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samedi, 31 mai 2008

IMPASSE DES CHEVALIERS

par Bienvenu Merino 

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photographie Bienvenu Merino

Le réflexe est héréditaire. En 1875, Arthur Omerod, âgé de sept semaines, prenait l'expression de son grand-père, le jour même de sa mort.

Auguste Lumière mentionne le cas d’un bébé qui, peu de temps après sa naissance, avait le même tic qu’une de ses grand-mères décédée depuis de longues années.

Casanova, le séducteur (1725-1798) entre dans une chambre d’une jeune femme, une odeur récente frappe son odorat, tout désir amoureux l’abandonne.

Descartes, enfant, éprouva un sentiment amoureux pour une fille qui louchait et qui au lieu de l’éloigner, l’attirait.

Je vais vous faire un aveu. Enfant, la première fois que je vis une  fille se dénuder devant moi, c’était dans une maison abandonnée, elle enleva tout, de haut en bas, et nue,  blanche au milieu de la pierraille et du chant des cigales, s’accroupie et se délivra d’un gros besoin,  en me  chuchotant : «  C’est un présent pour toi! »

Je ne vais pas vous dire que cet acte puéril qui me marqua est un réflexe héréditaire. Mais cependant ce simple geste d’une fillette de mon âge me laissa des empreintes toute ma vie.

L’enseignement, sous forme d’instruction ou d’éducation, est une tentative pour faire de l’homme réflexe, un homme raison. De plus, on a l’habitude de considérer l’acte rationnel comme normal, et l’acte réflexe comme anormal. Les livres d’histoire, de psychologie, les articles de journaux et revues, lois et règlements parlent invariablement de ce point de vue. On voudrait que l’idée soit la cause de l’acte. Quant au réflexe, connu sous le nom d’instinct, on voudrait qu’il n’ait  joué aucun rôle dans l’évolution de l’homme, et que le mieux qu’on puisse faire à son sujet, c’est de le maîtriser.

Pour finir, j’en viens à ce qui donne le titre à ce texte. Lors de mes périples, dans la ville, plus  particulièrement dans le haut de Ménilmontant et de Belleville, en arpentant les rues, près de la rue Pixérécourt, tout à coup je lus : Impasse des Chevaliers. C’est fou ! Alors qu’à l’instant même je pensais, que l’auteur du livre L’Assassinat de Paris, Louis Chevalier, méritait bien, en hommage, de se  voir attribuer une rue à son nom à Paris. Voilà,  mon vœu était exaucé.  Peu importe vraiment si le nom de cette impasse ne lui a pas été attribué officiellement, mais pour moi à la seconde même, c’était à lui, en reconnaissance de son œuvre importante  sur Paris que ce petit bout du haut de Ménilmontant lui avait été décerné. Quand à l’acte héréditaire, peu importe sa signification, héréditaire ou non.

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mardi, 27 mai 2008

UN NOUVEAU MENILMONTANT/PROJET POUR 2045 ?

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© Bienvenu Merino

L’épouvante ou la conciliation

par

Bienvenu Merino

Une récente étude réalisée pour Shanghai( Chine) a permis de démontrer qu’il est possible de construire, pour 55 000 personnes (c'est-à-dire approximativement la population d’une ville comme Tarbes, département des Hautes-Pyrénées, ou l’équivalent d’un tiers du 20e   arrondissement de Paris) une tour polyvalente capable de fonctionner en autosuffisance.

Une telle structure permet d’absorber l’accroissement démographique de la ville sans nuire aux terrains encore disponibles (où l’on peut alors aménager des espaces verts), tout en assurant son propre approvisionnement énergétique par des moyens tels que l’énergie solaire et le recyclage des déchets.

Suite aux estimations issues des enquêtes annuelles  de recensement, de 2004/2005/2006, la population du 20e arrondissement de Paris est estimée à 188 600 habitants sur 598 hectares, soit 31 538 hab./ km2.

Pour affiner leurs projets et en maîtriser l’impact sur l’environnement, les architectes disposent désormais d’ordinateurs qui leur permettent de développer au maximum leur imagination créatrice. Tout est prêt pour un nouveau bond vers le ciel et pour un terrible électrochoc. Imaginez  la population de cet arrondissement, installée dans chacune des trois ou quatre tours de 120 étages ! Cela voudrait dire, raser une  partie de ce quartier de colline, comme l’on tondrait  un troupeau de moutons, y construire quelques immeubles flèches qui atteindraient le ciel, où logerait dans chacune des tours, un tiers de la population. Même chose sur les hauteurs de Ménilmontant, proche de l’historique rue des Cascades, où seraient parachuté le deuxième et troisième tiers et ainsi de même dans le bas  quartier, depuis la bouche du métro Ménilmontant  jusqu’à la commissure des lèvres de la rue des Panoyaux - où se confinerait  les derniers habitants, récemment arrivés d’Asie. Ce qui voudrait dire qu’il y aurait beaucoup plus d’espace pour la vigne ? Les jardins publics ? Les promenades ? Ou bien, et ça je peux y croire, pour des autoroutes serpentines, des périphériques couleuvriques et des gares-caves, pour vers de terre, des parkings en verre bouteille  suspendus  pour des millions de Parisiens en transit, comme en avait rêvé le défunt Président de la République Georges Pompidou qui voulait  faire arriver le trafic automobile au centre de la capitale par des autoroutes vertigineuses jusqu’au cœur du quartier latin,  au carrefour de la rue Saint Jacques et du boulevard Saint Germain, à trois pas de la prestigieuse Sorbonne, chère aux étudiants et enseignants du monde entier. Projet stoppé heureusement par la  mort subite du Président. Le quartier de Ménilmontant pourrait ainsi, transfiguré ou défiguré, et disons le nettement, rayé de la carte de la région parisienne,  s’appeler désormais :

« Le haut- comme- dieu »

ou

« Le Paradis »

Là, au moins l’habitant se sentirait plus près de dieu, plus proche du paradis.

Dans tous les cas éloigné de sa terre. Le haut comme dieu, ça sonne Lourdes !

Le Paradis, la grotte de Betharram.

Hélas cela est possible dans l’escarcelle du pouvoir !

Mais tout cela n’est que suggestions, projets,  

rêveries pour d’autres,

vérités, c’est fort possible, pour beaucoup d’entre nous.

 

lundi, 26 mai 2008

UN PLAN REACTUALISE DE LA RUE DU PRESSOIR

Josette Farigoul a exploré de mémoire, avec l'aide de complices studieux, les moindres recoins de la rue du Pressoir. Le plan de notre rue s'étoffe. Les façades parlent de nouveau. La rue est redevenue vivante. Animée de ses commerces enfouis sous les décombres, elle nous livre les secrets que les démolitions ne sont pas parvenus à taire.

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samedi, 24 mai 2008

UNE 4 CV RUE DU PRESSOIR

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Rue Etienne Dolet
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René, Simone & Titine
 

Monsieur, 

C’est notre fils, qui nous a tenu au courant du site, rue du Pressoir.

Et bien, ces documents peuvent, je pense, vous intéresser. Une carte postale de la rue Etienne Dolet, que nous avions dans nos papiers et une photographie de notre 4 C.V. Renault, celle stationnée, rue du Pressoir, avant que la rue ne soit démolie complètement. Sur  la photo que je vous envoie, avec notre voiture, nous sommes, au mois d’Août 1956, pendant nos congés payés, près de la Nationale 7, où nous faisions une halte casse-croûte, avant de rejoindre le sud.

Avec mon épouse nous avions l’habitude de garer la « Titine » rue du Pressoir ou rue des Couronnes (où nous habitions), parfois,  boulevard de Belleville.  Ma foi, c’était déjà assez difficile de se garer.

Très cordialement,

René et Simone

Merci du fond du coeur chers René et Simone !

vendredi, 23 mai 2008

BELLEVILLE MENILMONTANT CHANTE PAR ARISTIDE BRUAND

 
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Aristide Bruand
Papa, était un lapin
Qui s'appelait J.B. Chopin
Et qu'avait son domicile
À Belleville.

Le soir avec sa petite famille
Il s'en allait en chantant
Des hauteurs de la Courtille
À Ménilmontant, à Ménilmontant !

Il buvait si peu qu'un soir
On l'a retrouvé sur le trottoir
L'était crevé bien tranquille
À Belleville !

On l'a mis dans la terre glaise
Pour un prix exorbitant
Tout en haut du Père-Lachaise
À Ménilmontant, à Ménilmontant !

Ma soeur est avec Eloi,
Dont le frère est avec moi,
Le soir sur le boulevard y me refile
À Belleville

C'est comme ça qu'il gagne sa braise
Et son frère en gagne autant
En refilant ma soeur Thérèse
À Ménilmontant, à Ménilmontant !

Le dimanche au lieu de travailler
Ils nous montent au poulailler
Voir jouer le drame ou le vaudeville
À Belleville

Le soir, ils font leurs épates
Ils étalent leur culbutant
Minces des genoux et larges des pattes
À Ménilmontant, à Ménilmontant!

C'est comme ça que c'est le vrai moyen
De faire un bon citoyen,
Ils grandissent sans se faire de bile
À Belleville !

Ils crient "Vive l'Indépendance"
Y z'ont le coeur bath et content
Et barbotent dans l'abondance
À Ménilmontant, à Ménilmontant !


jeudi, 22 mai 2008

VISAGES DE LA RUE DU PRESSOIR

Et toujours, le 14 juillet chez Frédo.
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Les patrons du café chez Frédo, je les ai reconnus tout de suite en découvrant cette photo. Josette Farigoul
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Merci encore du fond du coeur à Roland pour ces chouettes images.
 

mercredi, 21 mai 2008

VISAGES DU 23-25 RUE DU PRESSOIR

Toutes les images qui suivent sont un don précieux de Roland. Nous le remercions du fond du coeur.
La cour de l'immeuble du 23/25 rue du Pressoir  et plus précisément mon immeuble. Une première cour pavée comme un carré et qui se termine par une cour étroite et longue. Tout de suite sur la gauche, le matelassier, quelques marches à descendre pour se retrouver dans cet atelier en sous-sol.
On voit vers le fond la première marche des escaliers du 25.
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Les jolies fenêtres du 25, prises de la cour de l'immeuble du 27. On me dit que se sont mes fenêtres, moi je pense plutôt que se sont les fenêtres du 2ème, celles de Mme Bidault.
Les fenêtres de droite sont celles des paliers et les deux  autres celles des appartements.
L'immeuble sur la gauche est celui de Guy. Les fenêtres des locataires de chaque palier à droite au fond.
On peut distinguer, en bas à gauche, une espèce d'avancée. A partir de là nous arrivions dans le couloir de notre entrée d'immeuble. On peut imaginer dans ce couloir, tout de suite sur la droite, la loge de la concierge.
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Roland et sa soeur Agnès un jour de Mardi-Gras, dans la cour pavée devant la fenêtre de notre concierge Nicole. Heureusement que la mère n'a pas pris, en même temps, les poubelles qui se trouvaient sur la droite, tout près d'Agnès. La fontaine ou le robinet, toujours gelé en hiver donc d'aucune utilité lorsque nos canalisations étaient gelées. Nous étions obligés d'aller du côté de chez Guy, dans cette minuscule cour ou se trouvait un robinet mieux protégé. Il n'y a pas à dire, c'était mieux côté Guy. Un brin plus riche, ceux du 23 ? Josette Farigoul
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mardi, 20 mai 2008

PLAN DE LA RUE DU PRESSOIR DANS LES ANNEES 1950/1960

Il y a plusieurs semaines, j'avais demandé à Josette Farigoul (notre fée Josette, bien sûr !) de poser les contours de la rue du Pressoir sur papier. Pourquoi ne pas l'avoir fait moi-même ? Elle y vécut jusqu'en 1967 tandis que je quittai les lieux, âgé de 6 ans, en 1960. Voici donc un plan de notre rue, signalant l'Impasse du Pressoir, l'Impasse Célestin et le Passage Deschamps. Dans l'angle, la minuscule vignette, indique le 23-25, immeuble où nous vécûmes.

Dès lors, on peut facilement imaginer (avec l'aide de celles et ceux qui rendent visite à notre site) une animation de ce plan. Chacun y allant de ses souvenirs, retrouvant des images qu'on croyait oubliées, les rives de la rue du Pressoir pourraient indiquer des boutiques, des immeubles, des portes d'entrée. Ce serait rien chouette. Mais là je rêve trop fort. Quoi que ...

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vendredi, 16 mai 2008

BAL RUE DU PRESSOIR

 

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La fête devant chez Frédo

Ces enfants qui dansent célèbrent le 14 juillet. Mieux encore, ils sont l'emblème d'une liberté aujourd'hui perdue. La scène se situe à l'angle du passage Deschamps et de la rue du Pressoir. Les voitures ne sont pas les maîtres du terrain. Dans cette portion d'un Belleville ordinaire, l'extraordinaire a lieu. Une magie mêlée au quotidien qu'ont bien connu les habitants d'avant la démolition. Et pourtant, nous le savons tous, les temps étaient bien rudes.

 

mercredi, 14 mai 2008

VERS LA RUE DES COURONNES

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Bistro chez Jean - Rue du Pressoir

Avec son choix de rues pavées, vernissées, le cinéma de Jean-Pierre Melville est un relais qui toujours me transporte rue du Pressoir. Je ne sais qui est l'auteur de cette image mais son expéditeur miraculeux, une fois encore, se nomme Josette Farigoul. Peut-être devrais-je dire la fée Josette. Cette portion de la rue du Pressoir se trouve face à notre immeuble d'angle numéroté 23-25. Il faut imaginer que le photographe est posté devant le Garage toujours ouvert. Deux cafés se succèdent sur le trottoir qui mène rue des Couronnes. L'un d'eux s'appelle Chez Jean.

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