cette griserie un penchant à sortir du rang. Issus de Bretagne, ils me souhaitaient plus noble sort. Ça j’étais averti. Etant donné mes origines, enracinées à des lopins, il fallait pour m’en arracher, doubler d’effort, travailler dur. D’où tu viens, on me répétait, il faudra faire tes preuves. « J’étais tiré à quatre épingles ; le cheveu court, chemise, cravate. Chaussures vernies. On me croyait des grands boulevards, je descendais des chemins creux ; terre battue astiquée au balai de genêt ; fermes basses. « Si tu ne veux pas apprendre, on me disait, tu garderas les vaches. De Dieu, cette perspective m’aiguillonnait. Je ne voulais pas finir bouvier, tirer les patates, pousser le soc. Mes parents n’avaient pas eu de chance. Ils trimèrent à l’âge de douze ans. L’école en avait assez fait. Ils savaient lire, écrire, compter. Leur place était à la charrue. Ils eurent le sursaut de s’enfuir. J’ai mal à les imaginer, patoisant gare Montparnasse pour demander ligne de bus ou de métro. Paris fut leur Eldorado. Et c’est ainsi que je suis né en bord de Seine, à l’Hôtel-Dieu, le pied fluvial et la tête toute emplie d’oiseaux. Et c’est ainsi que j’ai grandi dans le souvenir des vignes de Ménilmontant, rue du Pressoir. Quatrième étage. Les fenêtres étaient peintes de bleu, celui des charrettes agricoles. Aussi vite, j’aurais pu émerger à New York ou à Dublin, c’était possible. Par Joseph, j’ai du sang d’Irlande...» «Joseph s’arrogea de m’élever dans le culte du verbe acrobate, et le respect de l’arbre qui porte l’oiseau et qui touche le ciel. Il m’étoffa d’un lexique champêtre, le modulant un peu d’argot et de langue gallèse».

II
ECOLE DE LA REPUBLIQUE
DE LA DEMOCRATIE ET DE L’EMANCIPATION
A l’heure où l’école, l’éducation, l’enseignement sont au centre du combat public, que l’avenir des enfants est l'une des principales préoccupations d’une majorité de nos concitoyens, au moment où l’on assiste à d’importants mouvements sociaux, notamment de la part des enseignants qui contestent la réforme gouvernementale de l’éducation nationale dans le cadre de sa politique de décentralisation, il semble opportun de traiter l’histoire de l’école républicaine, obligatoire, gratuite et laïque. Le savoir reste le seul élément qui donne à l’individu l’émancipation, le sens de la responsabilité, la capacité d’être libre. L’ignorant sera toujours dépendant de quelqu’un, d’un groupe, d’un dogme. Ce n’est pas un hasard si l’accès à la connaissance fut difficilement accordé au peuple, car ce droit de savoir, pendant trop longtemps accordé à une élite, avait pour seule finalité de servir ceux qui détenaient le pouvoir. Voltaire qui a marqué son empreinte dans le combat des libertés, en dénonçant le fanatisme religieux, l’absolutisme royal et les insuffisances de la justice, s’interrogea pourtant sur la nécessité de permettre aux paysans d’apprendre à lire et à écrire, alors, disait-il, que la seule tâche qui leur était prescrite était de labourer et semer les champs. Un état d’esprit qui peut surprendre de la part d’un intellectuel engagé pour le progrès et qui, toutefois, est très significatif des pesanteurs que représentent certaines formes de préjugés. On sait que le combat pour l’égalité des droits n’est pas facile. L’histoire montre qu’il a fallu bien des engagements et beaucoup de détermination pour imposer l’école de la république et de la démocratie. Au regard du conflit qui oppose une grande majorité des enseignants au gouvernement, concernant la réforme de l’Education Nationale dans le cadre de la politique de décentralisation, aujourd’hui, le sujet reste sensible et prioritaire, car si l’école est obligatoire pour tous, l’égalité des chances d’assurer son avenir par la connaissance est loin d’être réalisée. En période de crise profonde où précisément les injustices sont fortes, l’effort de la collectivité citoyenne et ceux de l’Etat pour apporter des réponses aux plus défavorisés est une obligation civique. C’est là, l’essence même du rôle de l’école démocratique. Bienvenu Merino

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lundi, 25 mai 2009
L'OISEAU-FILLE DE L'ILOT RUE DU PRESSOIR

Dessin : Pablo España Gutierrez, 9 ans
On l’entend rarement ; mais lorsqu’il se manifeste, il chante-sonne, tel une horloge : Tu..Tu.. suivi d’un bruit sourd de train qui s’essouffle. Par sa présence avec le bruit il a tout du Petit-duc Scops, mais lui est très rarement détectable, car cet oiseau de nuit est souvent silencieux, muet, diraient les vieux. Il semble blessé, car sa tête est je crois aplatie et son plumage souffre de calvitie. Son unique membre supérieur, très velu, se termine par des crochets aiguisés, qu’il utilise souvent pour se nourrir. Son œil gauche est bleu, cerné d’une pupille vert pomme, l’autre est toujours clos. Je ne sais pas s’il est borgne ou si c’est une malformation de naissance. Il ne paraît que la nuit, s’il arrive à se montrer ! Oiseau bourguignon ? Andalou, d’après Pablo qui en a fait le dessin ? Niche-t-il à Vincennes, au donjon du château ? Émigré de Bretagne, là-bas du côté de Trédrez-Locquémeau ? Région favorable aux émigrations ! D’où vient-il ? Personne ne le sait car ils sont bien rares ceux qui connaissent sa présence dans les parages, où aucun arbre peut l’accueillir. Les buttes Chaumont sont proches mais par ici, personne ne semble s’intéresser aux oiseaux. Personne n’a plus de temps pour la nature comme si les oiseaux dans ce quartier de Paris il n’en existait plus, effrayés, fuyants et migrants depuis les années 1960, lorsque pioches et pelleteuses ont ratiboisé les belles rues, ruelles et passages d’autrefois.
Comme tout oiseau, animal céleste par excellence, il représente souvent les aspirations les plus élevées, la part spirituelle de l’homme qui parvient à se libérer de la pesanteur terrestre. Dans la tradition chrétienne, l’Esprit Saint est représenté par une colombe et le mystique soufi Ibn’arabî faisait de celle-ci l’image de l’âme universelle. Le vol des oiseaux entre terre et ciel les prédisposait, croyait-on, à connaître les secrets des dieux et les auspices se basaient sur leur vol, mouvements et chants. L’étude de ceux-ci permettait d’en tirer de bons ou mauvais présages. De là vient l’expression un « oiseau de mauvaise augure » ou « oiseau de malheur ». Ce que je peux certifier, sans aucun doute, c’est que l’oiseau dont je me préoccupe est atterré par le silence des hauts immeubles blancs du quartier, où peu d’arbres peuvent les accueillir. Et s’il est venu parfois se poser dans ma main, c’est qu’il a peur et n’a rien d’un oiseau de mauvais présage, bien au contraire. Si vous le voyez un jour, de très près, vous serez étonné par la beauté de ce bébé-fille. Il faut en prendre soin. Préservez les oiseaux, mais d’abord, respectez la nature, l’environnement, les arbres, inexistants dans la plate-forme du 23 et 25 rue du Pressoir, appelée Square du Nouveau Belleville. Bienvenu Merino
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samedi, 16 mai 2009
RUE DU PRESSOIR/ALTITUDE : 116 METRES AU-DESSUS DE LA MER

Armoiries de Paris

Chanteur de rue Pyrénéen avec son orgue de barbarie en route pour Ménilmontant au début du 20e siècle
Les altitudes par rapport au niveau de la mer varient de 26 mètres au bord de la Seine, à Grenelle, à 129 mètres à la station de métro « Télégraphe ».
Liste des principaux sommets parisiens :
Télégraphe : 129 mètres
Montmartre : 128 mètres
Ménilmontant : 118 mètres
Belleville : 115 mètres
Rue du Pressoir : 116 mètres
Buttes-Chaumont : 101 mètres
Montsouris : 78 mètres
Charonne : 65 mètres
Montagne Sainte-Geneviève : 60 mètres
Butte-aux-Cailles : 60 mètres
Maison-Blanche : 53 mètres
Bienvenu Merino
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samedi, 09 mai 2009
LA RUE DU PRESSOIR VUE PAR GERARD LAVALETTE



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http://www.flickr.com/photos/gerard_lavalette/set...
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lundi, 04 mai 2009
PHOTOGRAPHIES DE GERALD BLONCOURT, GERARD LAVALETTE & LIONEL MOUREAU

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samedi, 02 mai 2009
SALON DE L'ENFANCE

Bonjour à tous,
Après avoir pris connaissance sur notre site de Paroles et Mémoires des quartiers populaires concernant la culture pour tous, moult souvenirs me reviennent en mémoire. L'histoire se déroule en partance de l'école primaire de la rue Etienne Dolet. Notre institutrice obtenait régulièrement de la municipalité des billets gratuits pour le théatre, pour assister à différents spectacles, etc... Madame Buissière distribuait ces quelques billets à ses élèves. C'est d'ailleurs grâce à cela que j'ai eu la chance de pouvoir assister à certaines représentations, telles que Le Bourgeois Gentilhomme et L'Avare.
Ces rôles étaient interprétés par l'acteur louis Seignier.
La vie de Chopin dansée avec la participation des ballets de Valla Bovie. Sans oublier la célèbre dramaturge Maria Casarès qui se produisait au T.N.P. C'était une fenêtre ouverte sur la culture. Ce qui était fabuleux aussi, c'était la prestation exécutée par Alain Giletti et Alain Calmat au Palais des Glaces, sur le thème Un Gamin de Paris, avec la musique. A l'époque ces patineurs étaient débutants.
Puis, la dernière année, toute la classe s'était rendue au Salon de l'Enfance. Nous étions toutes très heureuses. C'était un véritable événement. Ce dont je me souviens comme si c'était hier, c'est de l'explication, et de la démonstration de la fabrication de la margarine, la célèbre marque "Astra". C'était tout nouveau ! Il y avait la dégustation d'Astra avec du pain de mie. Séance de cinéma,cadeaux, prospectus, échantillons de margarine "Astra" ... cela coule de source!
Cette visite au Salon de l'Enfance, se déroulait il y a un peu plus de cinquante ans, sous la présidence de monsieur René Coty (1954-1959). Nicole Bourg
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mardi, 28 avril 2009
LES FRANCAIS N'EN PEUVENT PLUS ET DEMANDENT PLUS DE JUSTICE

Ce 1er mai 2009 en hommage, à Tony Bloncourt (1)
Dans la philosophie politique, le mot anarchie s’emploie dans un sens voisin du mot anarchisme, et désigne un système politique et social où l’individu se développerait librement selon ses droits naturels et où la société se passerait de gouvernement central. Dans les principes généraux de cette doctrine, dont les formes sont très variées dans le détail, tout homme a un droit naturel égal et imprescriptible au bonheur et à se développer librement. Ce droit est souvent annihilé dans les sociétés existantes par un ensemble d’institutions coupables : pouvoir central, religion, famille, propriété, militarisme, patriotisme, etc. qui ont établi sur la terre un régime injustifiable, logiquement et pratiquement criminel. Ce régime doit être rejeté à bas et remplacé par celui de la liberté et de la fraternité véritables. Ce sera un état de communauté où chacun travaillera selon ses forces et recevra selon ses besoins. Tous, seront égaux, les unions seront libres. L’homme est, sinon naturellement bon et bienfaisant, au moins capable de le devenir et de se rendre compte que son intérêt bien entendu est inséparable de celui de l’humanité. Il est possible et juste qu’un état de mœurs fraternelles remplace l’état actuel de certaines lois oppressives et injustes.
VIVE LE 1er MAI 2009 !


L’incontournable chanteur des « Chansons de la Commune ». La voix de Riton est la moins timide des chanteurs révolutionnaires de Paname. Si les paroles de ses chansons, accompagnées de la musique de son orgue de barbarie, monté sur un chariot à roues, semble frapper, comme des coups de bâtons derrière les oreilles, détrompez-vous, cet artiste n’est pas le trublion que l’ont dit, à tort. Il n’infeste pas notre beau paysage de France, bien au contraire. Son grand mal est d’aller seul et brave vers le public, avec les valeurs autres que celles qui assiègent notre liberté, pour que chacun d’entre nous puisse aller de l’avant avec un visage plus souriant. C’est ce que nous transmet ce poète, lorsqu’on le rencontre pour la première fois : sourire et générosité d’un grand cœur.

Photo Gérard Lavalette : Riton La Manivelle, défenseur des causes du Peuple, lisant un journal dans un café rue de Montreuil, Paris 11e
Lien musical www.myspace.com/ritonlamanivelle

Photo Gérald Bloncourt : Manifestation contre le fascisme, boulevard Voltaire, le 8 février 1962
Dimanche 3 mai 2009, aura lieu le 4ème P’tit Bal Sauvage de Ménilmontant, Paris 20e. Avec la participation de nombreux orchestres populaires, chanteurs et musiciens de rue. Place de Ménilmontant, dans la rue de Ménilmontant, face à la rue des Amandiers.
A PARTIR DE 15 H.
IL Y AURA A BOIRE ET A MANGER

(1) Actes de résistance : Tony Bloncourt
En 1939, le jeune Tony fait ses études à Paris. Son trop jeune âge, et l’effondrement totale et rapide de l’armée française, ne lui permettent pas de prendre part aux combats de mai-juin. Mais aussitôt, il fait partie des jeunes qui se révoltent contre l’Occupation. Après juin 1941 (rupture du pacte germano-soviétique), le jeune Bloncourt fera partie des mouvements de résistance qui conduiront à son arrestation, puis à sa condamnation à mort et à son exécution , au Mont Valérien, le 9 mars 1942. Comme Guy Môquet et comme tant d’autres, dans le même cas tragique, il écrira à ses parents la lettre émouvante qu’on peut lire ci-dessous.
" Papa sois fort, Maman, je te supplie d'être courageuse, vous saurez la
terrible nouvelle déjà, quand vous recevrez ma lettre. Je meurs avec
courage, je ne tremble pas devant la mort. Ce que j'ai fait, je ne regrette
pas si cela a pu servir mon pays et la liberté. Je regrette profondément de
quitter la vie, parce que je me sentais capable d'être utile. Toute ma
volonté a été tendue pour assurer un monde meilleur. J'ai la certitude
que le monde de demain sera meilleur ; plus juste, que les humbles et les
petits auront le droit de vivre plus dignement, plus humainement. Je
suis sûr que vous me comprenez, papa et maman chéris, que vous ne me blâmez
pas. Soyez forts et courageux. Je pense à vous de toute ma puissance,
jusqu'au bout, je vous regarderai. Je pleure ma jeunesse, je ne pleure pas
mes actes. Je regrette aussi mes chères études, j'aurais voulu consacrer ma
vie à la science. Que Coucoute continue à bien travailler, qu'il se dise que
la plus belle chose qu'un homme puisse faire, c’est d’être utile à quelque chose. Que sa
vie ne soit pas égoïste, qu'il la donne à ses semblables quelle que soit
leur race, quelles que soient leurs opinions. S'il a la vocation des
sciences, qu'il continue l'œuvre que j'ai commencé d'entreprendre ; qu'il
s'intéresse à la physique et aux immortelles théories d'Einstein, dont il
comprendra plus tard l'immense portée philosophique. Maman chérie, je
t'aime comme jamais je ne t'ai aimée. Je sens maintenant tout le prix de
l'œuvre que tu as entrepris à Haïti. Continue d'éduquer ces pauvres petits
Haïtiens. Donner de l'instruction à ses semblables est la plus noble tâche !
Papa chéri, toi qui es un homme et un homme fort, console Maman. Maman Dédé
chérie, tu as la même place en mon cœur que Maman. Tous vivez en paix et
pensez bien à moi. Je vous embrasse tous bien fort comme je vous aime. Tout
ce que j'ai comme puissance d'amour en moi passe en vous. Papa soit fort,
Maman, je te supplie d'être courageuse. Maman Dédé, toi aussi. Mon vieux
Coucoute et won vieux Gérald, je vous embrasse bien fort. Il faut aussi
embrasser maman Tata bien fort. Pensez à moi. Adieu !
Votre petit Tony "
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dimanche, 26 avril 2009
LE FUNICULAIRE AUTREFOIS

A la différence de villes comme Lyon ou Marseille, Paris ne possède pas un relief présentant de sérieux obstacles à la circulation d’omnibus hippomobiles, de tramways mécaniques ou d’autobus. Aussi la construction de funiculaires n’a-t-elle été entreprise que pour les collines de Belleville et de Montmartre. Le funiculaire de Belleville est conçu selon la technique du câble sans fin à mouvement continu utilisé depuis 1873 à San Francisco. Mis en service le 25 août 1891, il part de la place de la République, emprunte les rues du Faubourg-du-Temple et de Belleville et se termine devant l’église de Belleville, soit une longueur totale d’un peu plus de 2 kilomètres. Destiné à une clientèle populaire, le funiculaire de Belleville est bon marché : 10 centimes dans la journée, 5 durant la première et la dernière heure de service. Il fonctionne dix-huit heures par jour et transporte environ cinq millions de passagers par an, à une vitesse moyenne de 12 kilomètres à l’heure. Il n’a connu qu’un accident grave, le 9 janvier 1906 : la rupture d’un des grips enserrant le câble lui ayant fait dévaler la colline jusqu’à la place de la République à la vitesse d'environ 120 kilomètres à l’heure. Les voyageurs pris de panique sautèrent en marche et s’il n’y eu pas de morts ; on compta dix-sept blessés. Le matériel vétuste ne fut pas remplacé et le funiculaire cessa de fonctionner le 18 juillet 1924, remplacé par un service d’autobus. Bienvenu Merino
Chaque dimanche, nous publions sur le site de la Rue du Pressoir une image de notre quartier. Seulement, nous ne disposons que d'un très faible stock. Nos albums personnels sont limités. Aussi faisons-nous appel à vos archives. Si vous possédez une photographie que vous souhaiteriez mettre en ligne, avec les mentions et légendes que vous jugerez nécessaires, faites-nous plaisir. Elles feront le bonheur des visiteurs toujours plus nombreux qui viennent flâner parmi nos pages.
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dimanche, 19 avril 2009
MAURICE THOREZ AU CAFE

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jeudi, 16 avril 2009
PAROLES ET MEMOIRES DES QUARTIERS POPULAIRES/LA MAISON DES METALLOS

UN PROJET DE CANAL MARCHES
A LA MAISON DES METALLOS A PARIS
Exposition-installation-vidéo
Festival de films
Rencontres
Du 14 au 26 avril 2009
De 14h à 19h
Nocturnes les jeudis et samedis jusqu’à 22h
Entrée libre
Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris
Métros : Couronnes et Parmentier, bus 96

« Paroles et Mémoires des Quartiers Populaires » est une exposition-vidéo qui retrace le travail de dizaines d’ateliers et de tournages organisés depuis trois ans avec plusieurs centaines d’habitants de la Région Ile de France ; installation, programmation de films, rencontres et débats avec divers acteurs des mouvements sociaux de ces dernières années font échos aux films issus du travail en ateliers. L’exposition est une œuvre collective de mémoire et d’expression populaire, politique et poétique. Un tour d’horizon sur la place et la visibilité des habitants(es) des quartiers populaires, des salariés, des mouvements sociaux et des « sans » papiers, sans emploi, sans logement ou mal logés.
Leur laisser choisir la façon dont ils veulent se montrer par la création, les rendre visibles et par ce biais lutter contre le chômage, la précarité, dénoncer le concept d’exclusion. Mise en lumière de ceux qu’une époque qui célèbre pour mieux les nier les droits universels de l’être humain, voue à l’ombre et au déni. Toutes ces images, traces des laissés pour compte et des précaires, des oubliés de l’histoire, dressent un tableau des résistances et des combats, expriment directement le pourquoi et le comment de leur colère, les raisons de leur indignation, ainsi que leurs revendications et leurs espoirs.
Le public est invité à déambuler dans plusieurs salles autour d’un parcours vidéo et d’un très grand écran (10 m x 3 m).
Représentation poétique, organisation sensible de fragments vidéo, paroles, sourires, gestes de jeunes et d’anciens, moments de vie dans les quartiers, au travail, résistances. Belle jeunesse ouverte, grandeurs des acteurs anonymes, messages fraternels, mots justes, vrais, émotifs. Beaucoup d’amour dans tout ce que nous entendons, dans ce que nous voyons : du cœur, rien que du cœur et immensément de tendresse et de générosité. Images magnifiques de pudeur et d’amour et de fraternité, doigts d’actrices africaines demeurant à Paris, alliant le métier de femmes de ménage et d’actrice pour s’en sortir et serrant ses crayons du bout des doigts. Elle nous parle de sa vie, du cinéma, de l’art, de sa famille, en esquivant les difficultés quotidiennes, en soulignant son souhait d’apprendre à lire et à écrire car elle n’oublie pas sa maîtresse d’école en Afrique qui lui insuffla le début de son éducation primaire. Elle nous rappelle encore son désir d’étudier pour mieux se débrouiller et trouver un meilleur rôle au cinéma. N’oublions pas, elle est actrice. Bienvenu Merino
Prendre la caméra, et se filmer, c’est aussi donner voix et visages aux prétendus fantômes sociaux, c’est émerger dans la société, y apparaître et s’y affirmer.
Valoriser l’expression artistique des sans voix pour en donner une dimension politique.
PROGRAMME DE PAROLES ET MEMOIRES DES QUARTIERS POPULAIRES
SITE DE LA MAISON DES METALLOS
Exposition à ne pas manquer
13:55 Publié dans DES PLANS SUR NOTRE COMETE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : maison des métallos, exposition, installation, vidéo, avril 2009, belleville, culture, paris |
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mercredi, 15 avril 2009
MA MAISON A BELLEVILLE/ACTE II

© Photo Bonilda Celio
LE GRENIER
Lorsque je souffre d’invasion, je monte le petit escalier de bois qui mène au grenier, et là, je m’assois sous la lucarne, devant un grand carré de ciel. Et c’est seulement après de longs moments de rêverie que je redescends deux étages au-dessous, dans le petit jardin et, souriant, je retrouve tout autour de moi les vrais visages de la vie. Ces instants de solitudes me suffisent pour continuer mon cycle heureux habituel. Bienvenu Merino
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dimanche, 12 avril 2009
RUE DES ENVIERGES

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dimanche, 05 avril 2009
DESTRUCTION DE LA RUE VILIN

Photographie Philippe Hiriga
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vendredi, 03 avril 2009
MA MAISON A BELLEVILLE

Par la fenêtre de gauche où j’ai ma pièce à écrire, je regarde les fleurs, rosiers, pivoines, violettes, les choux verts et les orties cultivés pour la soupe du soir. L’autre pièce, au rez-de-jardin, ici, fenêtre fermée, est la pièce d’Isabelle, ma compagne. Elle a son chez elle chez moi, à moins d’un mètre de ma banque de livres. Au-dessus, au premier étage, nous habitons l’amour, dans un grand lit, avec matelas d’eau. Cela suffit, nous vivons bien ! Bienvenu Merino
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dimanche, 29 mars 2009
RUE VILIN

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samedi, 28 mars 2009
GUY DAROL EXPLORATEUR DE FRANK ZAPPA

Tout autour de Zappa à la Librairie Dialogues, ce samedi 28 mars, à 17h
Librairie Dialogues
9, rue de Aiguillon
29600 Morlaix
Tel : 09 63 25 23 36
The Grand Wazoo est un album de jazz-rock fusion de Frank Zappa parut en 1972, pendant sa période de convalescence. Le 10 décembre, Zappa est projeté dans la fosse d’orchestre par un spectateur, Trevor Howell, lors d’un concert donné au Rainbow Theater de Londres. Celui-ci justifia l’agression de deux manières : soit il jugea la qualité de la prestation trop médiocre, soit il considéra que Frank Zappa avait regardé sa petite amie avec trop d’insistance. Mais, personnellement, je pense que l’auteur de cette violence pris conscience de la « vérité » dévoilée dans les propos du chanteur-guitariste et c’est ainsi qu’il se manifesta violemment. Frank Zappa souffre de plusieurs fractures sérieuses, d’un traumatisme crânien, de blessures au dos, au cou, ainsi que d’un écrasement du larynx. Pendant plus d’un an, Frank Zappa reste en chaise roulante, dans l’incapacité de jouer en concert et gardera des séquelles de ce triste évènement. Il s’agit d’un album à dominance instrumentale, la musique ne pastiche pas les styles populaires comme on peut l’entendre sur de nombreux albums, même si l’on retrouve des emprunts dans différents morceaux.
Cet album est plutôt marqué par la musique contemporaine avec des orchestrations riches donnant la part belle aux cuivres et à une caisse claire martiale, avec la guitare électrique venant en renfort. Il met également à l’honneur le jazz, notamment dans BLESSED RELIEF où il apparaît sous une forme conventionnelle. Il explore des ambiances très différentes : mélodie et orchestration complexe dans THE GRAND WAZOO, bancale et déstructurée dans FOR CALVIN, délirante-joyeuse dans CLETUS AWREETUS-AWRIGHUS, et pour finir cool dans BLESSED RELIEF.
Guy Darol nous conduit au cœur de la réflexion de Zappa, nous fait découvrir les ingéniosités du grand artiste et démontre, avec une clarté limpide et époustouflante la panoplie superbe du jongleur-musicien magistral, du chanteur inventeur d’un trapèze emmenant avec lui, dans une voltige à couper le souffle, une partie de la jeunesse américaine et aussi du monde entier. Guy Darol retrace une partie de la route de Zappa.
« Comme les chevaliers agitaient l’oriflamme, Zappa envoie ses textes à la face d’une Amérique à la « cérébralité livide » (Joseph Delteil). Il ne mâche pas ses mots contre « les têtes molles » (Lautréamont), les puritains et autres prosélytes de bonnes manières - un schmuck est un schmuck. A la plommée, Zappa dégomme l’armée, la police, les politiciens, Dieu sur son sofa bordeaux, les évangélistes, le star system, la publicité, et ses victimes consentantes, les consommateurs de drogue et leurs pourvoyeurs, l’école et enfin la normalité. Oncle Sam lui fait les gros yeux. La société américaine qui jure sur la Bible et les pèlerins du Mayflower, qui n’apprécie pas les invectives du trublion. Dès 1965, Zappa est de mèche avec Lenny Bruce, en cheville avec les contestataires qui fustigent l’engagement militaire au Viêt-Nam. Depuis Freak Out !, il travaille au libelle. Ses chansons bien humectées d’acide (chlorhydrique s’entend) éclaboussent les néonazis et la droite évangélique coalisés contre l’avortement et la sexualité démuselée. Après avoir ri de la « gelée d’amour » tartinée par le flower power, Zappa brocarde les yuppies (young urban professionals) et leurs notices d’hygiènes. « Bobby Brown », sur Sheik Yerbouti, incarne cette morale désinfectante qui ordonne d’être « toujours jeune, riche et en bonne santé ». Le danger ne provient-il pas de l’Utopie qui se profile, sous la bannière de Monsieur Propre, tout opposé, il va de soi, aux idées libertaires de Fourier ? Les racines du mal, solidement fixées dans les mentalités, mobilisent Zappa contre l’apathie à frime de légumes - « Call Any Vegetable » sur Just Another Band From L.A. -, aussi monte-il au créneau pour prévenir l’inquisition dont les relents continuent de pourrir la société américaine depuis la chasse aux sorcières. Rien n’a changé sous le soleil républicain. Zappa voit se profiler, comme au temps de la HUAC (House Un-American Activities Committee), le spectre détergent et son cyclone de pureté qui transforma l’Amérique, à la fin des années 1940, en un tribunal permanent ». Bienvenu Merino
08:46 Publié dans EN LISANT EN CHANTANT | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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lundi, 16 mars 2009
CARREFOUR RUE GASNIER-GUY/RUE SORBIER

Tous les familiers de Ménilmontant reconnaîtront le carrefour de la rue Gasnier-Guy et de la rue Sorbier.
Il est surprenant de constater que le lieu est demeuré terrain vague si longtemps ! En effet, cette aquarelle date des années 30. Elle a été peinte par un oncle de mon mari, ancien de l'école Boulle, qui possédait un joli talent de peintre et dessinateur. Il me semble, pour être passée récemment dans ce secteur, qu'on est en train de le meubler ... Le petit square qui se trouve en face vient d'être réaménagé, en même temps, d'ailleurs que la partie de la rue Sorbier qui débouche sur la rue de Ménilmontant. Lucile
06:27 Publié dans IMAGIER | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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dimanche, 15 mars 2009
LA BELLEVILLOISE

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jeudi, 12 mars 2009
23 RUE HENRI-CHEVREAU/SOUVENIRS D'ENFANCE

Ma tante était propriétaire d’une petite boutique de mercerie, journaux, jouets et bonbons.
Je me souviens, en entrant dans ce lieu, de cette odeur de journal et confiserie mêlée aux autres produits en vente, ainsi que les effluves d’un plat qui mijotait dans la cuisine de l’arrière boutique. Il y régnait une atmosphère chaude et feutrée. Je me sentais bien et un peu fier d’avoir une Tata boutiquière.
Par une petite porte qui se trouvait dans la cuisine, on débouchait dans un petit jardin situé en bordure de la voie ferrée de la petite ceinture. Quelle était ma joie d’y voir un rare train passer, et même s’arrêter à la gare qui hélas, n’était déjà plus en service en ces années 50.
Dans ce jardinet, mon oncle tenait une petite échoppe de cordonnerie et ressemelage. Je n’ai pas oublié ces odeurs de cuir, de colle et de cirage. Et celles …des chaussures déjà réparées, ou en attente de l’être.
Cette visite chez ces Parents, était pour moi, le petit Parisien, une vraie sortie à la campagne. Georges
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lundi, 09 mars 2009
CHEVALINE, BLANCHISSERIE, HERBORISTERIE, CORDONNERIE ET TOUJOURS LES ATELIERS

Suite à l'évocation de Lucile concernant la petite épicerie auvergnate de la rue des Maronites, côté impair, celle dans laquelle nous pouvions nous procurer les fameux grattons et bien d'autres choses encore, notamment, des bananes séchées.
En effet, beaucoup de souvenirs resurgissent. Je n'avais pas encore six ans, une cousine de maman arrivait de Turin avec ses deux fils. Ceux-ci devaient disputer un match de foot à Paris. Par la même occasion, nous rendre visite et faire la connaissance de mon petit frère qui avait six mois. Mes parents appréciaient les grattons, moi, les bananes séchées. Ce souvenir est très présent, car je suis allée dans cette petite boutique avec mes cousins et maman.
Ils ont acheté pour moi ces délicieuses bananes séchées qui paraît-il permettraient sans aucun doute de gagner le match! Pour les autres membres de la famille... il y avait les grattons.
D'autre part, je me souviens bien, en sortant de chez moi, (le 31), sur ma gauche cette fois, après le bar, d'une boucherie chevaline. L'encadrement du magasin était peint en rouge écarlate, avec au-dessus de l'enseigne, une grosse tête de cheval toute dorée. A l'intérieur, tout était carrelé de blanc. Je devais avoir neuf ans. Ensuite, il y avait un petit atelier "France Cadres" ; c'était une fabrique d'encadrements pour photos, gravures, etc... Puis je revois l'épicerie tenue par Madame "Chémol" et son fils. Pour la petite histoire, mon petit frère disait toujours : " On va chez Mol? ". Une blanchisserie se trouvait peut-être avant l'Epicerie. Toujours du même côté, se situait l'Herboristerie.
Par contre, j'ai mentionné dans un précédent commentaire l'existence d'une cordonnerie en sortant de mon domicile, côté impair, sur ma droite. Le nez de ce petit homme était chaussé de lunettes rondes. Il avait une casquette bien ajustée sur son crâne. Sa boutique exiguë dégageait une forte odeur de cuir. Cela ressemblait plutôt à un cagibi !
Juste avant le cordonnier, il y avait un bar ( encore un! ). Au-dessus se trouvait le petit appartement d'une camarade de classe qui s'appelait Ida. Parfois, j'allais lui rendre visite. Ce que j'appréciais c'est qu'elle avait deux fenêtres sur rue ! Quelle aubaine ! Chez moi, les fenêtres donnaient sur la cour (la petite). C'était beaucoup plus frustrant ! A côté du bar, une cour donnait accès à des petits ateliers de confections, dont l'un était tenu par le père d'Ida. Il fournissait du travail à domicile. Deux de mes voisines cousaient chez elles. Lui, son père, confectionnait des pantalons.
Dans l'immeuble où résidaient le frère de maman et sa famille, il y avait une coiffeuse, qui travaillait à domicile, elle possédait une vraie salle de bains ! La pièce était verte, avec des carreaux de faïence noirs. J'étais fascinée lorsque nous y allions avec maman.
D'autres souvenirs de la rue des Maronites vous seront racontés un peu plus tard, car je trouve préférable d'écrire à petites doses, afin que tout le monde puisse s'exprimer. A bientôt... Nicole
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| Tags : rue des maronites, rue du pressoir, chevaline, épicerie, cordonnerie, herboristerie, paris, 1950, 1960 |
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dimanche, 08 mars 2009
RUE DES PANOYAUX

Cette photo a été prise par le père de mon époux du toit de l'immeuble de la rue des Panoyaux où il est né.
On y voit successivement :
au premier plan, le toit d'une imprimerie de la rue des Panoyaux et une maison du côté impair, l'arrière d'une maison de la rue des Platrières (la jeune femme qui devait devenir ma belle-mère est à la fenêtre du quatrième étage), les immeubles de la rue des Platrières, côté impair, à droite, l'arrière des immeubles de la rue Sorbier, côté pair.
On aperçoit, au loin, le clocher de Notre-Dame-de-la-Croix (à gauche d'une haute cheminée).
La photo date du 12 avril 1929, mais rien n'avait changé jusqu'à la démolition du quartier. Subsiste encore à ce jour, dans la rue des Platrières, heureux hasard, l'immeuble numéro 8, où est photographiée ma belle-mère et où a été élevé mon mari. Lucile
05:15 Publié dans L'IMAGE DU DIMANCHE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 04 mars 2009
27 RUE DU PRESSOIR

La relecture des billets de Josette a déclenché dans ma tête l’ouverture de la boîte à souvenirs.
Cela n’a rien d’original, mais juste après le 23/25 de la rue du Pressoir, se trouvait le 27 …
Une porte coincée entre l’angle de la rue et le garage donnait accès à un couloir, puis à une cour, où un raide escalier extérieur menait directement à un vaste local largement vitré.
Là, sous la houlette de « Mademoiselle Claire », une dizaine d’employées fabriquaient des articles de bonneterie à partir de gros rouleaux textiles dans lesquels elles découpaient les pièces à assembler. Cela m’impressionnait de voir avec quelle facilité la lame mordait les couches de tissu superposées, dans le bruit caractéristique des machines à coudre qui constituaient l’équipement principal de l’atelier.
J’ai eu accès à ce lieu à la fin de la guerre, lorsque Maman qui n’avait pas encore retrouvé d’emploi dans sa profession, y travailla quelque temps. En effet, depuis qu’elle avait quitté l’école, elle occupait un poste d’aide-comptable au siège des Pompes Funèbres Générales, boulevard Richard Lenoir. (Elle en gardait le meilleur souvenir et racontait, avec malice, que ce furent les années les plus drôles de sa vie professionnelle !) Au moment de l’exode, les PFG allèrent s’installer à Flers, dans l’Orne, et maman ne put les suivre ;Papa était mobilisé et nous étions nés, mon frère et moi. Elle piqua donc à la machine sans grand enthousiasme en attendant de pouvoir exercer à nouveau son métier.
Pour en revenir à cette petite entreprise du 27 rue du Pressoir, je me souviens que le patron passait pour être un peu distrait. Il habitait place de Ménilmontant, dans un de ces immeubles cossus qui forment encore un arc de cercle entre le boulevard de Belleville et la rue Oberkampf. Un matin qu’il était mal réveillé ou particulièrement préoccupé, il se retrouva sur le quai du métro… avec sa boîte à ordures qu’il avait oublié de vider dans la poubelle collective !
Je suis étonnée que les anciens de l’immeuble du 23/25 rue du Pressoir n’aient pas mentionné l’existence de cet atelier qui assurément créait de l’animation dans leur secteur. Ne serait-ce que par le va-et-vient des employés et des ouvrières à domicile qu’il faisait travailler.
Mais peut-être n’existait-il plus dans les années 50 ? Lucile
17:32 Publié dans LE COIN DU SOUVENIR | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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lundi, 02 mars 2009
DES ETABLISSEMENTS LEON WEILL AU MAGASIN DE LA MERE FOUILLIS

En parcourant le récit de Lucile qui nous conte si bien la rue des Maronites, malgré quelques problèmes, que j’espère passagers, j’interromps, un instant, mon silence radio, le billet de Lucile méritant quelques commentaires.
Rien qu’à la lecture de ce billet, je suis transportée dans le temps, mon imagination débordante m’aide à me retrouver au début des années 50 où avant de remonter la rue des Maronites et de m’engager dans la rue du Pressoir, je vais m’arrêter à l’angle du boulevard de Belleville et m’attarder devant ce magasin de voitures d’enfant décrit par Lucile.
J’ai un souvenir encore très présent de ce commerce, un magasin de voitures d’enfant mais aussi de jouets. Maintes fois, le nez collé à la vitrine, j'ai regardé, avec envie, les magnifiques poupées bien trop chères pour nous. Du souvenir de ce magasin, il me reste une vieille photo jaunie et abîmée, datant de 1953, où je pose, timide mais fière, les yeux écarquillés, aux côtés du Père Noël.
Un autre point fort dans le récit de Lucile : l’entreprise aux portes métalliques vert foncé. Cette entreprise se situait, effectivement, un peu plus haut après la boulangerie du coin. Comment oublier les Ets Léon Weill, fabricant de boucles en métal (il me semble pour chaussures, sacs et ceintures). Maman a fait partie, un temps, de ces femmes qui tout en travaillant à leur domicile pouvaient s’occuper de leurs enfants. Si je me rappelle bien, cette entreprise employait pas mal de salariés qui fournissait, en plus, du travail à domicile. Ce travail consistait à accrocher la pointe à la boucle en abaissant une espèce de petite presse, d’un coup sec. Il fallait, malgré tout, un bon coup de main et un sacré rendement pour se faire un petit pécule. J’ai eu la chance ou la malchance d’avoir un père ingénieux qui, un peu pour lui et beaucoup pour moi, fabriqua à l’identique une autre presse, la réplique parfaite de celle prêtée par les Ets Léon Weill. Résultat, un travail à quatre mains : deux fois plus vite et deux fois plus d’argent pour ma mère. De ce fait, nous pouvions, ma mère et moi, ramener ces gros sacs en toile de jute, très lourds, et récupérer, plus rapidement, le fruit de son labeur afin d’améliorer les conditions de notre vie difficile et arrondir les fins de mois.
Lucile éveille, en moi, un autre souvenir au sujet du magasin qu’elle nomme « la caverne d’un rose délavé » et du personnage à l’image de sa boutique. C’est certain, cette espèce de fée bienveillante ne peut-être que la Mère Fouillis. Tous les enfants de la rue du Pressoir la surnommaient ainsi. On trouvait de tout dans son bric-à-brac mais surtout, je confirme, des bonbons ! À éviter. Inoubliable Mère Fouillis.
Des souvenirs importants pour moi qui ont marqué ma petite enfance et mon adolescence. Dans chaque récit, il existe toujours un petit quelque chose qui me rappelle un grand quelque chose. Si émouvants, les récits de Lucile ou de Nicole font ressurgir des souvenirs que je croyais à jamais enfouis.
Dernièrement, en lisant celui de ce bébé fugueur qu’était Nicole, la fin de son récit a de suite fait remonter à la surface une image, celle de ma mère qui comme Nicole adorait la crème de lait.
Très distinctement, je vois ma mère dans notre cuisine de la rue du Pressoir, devant une casserole de lait en ébullition, attendant que la crème se forme sur le dessus avec, déjà à la main, sa cuillère. Machinalement, comme lorsque j’étais gamine, j’affichais une grimace d’écœurement, supportant très mal de voir Maman manger cette crème à la cuillère.
Voilà pour les quelques souvenirs, les plus forts, ceux sur la rue des Maronites que j’ai gardés en mémoire. Josette
05:53 Publié dans LE COIN DU SOUVENIR | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : rue des maronites, rue du pressoir, belleville, ménilmontant, paris, mémoire, histoire, culture |
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dimanche, 01 mars 2009
A LA VIELLEUSE

A La Vielleuse, rue de Belleville
Merci à Maurice Tarlo pour l'envoi de cette image.
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